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— On est d'accord que le film était nul ?
— Je te l'accorde c'était pas le film de l'année, mais on a bien rigolé non ?
Les yeux d'Edgar pétillent et mon rire lui suffit comme réponse. Il monte dans ma voiture, faisant attention de ne pas coincer son long manteau dans la portière, et nous repartons en direction du restaurant.
Il faut reconnaître qu'il s'est bien trompé sur ce coup-là, ce film était un navet. Une comédie romantique mal jouée avec des personnages super clichés. Je ne comprends pas ce qu'il lui a prit de faire ce genre de choix. Cependant, pas de baiser pseudo-lover pendant la séance, heureusement. Le contraire m'aurait étonnée mais j'ai préféré me préparer à toute éventualité. J'en viens à me demander si il ne ressentirait pas uniquement de l'amitié à mon égard. Il est taquin et joueur mais pas lourd ni insistant. Ses petits sous entendus sont bienveillants et pas réellement sérieux. En partant du principe que nous sommes juste amis, les choses devraient être plus agréables. J'aurais eu du mal à le repousser en cas d'approche. Je commence à beaucoup m'attacher à lui, et son air de corbeau macabre ne me laisse pas indifférente. Cela n'aiderait pas les choses si il passait son temps à me faire comprendre qu'il partageait mes sentiments naissants. Donc l'amitié est une très bonne base sur laquelle nous devrions rester.
Arrivés sur le parking, Edgar sort de ma voiture et je fais de même. Nous nous retrouvons tout les deux devant le capot de cette dernière, ne sachant pas comment se dire au revoir.
— Je peux t'offrir un dernier verre ?
Au moins une chose est sûre, il a passé une bonne soirée en ma compagnie, sinon il ne me proposerai pas de la prolonger une fois de plus.
— C'est très gentil Edgar, mais je travailles demain matin, je ne veux pas arriver au boulot trop fatiguée, il est déjà, je jette un coup d'œil à ma montre et tout espoir d'avoir une nuit de sommeil complète s'effondre, deux heures du matin...
— Je comprends, pas de soucis. En tout cas j'ai passé une super soirée. Merci pour tes informations sur l'enquête, ma chère collègue.
Il insiste sur le dernier mot de sa phrase, ce qui me fait sourire. Ce n'est définitivement que de l'amitié, et rien de plus. Ce n'est pas plus mal comme ça...
Nous devons nous dire au revoir. Une poignée de main est trop formelle alors qu'une accolade ou une bise serait trop familier, je penses. Je suis perdue.
— Merci pour cette soirée Edgar, je dois rentrer il se fait tard.
— Tout le plaisir est pour moi Milady !
Edgar mime une révérence avant de s'approcher de moi alors que mon coeur bat beaucoup trop vite depuis l'entente de ce surnom bien plus que purement professionnel. Il m'enveloppe de ses bras vêtus du cuir, et instinctivement les miens s'enroulent autour de lui également. Le froid de son manteau dans ma nuque me fait frissonner, mais une odeur de sauge boisée m'envahit. Je m'autorise à poser ma tête contre le torse d'Edgar, et ses mains passent délicatement dans mes cheveux. Ses bagues s'entrechoquent en même temps qu'il joue avec mes mèches rousses, et je ne peux retenir un énième sourire.
Je prends le temps de respirer son parfum de sauge, qui m'étonne au final que très peu, au vu du travail qu'il fait. Si il croit un minimum au paranormal, il doit passer son temps à laisser des bâtonnets de sauge en fumigation dans sa maison.
Le corbeau dépose un léger baisé au sommet de mon crâne avant de se détacher de moi délicatement.
— Passe une bonne nuit Eleanor. À bientôt.
Et il s'éloigne, englouti dans la nuit, sans un mot de plus. Son baisé s'éloigne grandement du professionnalisme, c'est certain, mais cela ressemble plus à de l'amitié, à une attitude presque protectrice...
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NEVERMORE
Fiksi RemajaMais, le corbeau induisant encore toute ma triste âme à sourire, je roulai tout de suite un siège à coussins en face de l'oiseau et du buste et de la porte ; alors, m'enfonçant dans le velours, je m'appliquai à enchaîner les idées aux idées, chercha...
