CHAPITRE 32: Enfermée

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Dans la matinée, alors qu'il s'apprêtait pour aller à son bureau, Castillo reçu une nouvelle inquiétante de la part de Gomez qui lui expliqua que Maddie avait été enlevée après qu'on l'ait assommé.
_ Comment ça se fait! S'inquiéta Castillo.
_ Je m'excuse monsieur... il s'agit de l'homme de main de William Rivera... J'ai été pris par surprise. Je vous demande pardon monsieur.
_ J'arrive immédiatement.
Il quitta rapidement sa demeure pour celle où vivait Maddie, sauf qu'une fois encore, il reçu un appel encore plus troublant.
_ Vous êtes bien Émilio Castillo à l'autre bout du fil?
_ Oui c'est moi. Acquiesça-t-il avec appréhension.
_ Ici l'hôpital privé d'Ángeles de las Lomas à Mexico, un homme a été transféré dans notre service de chirurgie et vous êtes la personne à contacter en cas d'urgence.
_ De qui parlez vous?
_ L'agent Maximilliano Moreno a été admis dans notre service il y'a quelques heures.
Émilio eut une sueur froide et se pressa de changer de destination. Si l'hôpital l'avait appelé, ça voulait dire que Max avait un gros problème. Habitué aux malheurs qui touchaient sans arrêt son entourage, Castillo s'imaginait le pire alors que la voiture roulait à vive allure vers l'hôpital qui était à une heure de route. Pendant ce long trajet il ne cessa de contacter Maddie qui demeurait injoignable.
_ Réponds-moi Maddie.... Susurra-t-il les yeux sur son portable.
Lorsque la voiture se gara enfin dans le parking de l'hôpital, Émilio se hâta de rejoindre l'étage de chirurgie où il rencontra l'infirmière de l'accueil qui lui demanda de remplir des papiers avant de l'emmener voir Maximilliano qui était encore inconscient.
_ Il s'est passé quoi ? Demanda Castillo au chirurgien qui avait supervisé l'intervention.
_ Il a reçu deux balles, une à l'abdomen et l'autre à la jambe. Il a perdu beaucoup de sang en arrivant mais il a été stabilisé... Nous avons pu retirer les deux balles sans problème, aucun organe vital n'a été touché heureusement et il s'en remettra...
Castillo poussa un soupire de soulagement en se tenant la poitrine qui se serrait douloureusement.
_ Vous allez bien monsieur Castillo ? S'inquiéta le médecin.
_ Oui... Tout va bien... Souffla-t-il en reprenant une posture droite.
_ Je crois qu'il faudrait qu'on vous examine, vous n'avez pas l'air bien.
_ Je vous assure que ça va. Assura Émilio.
Il se mit sur le fauteuil à son chevet et effectua quelques appels pour s'informer au sujet de Maddie mais sans suite.
Quand enfin il reprit connaissance, Maximilliano balaya la chambre du regard et aperçu son meilleur ami qui enchaînait les appels téléphoniques, debout près de la grande vitre aux stores fermés.
_ Je suis complètement shooté... Susurra Maximilliano en tentant de se redresser, tout en ôtant son masque à oxygène.
Émilio raccrocha et s'empressa à son chevet.
_ Hey... Maximilliano, tu ne devrais pas te redresser comme ça ou même enlever ce masque. tu as subi une intervention lourde.
_ Il faut que tu saches ce qui s'est passé... c'est urgent... Susurra-t-il d'une voix cassée.
_ Non... Repose toi, tu dois te reposer, on en parlera le moment venu.
_ Il faut que tu t'occupes de Maddie au plus vite... Ils... Ils savent tout.
Castillo fronça les sourcils assez surpris.
_ De quoi tu parles?
_ Je parle de Luis Salazar... Quand nous sommes arrivés dans le lieu du soit disant trafic, c'est comme si tout le monde nous attendait... Ils sont sortis de nulle part et on commencé à tirer de partout... Je pense que Rivera a dû l'apprendre.
_ Comment ça se fait ?
_ Je ne sais pas mais si il est au courant que c'est Maddie qui a fait ça, on a du soucis à se faire, tu ne penses pas?
_ C'est vrai... Mais je pense que c'est trop tard.
_ Comment ça trop tard?
_ J'ai appris qu'elle avait été emmenée par son père.
_ Tu n'aurais pas dû la laisser partir ?!
_ Elle n'était pas d'humeur, tu étais bien là et tu l'as vu... je sais qu'elle avait besoin de respirer...
_ Tu vas faire quoi?
Castillo fit les cents pas quelques secondes avant de soupirer d'exasperation.
_ Je vais la retrouver, ne t'en fais pas...
_ Moi il faut que je contacte mon supérieur... je dois....
_ Arrête.... Contente toi de rester couché et remet ton masque...
_ Je n'ai pas le temps pour ça !! S'énerva Maximilliano.
_ Je savais que tu t'entêterais alors j'ai appelé des renforts, ils ne vont pas tarder...
_ Ne me dis pas que tu les as prévenu !
_ Oui, il m'a appelé et heureusement qu'il l'a fait! S'éleva une voix depuis la porte d'entrée.
Maximilliano grogna d'agacement en regardant sa sœur qui le foudroyait du regard depuis le seuil.
_ Idiota! Ça fait des semaines que tu nous a laissé sans nouvelle et j'apprends par Émilio que tu as failli te faire tuer lors d'une intervention!
_ Je ne suis pas mort Mariana tu vois bien...
Mariana qui était assise sur un fauteuil roulant leva les yeux sur son mari Abelardo qui poussa la chaise jusqu'à ce qu'elle arrive au chevet de son petit frère.
_ Alabado sea la Santísima Virgen de Guadalupe, estás viva, "Que la Sainte vierge de Guadeloupe soit louée ! tu es vivant". Mais maintenant calme toi et remet moi ce masque, ne discute pas surtout!
Maximilliano savait qu'il ne pouvait rien dire à son entêtée de grande sœur.
_ Merci Émilio de m'avoir prévenu...
_ Je sais que je le laisse entre de bonnes mains. Sourit Castillo.
Il quitta la chambre plus serein car Maximilliano était toujours vivant, mais pour Maddie, il se demandait comment la sauver des griffes de son père? Desquelles elle avait eu tant de mal à sortir.

Tambourinant violemment la porte de sa chambre, Maddie hurlait depuis des heures pour qu'on la laisse sortir. L'homme de main de son père l'avait traînée de force jusqu'au domaine familiale avant de l'enfermer à double tour dans sa chambre. Comme il lui avait pris son portable et tout ce qu'elle avait sur elle, il lui était impossible de joindre Castillo. Elle espérait malgré tout qu'il vienne la libérer de cette prison.
_ Où il est ? Montre toi Willy Medina! C'est un enlèvement! Tu n'as pas le droit de me retenir contre mon gré ! Ouvre cette porte! Hurlait-t-elle sans relâchement.
La serrure tourna enfin et la porte s'ouvrit sur Kaïa qui affichait une mine inquiète.
_ Maddie... Par pitié, arrête... Ton père risque de se mettre encore plus en colère.
_ Je m'en fiche! Il n'a aucun droit sur moi, je veux quitter cet endroit!
_ Tu sais bien qu'il ne te laissera pas partir... S'il te plait, calme toi.
_ Tu le laisses faire comme toujours! Tu sais que cet homme est un monstre! Sais-tu seulement tout ce qu'il a fait!
_ Qu'est-ce que j'ai fait, dis-moi? S'enquit son père en regagnant la chambre.
Maddie se pinça la lèvre pour contenir les insultes qu'elle s'apprêtait à lui cracher au visage.
_ S'il te plait Kaïa, laisse moi seul avec elle.
La femme acquiesça immédiatement avant de s'éclipser.
_ A quoi tu joues ! quel genre de fille indigne tu fais là ?
_ Tu es une ordure!! Libère moi tout de suite!
_ Espèce d'insolente! Comment tu peux te permettre de me parler comme ça, Grogna-t-il en attrapant sa mâchoire d'une main ferme.
_ Lâche moi!
_ J'arrête les tendresses avec toi! Tu n'arrêtes pas de me mettre des bâtons dans les roues et ça commence à m'agacer ! Tu as osé poser un traceur sur Luis Salazar en pensant qu'il ne se rendrait compte de rien! Si tu n'étais pas ma fille, tu mangerais déjà les pissenlits par la racine comme ta mère !
_ Lâche moi sale ordure! Cria Maddison en se dégageant sauvagement.
William aspira une grande bouffée d'air en réajustant sa cravate soigneusement nouée.
_ Ryan va venir te voir... Tu vas l'épouser bientôt et pense bien à ce que tu vas dire parce que le petit policier de la DEA est déjà à l'hôpital et si tu persiste à te lever contre moi, c'est ton ami qui suivra.
_ De qui tu parles?! Maximilliano ?
William quitta la chambre sans en dire plus, ce qui rajouta une angoisse à Maddie qui frappa à la porte en appelant son père pour qu'il lui en dise plus.

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