" Could I hold you all life long?
Since this time is the last time
Can I hold you all night long?
Lay your head down, for the last time"
- - -
L'oiseau de nuit poursuivra le même chemin, un retour à la nature et nous le reverrons jamais plus.
Mes mains tremblent en reposant le morceau de papier sur nos recherches, et je manque de tomber tellement mes jambes flagellent.
Poursuivre le même chemin.
Ofelia a très certainement commencé son chemin en soirée. Mais Edgar n'est pas en soirée. Je ne comprends pas. « Le même chemin », il va le tuer, ça je l'ai bien compris, mais où ? Je relis le message et un détail me donne une infime piste. Un retour à la nature, le même chemin qu'Ofelia.
La clairière.
C'est la seule solution que je vois. Mais cette clairière est à plus de trois kilomètres, je n'y arriverais jamais à temps et si jamais je me trompe de choix, s'en est fini d'Edgar. Je dois y aller.
Je ne peux pas le laisser mourir, pas lui. Je dois essayer.
La porte de la cuisine s'ouvre sur le jardin dans un grincement digne d'un film d'horreur, créant des frissons dans mon dos. Le soleil commence tout doucement à tomber. Je n'ai plus beaucoup de temps. Mon regard se porte sur le parc des chevaux comme une solution s'offrant à moi comme par magie.
Ablette. Je n'ai pas le temps de seller la jument, cela me ferait perdre encore plus de luminosité. Je m'empresse de lui enfiler un licol et fait passer la longe à travers les anneaux situés de chaque côtés de son nez, de manières à créer des rennes.
Comme me l'a apprit Edgar, je touche son antérieur ainsi que son ventre et l'animal se couche diligemment sur l'herbe humide. Je grimpe sur son dos sans attendre et sur mes ordres, la jument s'élance au galop. J'ai beaucoup de mal à tenir en place mais mes jambes se cramponnent à ses côtes, tandis que mes mains utilisent ses crins comme ligne de vie.
Je ne dois pas tomber, sinon s'en est fini d'Edgar, sans compter l'état dans lequel je pourrais être.
En effectuant des petits sons et en tentant de me redresser, j'intime à ma monture de ralentir en arrivant à la bordure de la forêt, et comme à son habitude, Ablette est incroyablement docile et s'exécute.
Quelques brindilles craque sous ses sabots et la lumière se fait d'autant plus rare une fois entrés dans les bois, mais la clairière n'est pas loin. Au vu des traces de pas au sol, je suis sur une bonne piste. Mon coeur tambourine à tel point qu'il me fait mal.
Que vais je faire si je me retrouve en face du meurtrier ? Je n'avais pas pensé à ce détail, mais il est trop tard pour faire demi tour. Nous nous enfonçons de plus en plus dans l'obscurité de la forêt et au loin, l'éclat de la clairière apparaît. Deux personnes se tiennent au centre.
Edgar est là !
Dans un élan de panique, j'attrape mon téléphone pour appeler police, mais le film d'horreur continue, je n'ai pas de réseau.
Je descend de ma monture et lui demande silencieusement de rester cachée. Je n'ai aucun doute sur le fait que l'animal me comprend comme si nous parlions la même langue. Je sais qu'elle ne peux pas me répondre mais je vois au fond de ses yeux que le message est passé.
Je risque un regard entre les troncs humides, et mon sang se glace. Egdar est allongé au sol. Heureusement, et malgré la pénombre, j'arrive à distinguer un léger mouvement au niveau de sa poitrine. Sa respiration semble saccadée mais il est bel et bien vivant. Il n'est pas trop tard.
VOUS LISEZ
NEVERMORE
Ficção AdolescenteMais, le corbeau induisant encore toute ma triste âme à sourire, je roulai tout de suite un siège à coussins en face de l'oiseau et du buste et de la porte ; alors, m'enfonçant dans le velours, je m'appliquai à enchaîner les idées aux idées, chercha...
