« Now I remember what he told me that time
Falling from my bike, scraping my knee:
"If you're gonna weep, keep it from sunshine,
So no one sees"
I won't cry - "Above all things boy, be a man" »
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— Eleanor, désolée de te déranger à nouveau, mais il y a le jeune homme de la dernière fois qui demande à te voir. Le grand qui a les cheveux noirs.
— Oui il s'agit d'Edgar Violet. Fait le entrer si tu veux bien.
— Avec plaisir. Je me doute bien qu'il doit être adorable vu comment il vient souvent te rendre visite, mais je le trouves terriblement flippant.
Ma collègue disparaît derrière la porte de mon bureau. L'idée qu'Edgar puisse effrayer quelqu'un me fera toujours autant rire. Au début, sans le connaître, je le trouvais intimidant mais uniquement à cause l'effet qu'il me faisait. Plus le temps passe, plus je me rends compte qu'il est la personne la plus délicate que je connaisse. Plus je discute avec Violet, plus je réalise l'écart qu'il y a entre nous, sur tout les points.
Le corbeau referme la porte derrière lui avant de se retourner vers moi dans un mouvement de cheveux évoquant celui d'une vague. Son sourire apparaît immédiatement en me voyant.
— Mademoiselle Butler, il feint une révérence parfaite, faisant à bouger à nouveau ses cheveux. Puis-je me permettre de passer de l'autre côté de votre bureau ?
Mon sourire s'agrandit à ses mots alors qu'il s'avance vers la table en bois nous séparant. Ses mains se posent sur le plateau et ses yeux glacials me couvent tendrement, accompagnés de son sourcil relevé, dans l'attente d'une réponse.
— Où sont passés vos bonnes manières professionnelles Monsieur Porter ? Nous ne sommes que de simples collègues non ?
Je tente de rentrer dans son jeu, amenant un peu de légèreté en ces jours sombres. Jamais je n'aurais pu penser, au tout début de cette histoire, que nous en serions là dans notre relation. Que toute cette enquête aurait pris une tournure si grave et que mon coeur aurait autant chaviré pour ce croque-mort aux yeux froids qui me cherche dans la fosse des concerts.
— Au diable le professionnalisme Eleanor. Dois-je te rappeler la façon dont ton corps réagis au miens ? J'espère que tout tes collègues n'ont pas le droit à ce traitement de faveur, au quel cas je m'en vais éclater le nez de ton supérieur.
Edgar contourne habillement mon bureau et s'incline au-dessus de moi, toujours assise sur ma chaise, ses mains appuyés sur le dossier de cette dernière ainsi que sur le bois du bureau. Ses cheveux m'encadrent pendant que ses lèvres se pressent sur les miennes. Mon coeur s'accélère lorsque ses yeux rencontrent les miens, et les pensées qui me traversent se font de moins en moins appropriées. Je remarque, à son sourire malicieux, que les siennes ne doivent pas être très éloignées des miennes à l'heure actuelle.
Quelqu'un toque à nouveau contre ma porte et Edgar se redresse rapidement, feignant de nouer ses longs cheveux.
— Désolée de vous déranger, s'excuse Violet en portant son regard se Edgar, Monsieur Tomson me demande si tu as pris rendez-vous pour analyser le tableau trouvé ce matin.
— Oh oui pardonne moi, j'ai oublié de lui communiquer l'information. Je te note ça sur un post it immédiatement.
Je me recoiffe rapidement, comme si Violet ne venait pas d'interrompre quoi que soit, et j'ouvre le tiroir se trouvant sur ma droite pour en sortir un bloc note avant d'y inscrire les informations demandées
Lundi 13 mars, 4h30 PM
rdv laboratoire tableau Dali
Violet s'approche de moi pour prendre le papier au dessus de mon bureau tout en détaillant Edgar. J'entends le corbeau enfouir ses mains dans ses poches, probablement gêné du regard insistant de ma collègue. La brune sort de la pièce et mon ami lâche un soupir.
— Je sais pas si je lui fait peur ou si je l'intrigue mais elle m'a mis très mal à l'aise.
— Selon ses dires, un peu des deux.
Edgar étouffe un petit rire. Je peux comprendre Violet, mais de là à le dévisager de la sorte, il y a tout de même des limites. Si elle ne m'avais pas confessé ce que lui inspirait Edgar, j'aurais presque cru qu'il l'attirait.
Je replace le bloc note à sa place et en tentant de ranger mon tiroir j'y retrouve mon exemplaire de Dracula, rapporté par Edgar il y a un certain temps maintenant, ainsi que mon édition d'Alice aux pays des Merveilles. Je mets un temps avant de me souvenir l'avoir rapporté il y a quelques mois pour me distraire pendant ma pause du midi. Je sors les deux livres, les range dans mon sacs afin de les rapporter chez moi, et nous nous mettons en route.
De retour une énième fois dans la chaleureuse maison funéraire des Porter, nous sommes à nouveau dans la bibliothèque, une bouilloire thé fumant posée entre nos recherches décousues. Cette nuit, nous avons descendu toutes les recherches qu'Edgar avait effectuées dans sa chambre. L'endroit à l'origine si convivial et accueillant, c'est transformé en bureau d'étude du FBI. Froid, glaque et austère.
— Il faut que je te montres quelque chose, me dit Edgar en s'asseyant sur un des fauteuils en velours entourant la table basse jonchée de papiers. Hier soir, à l'aide de la lampe UV dont se sert mon père de temps à autre pour le travail, j'ai pu lire les coordonnées inscrites sur le tableau. Et c'est assez troublant car... elles mènent ici.
— Ici ? Comment ça ici ?
— La maison.
Je met un instant à assimiler ce qu'il vient de dire car cela n'a aucun sens. Pourquoi la maison ?
— Mais Edgar ce n'est pas possible tu as du te tromper d'un chiffre.
— J'ai pensé la même chose que toi à l'origine. Mais non j'ai vérifié, encore et encore. Et c'est bien ici.
La maison des Porter. C'est à n'y rien comprendre.
— Peut être que le meurtrier a découvert que vous receviez tout ses cadavres et ça ne lui as pas plus ... Je ne sais pas Edgar, là je sèche, je tente de trouver une explication mais c'est la seule chose qui me vient.
— Moi aussi. Mais ! Deuxième info. Au tout début, en voyant ce genre de procédé, j'ai tout de suite pensé à l'affaire de meurtre très connue dont nous avons parlé hier soir. The Black Dahlia Murder. Une jeune victime retrouvée coupée en deux dans un terrain vague. Elle aurait eu, selon les rumeurs, une fleur de Dahlia noire dans les cheveux. Je suis sûr que notre meurtrier s'inspire de meurtres, ainsi que de légendes connues. Frankenstein, Sleepy Hollow, et The Black Dahlia Murder couplé, peut être à Dracula. Cependant les deux cadavres rafistolés ensemble, c'est toujours un mystère.
— Et ces maudits tableaux. Qu'ont ils à faire dans cette histoire. Pourquoi voler des tableaux si ce type veut juste tuer des gens ?
Edgar soupire en se levant de son fauteuil.
— Ça Milady, je n'en sais rien malheureusement.
Ses mains pressent mes épaules délicatement et la fatigue me rattrape. J'ai si peu dormi cette nuit que je sens mes paupières aussi lourdes que du plombs.
— Et ton travail ? Ça s'est passé comment ?
— Monsieur Tomson nous a annoncé avoir trouvé un Dali mais au vu de la réaction de Ofelia était toujours sur place ce matin, j'en suis convaincue Edgar. Il est devenu si apeuré et troublé l'espace d'un instant...
Son visage réparait dans mon esprit ainsi que le corps d'Ofelia, créant un frisson me traversant de part en part.
— Les hommes de sa classe sociale ne sont pas habitués à ce genre d'horreur. D'autant plus que cette fois ci, il s'agit d'une jeune femme qui pourrait avoir l'âge d'être sa fille. Le pauvre vieux va en faire des cauchemars quelques temps je penses.
— Comme je le comprends...
Edgar s'installe en face de moi, accroupit sur le sol frais, et prend ma main dans la sienne.
— Laissons la police faire son job. Nous aurons bientôt des échos que ce soit par ton travail ou le miens. Mais je pense que pour le moment, le temps d'une soirée, on devrait faire une pause tu vois, penser à autre chose.
Je dois reconnaître qu'Edgar a raison. Voilà presque vingt quatre heures que nous ressassons cette histoire sans grande conclusion. Il nous faut une pause, une vraie.
— Tu n'avais pas parlé d'un bain à bulles plus tôt hier ? Me demande le corbeau avec son air malicieux de retour.
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NEVERMORE
Roman pour AdolescentsMais, le corbeau induisant encore toute ma triste âme à sourire, je roulai tout de suite un siège à coussins en face de l'oiseau et du buste et de la porte ; alors, m'enfonçant dans le velours, je m'appliquai à enchaîner les idées aux idées, chercha...
