CHAPITRE 20: Au delà du chagrin

207 16 5
                                        

Au delà du chagrin qui faisait d'elle la jeune fille fragile qu'elle ne voulait plus être, Maddie ravala sa fierté et fit comme si rien ne s'était passé devant Émilio. Ils étaient assis l'un en face de l'autre dans un restaurant, faignant d'être un couple comme chaque jour, tout en discutant de leurs affaires de vengeance.
_ Ce soir, la DEA ouvre une investigation visant à débusquer des hommes liés à ton père...
_ Ah oui, ils vont le balancer peut être.
_ J'en doute... mais on espère que ça le fasse trembler.... mais pour ça il faut qu'ils y arrivent.
_ Et de mon côté, qu'est-ce que je dois faire en attendant?
_ Occupe-toi de Kaïa et attend mes prochaines instructions. Clôtura Émilio en se levant de table et la jeune fille l'imita.
_ Il n'y a rien d'autre que je puisse faire, tu en es sûr ?
_ Oui, très... je t'informerai dès que j'aurai du nouveau ne t'en fait pas. Disait-il tout en la guidant vers sa voiture où deux hommes attendaient.
_ Je serai très pris également alors... on va oublier les sorties en public cette semaine... Mais on s'appelle ce soir. Ajouta Castillo avant de poser un baiser sur sa joue, un geste qui la fit frémir.
Elle ne laissa rien paraître mais son pouls avait accéléré au point qu'il battait sous sa peau.
....
Les jours suivants, Maddie passa son temps à mélanger travail et centre social où elle assistait Kaïa tout en enquêtant, mais il n'y avait rien d'étrange, autant avec le collectif juvénile, qu'avec le centre lui-même.
_ Tu passes plus ton temps avec moi qu'avec ton copain ! Ça va vous deux? Avait remarqué Kaïa à force de voir Maddie débarquer dans l'établissement.
La jeune fille eut un petit sourire pour masquer le pincement douloureux qu'elle avait dans le cœur. Depuis cet après-midi là, Émilio n'avait plus le temps pour elle, même s'il ne se passait pas un jour sans qu'il ne l'appelle, elle sentait dans sa voix qu'il voulait la tenir éloignée de lui.
_ Il est tout le temps occupé donc j'ai du temps à consacrer à ton établissement.
Le regard de Maddie s'arrêta sur Teresa qui traînait encore à l'extérieur de la grande bâtisse, à demander aux gens s'ils n'avaient pas aperçu sa fille.
_ Ça va faire deux ans qu'elle vient au même endroit? Demanda Maddie à Kaïa qui jeta un œil avant de soupirer d'exaspération.
_ Ça suffit, cette femme va finir en prison à force de revenir ici.
_ Non arrête... c'est juste une femme attristée !
_ Elle ne s'arrêtera pas de si tôt. Entendirent les deux femmes.
Elles pivotèrent face à Luis Salazar.
_ Luis... Demande à la sécurité de la conduire loin d'ici s'il te plait.
_ C'est comme si c'était fait. Rétorqua-t-il en faisant un clin d'œil à Maddie qui le dévisagea.
_ Vous vous entendez bien Apparement...
_ Il est gentil...
_ Apparement, tu l'intéresses drôlement. Susurra Kaïa avec amusement.
_ Hors de question! C'est un type charmant mais il n'est pas mon genre...
_ Toi tu préfères les hommes comme Castillo bien sûr. Sourit la femme.
Maddie répondu par un bref sourire.
_ J'ai une idée ! Dit soudainement Kaïa. Et si tu invitais ton copain à dîner... je sais qu'il a un passif avec ton père mais si tu tiens à lui, peut-être que tu devrais faire en sorte qu'ils s'entendent... après tout, William est ton père.
_ Ton idée est absolument impossible à réaliser... Castillo n'acceptera pas et papa non plus.
_ Je me charge de ton père, occupe toi de Castillo.
Maddie imagina une seconde la réaction de Castillo si jamais elle lui soumettait l'idée... il serait vert de rage, c'était impossible.
_ je sais que tu veux bien faire mais non... ça ne marchera jamais.
_ Laisse-moi essayer s'il te plaît Maddie... Je veux qu'il y ait plus de joie dans cette famille, je te rappelle que tu n'es pas venue à notre anniversaire de mariage alors que ton père avait insisté.
_ Le chantage affectif ça ne marche pas avec moi...
_ Par pitié Maddie... je te promets que ça marchera.
C'est sur cette note d'optimisme étrange de Kaïa que Maddie rentra chez elle et comme chaque soir, elle reçu l'appel de Castillo qui la questionna sur sa journée et celle-ci lui raconta dans les grandes lignes, en omettant l'idée de dîner avec William, pour ne pas l'irriter encore plus.
Avec la grande distance qu'il avait mit entre eux, Maddie regrettait cette horrible déclaration d'amour parce qu'elle avait perdu son seul et véritable ami. Bien que triste qu'il ne se passe rien entre eux, elle espérait quand même que leur relation redevienne ce qu'elle était.

_ Et si on dînait demain soir... Je m'ennuie un peu. Risqua-t-elle de demander.
_ Je suis trop pris par mon travail ces jours-ci...
_ Tu me le répètes tout le temps depuis ce jour là... Comme par hasard...
_ Maddie...
_ Tu vas me dire que tu as du travail... oui je sais...
_ Non. J'allais te dire de venir... tu verras par toi même tout ce que j'ai à faire... Ça te dit?
Elle eut un grand sourire et sautilla sur place en se retenant de hurler de joie.
_ Yes! Murmura-t-elle, oubliant presque qu'il était encore à l'autre bout du fil.
_ Tu devrais respirer et te dépêcher, on a du boulot. Dit-il avant de raccrocher.
Il posa son portable et esquissa un sourire à son côté candide qui ne changeait pas. Il ne savait pas ce qui lui avait prit de la faire venir. Après ce soir là, il avait atrocement regretté la familiarité qu'il avait installé entre eux et avait décidé de la tenir à une bonne distance. Il savait qu'elle l'aimait et ne voulait pas la faire miroiter une chimère, parce qu'en ce qui le concernait, il appréciait certes sa compagnie mais il était certain que ça n'avait rien à voir avec l'amour.

Elle arriva au bout d'une demi-heure, joyeuse comme d'habitude.
_ Qu'est-ce qu'on va devoir faire boss? Demanda Maddie en se posant sur le fauteuil présent dans son bureau.
_ Prends ces documents et tu vas simplement les lire. Tu sors d'une école de commerce alors si tu vois que les chiffres sont anormalement divergents, tu le notes... plutôt facile.
Maddie acquiesça, motivée de lui venir en aide et surtout de passer du temps avec lui.
La jeune fille remarqua très vite le sérieux dont il faisait preuve lorsqu'il travaillait, c'était un homme imperturbable.
_ Dis-moi... Tu veux une tasse de café ?
_ Noir, sans sucre et bien chaud. Dit-il sans lever son regard du document qu'il lisait.
_ Tout de suite...
Elle alla dans la cuisine et respira un coup. Maddie pensait que se comporter comme si rien ne s'était passé allait suffir à lui faire oublier mais son cœur battait chaque fois qu'il la regardait.
Elle lui fit son café et le lui apporta bien fumant comme il l'aimait, sauf qu'elle n'était pas douée en matière de café et Castillo recracha tout de suite après avoir avalé.
_ Mais qu'est ce que tu as fait! S'écria-t-il avec horreur.
_ Quoi, ce n'est pas bon?
_ C'est horrible! Maddie... tu ne sais vraiment pas faire du café ?
_ Je n'ai jamais eu à en faire pour moi même.
_ Tu ferais une piètre secrétaire. Commenta-t-il en rejoignant la cuisine.
Comme il avait demandé à ses domestiques de prendre leurs soirées, Émilio se fit lui même son café, sous le regard amusé de Maddie, qui le trouvait parfait comme homme.
_ aquí está para ti señora, Lança-t-il en lui donnant sa tasse de café.
_ muchas gracias señor. Sourit-elle en prenant son café qu'elle porta immédiatement à ses lèvres.
_ Alors?
_ Contrairement à toi, je ne suis pas digne de quoi que ce soit... ton café est exquis... en gros, tu es l'homme parfait.
Il esquissa un sourire flatté avant de vite reprendre son sérieux.
_ On a beaucoup de boulot... Annonça-t-il en prenant sa tasse.
Il regagna le bureau, suivi de près par Maddie qui se plaignait du travail qui n'en finissait pas.
Émilio reçu un message de Maximilliano qui lui annonça joyeusement que les investigations menées pour débusquer les hommes du trafic de drogue était un vrai succès.
_ Ah oui, ils les ont tous eu?! S'exclama Maddie en l'apprenant.
_ Ils en ont attrapés cinq... c'est plus que ce que la DEA espérait.
Maddie sauta presque de joie, contente que l'étau se resserre comme une chaîne autour du coup de William Rivera.

EL CONTRATODes histoires addictives. Découvrez maintenant