45· Be my druidess

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" Be my druidess
Be my everything
Be my druidess
Be mine"

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La montagne de Blackford apparait sous mes yeux et le calme régnant dans ces collines m'apaise bien plus que je l'aurais pensé. Il est cinq heures de l'après midi passé, et le soleil brille encore bien haut dans le ciel. Je me réjouis à l'idée qu'il fasse clair encore un moment. Le mois de septembre apportera bientôt le temps plus maussade de l'automne que j'aime tant. Cependant je suis ravie de pouvoir profiter encore un instant d'un brin de l'été.
Le corbillard sillonne les petites ruelles de la capitale écossaise et l'album Disintegration de The Cure arrive à sa fin. La manivelle tournée, la fenêtre de mon côté passager se baisse et le vent frais du mois de septembre, me caresse le visage.

Dans le rétroviseur, j'entrevois le sourire de monsieur Porter nous suivant de près avec le van, brandé au visuel de la maison funéraire. À croire qu'il est spécialisé dans le transport de chevaux morts. Aussi étrange soit-elle, cette perspective me fait beaucoup rire.
Nos véhicules s'enfoncent dans un petit sentier bétonné avant de s'arrêter devant une ferme bien rénovée. Je sors de la voiture, Edgar sur mes talons. Monsieur Porter descend du van garé en marche arrière et ouvre la grande porte du véhicule, laissant apparaitre les croupes de nos deux montures.

Le portail s'ouvre sur une dame d'une cinquantaine d'année avec de longs cheveux gris, arborant un sourire amical.

— Bonjour, comment allez vous ? Je suis Nora, on s'est eu au téléphone il me semble, dit-elle avec son fort accent écossais en s'adressant à monsieur Porter.

— Oui c'est bien moi, enchanté, lui répond mon beau père en accompagnant ses mots d'un signe de son chapeau. Je vous présente Edgar, mon fils, à qui appartient le Shire, le corbeau adresse un hochement de tête destiné à Nora pour approuver ses propos, et le Cleveland Bay, à ma belle fille Eleanor. Comme précisé précédemment, ils ont besoin de rester ensemble, ils l'ont toujours été.

— Oui sans soucis monsieur Porter, sortez les, je vais vous indiquer les près.

Edgar s'exécute et récupère Arthas, visiblement agacé par le trajet vu ses soupirs et son agitation. Ablette, fidèle à elle même, se laisse manier docilement, en descendant du van délicatement. Nora ouvre le portail et nous la suivons à travers le petit chemin reliant la ferme aux champs. Monsieur Porter a bien choisi. Lorsque nous lui avons émis notre volonté de déménager à Edimbourg, en prenant les chevaux avec nous, il a immédiatement passé l'intégralité de son temps à démarcher toutes les écuries du coin, afin de s'assurer de l'endroit où logeraient ses bêtes. Elles avaient une place réservée, et ce même avant que nous ayons trouvé un logement. L'avantage de cet endroit est la proximité avec la petite maison que nous avons loué. Quinze minutes de voiture maximum nous sépare des chevaux, ce qui nous permettra de venir les voir tout les jours.

L'endroit est calme et légèrement reculé. La route nationale me faisait un peu peur, je me disais que les chevaux ne seraient jamais au calme, mais une fois dans les prés, elle parait bien loin. Edgar détache le licol d'Arthas et ce dernier attend que je fasse de même avec celui d'Ablette avant de galoper à toute vitesse dans la grande étendue d'herbe fraiche, devenue leur nouvelle maison.

Les bras d'Edgar enserrent ma taille tandis que son menton vient se nicher au creux de mon épaule.
— Tu es rassurée ? Tu vois ils vont être bien ici.

— Oui ton père a vraiment trouvé un endroit super. Et au vu de la forêt environnante, on va pouvoir faire de belles balades.

— Et des nouveaux paris, maintenant que tu as gaspillé ta faveur.

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