« You love someone
There will be grief
The kiss of death
Lips of a thief»
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Ofelia est là sous mes yeux, bien en vie, elle se bat. Elle s'enfuit à toute jambe mais elle court si lentement comparé à Max qui la traque tel un animal assoiffé de vengeance. Je ne sais ce qu'elle a fait pour le fâcher cette fois ci, il est en rage. La pauvre biche fini sa course effrénée par une chute brutale au sol, amortie par l'herbe mouillée sous ses pieds. Max continue sa chasse mais fini par ralentir une fois arrivé au niveau de mon amie. Ses yeux apeurés implorent son amant, mais il n'en fait pas cas. D'un brusque élan de violence, il agrippe la brune fragile par le cou, et la soulève du sol, laissant le vent s'engouffrer sous sa volatile robe blanche. Sans que son agresseur ne dise un mot, en une fraction de seconde, sa gorge se retrouve déchiquetée. Un flot de sang s'écoule de la plaie, mon visage en est couvert, ainsi que mes mains. Mon amie git au sol, sans âme et je me retrouve à la place de Max. À la place du meurtrier. Le souffle me manque soudain, et la sensation de strangulation devient tellement forte que je suffoque presque instantanément.
Mes yeux s'ouvrent et le visage d'Edgar apparait au-dessus de moi. Ce n'est qu'un cauchemar. Un putain de cauchemar.
— Qu'est ce qu'il s'est passé ? me demande le corbeau, son regard de givre encrée sur moi.
Ma tête retombe sur l'oreiller en soie et les gouttes de sueur qui perlaient sur mon front roulent pour atterrir sur le coussin.
— J'ai rêvé d'Ofelia. Max la tuait et, je marque une pause le temps de reprendre mes esprits ainsi que mon souffle. Je me suis retrouvée à la place de Max, c'est moi qui l'avais tué. J'avais son sang sur les mains, et sur le visage. Et puis, je me suis fait étranglée, et puis plus rien.
Edgar reste étonnamment silencieux suite à mon récit mais ne tarde pas à reprendre la parole. Assit au pied du lit, il tente de garder une bonne distance avec moi pour me laisser respirer.
— Tu n'aurais rien pu faire pour elle Eleanor. Tu n'as pas à t'en vouloir. Sa main presse ma jambe à travers les draps tandis que son regard embué retrouvé le mien. C'est horriblement égoïste, mais je m'estimes heureux que tu n'es pas été à sa place. Tout a dû se passer dans la nuit de cette étrange soirée. Je suis soulagé que tu ne t'y sois pas trouvé.
— Mais elle ne méritait pas ça Edgar, dis-je en me relevant d'un coup, ce qui fait me tourner la tête brusquement.
— Je le sais bien, me répond le corbeau en se rapprochant avant d'agripper ma main.
Un long moment de silence passe où aucun de nous n'ose dire quoi que se soit. Au vu du ciel sombre se dressant à travers les grandes fenêtres de la pièce, je présume que la nuit est loin d'être finie. Ma montre indique trois heure vingt trois du matin. Il nous reste un moment de tranquillité
— Edgar tu as le temps ?
— Le temps de ?
— Nous devons savoir. Tu n'as pas touché à nos recherches dans la bibliothèque ?
— À rien non.
— T'as bien fait des photos du tableau ?
Ses yeux s'obscurcissent et scrute ses mains.
— Oui, et quelques une d'Ofelia. Je me doute que tu ne veux pas voir ça, mais j'en avais besoin pour analyser les liens.
— Peu importe ce que je ressens, je dois savoir. Il me reste encore quelques heures avant d'aller au travail. Nous devons mettre ce temps à profit.
— Alors vient voir ce que j'ai trouvé.
Edgar se lève du lit et se dirige vers son bureau jonché de papiers. Le secrétaire est couvert de stylos et de feuilles raturées. Son ordinateur portable ainsi qu'un livre sont ouverts, à côté d'un cendrier emplie de mégots froids. Un bâtonnet d'encens se consume au dessus de ce dernier. Les photos du tableau emplissent le mur se trouvant juste au-dessus. Des zooms ainsi que des annotations de certains détails les accompagnent, et également des photos d'Ofelia.
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NEVERMORE
Teen FictionMais, le corbeau induisant encore toute ma triste âme à sourire, je roulai tout de suite un siège à coussins en face de l'oiseau et du buste et de la porte ; alors, m'enfonçant dans le velours, je m'appliquai à enchaîner les idées aux idées, chercha...
