Plus de retour en arrière possible, enfin si techniquement, je pouvais rentrer en France quand je le voulais mais j'y étais ! J'avais sauté dans cet avion et je comptais bien démarrer une nouvelle vie au bras de mon bel italien. Mon excitation était à son paroxysme. J'avais si hâte de retrouver celui qui allait dorénavant partager mon quotidien que ce vol semblait être le plus long de toute ma vie.
Mais non, ça c'est dans ta tête !
Alors pour freiner mon émoi et faire passer le temps, je choisis de suivre les derniers conseils de Rita et de prendre un peu de recul sur ma situation, c'était donc sans surprise que je pus en faire ressortir trois émotions.
Tout d'abord, la folie, oui, j'étais complètement ravagée. En y repensant, j'étais sur le point de m'installer avec un homme que je connaissais depuis quoi ? Trois mois à tout casser, durant lesquels nous ne nous étions pas parlé pendant plusieurs semaines. C'était peut-être ça l'amour au premier regard au final, car même si je ne pouvais pas encore dire que j'éprouvais de réels sentiments pour lui, je savais que quelque chose de fort nous reliait.
J'aurais plutôt dit l'inconscience de la jeunesse, ou bien encore le besoin de combler ta peur de l'abandon mixée à tes daddy issues en t'impliquant, si rapidement, dans une nouvelle relation car tu ne sais pas rester seule, mais bon, c'est toi qui vois !
Ensuite, l'excitation du nouveau, au plus profond de moi, j'avais toujours ressenti ce besoin de changement. Je ne parlais pas d'une nouvelle coupe de cheveux mais bien d'une nouvelle vie, de prendre un nouveau départ, de trouver le courage de dire merde à tout le monde et de se barrer. J'étais fière aujourd'hui de pouvoir me dire que j'avais réussi. J'avais envoyé balader ma vie parisienne et la "moi" d'hier qui n'osait prendre aucun risque.
Et enfin, la peur, j'étais terrifiée, angoissée, paniquée à l'idée de me retrouver loin de mes repères, sans ami, sans travail et dépendante à une personne. D'un côté, je partais sur un coup de tête alors j'allais devoir me faire violence les premières semaines pour ne pas laisser cette frayeur prendre le pas sur moi mais d'un autre j'étais quelqu'un d'assez dégourdie donc j'étais persuadée que cette crainte était infondée.
***
Dans le sas des arrivées de l'aéroport de Palerme, il ne me fallu pas plus de deux minutes pour le trouver. Il était là, en train de téléphoner, son épaule appuyée contre un mur rendant sa pose beaucoup trop sexy à mon goût.
J'en connais une qui a les hormones en ébullition !
Comme s'il pouvait savoir que j'étais enfin là, il releva la tête et capta mon regard alors que je m'approchais de lui d'un pas rapide. Il m'offrit un petit sourire en coin avant de raccrocher et nous quittâmes cet endroit que je n'étais pas prête de revoir de sitôt après s'être pris dans les bras l'un de l'autre en guise de bonjour.
La tête posée contre la vitre de la voiture, je regardais le paysage défiler sous mes yeux. Je connaissais cette route menant l'aéroport à sa villa par cœur et j'étais soulagée de savoir que nous n'allions pas la faire, en sens inverse, dans quarante-huit heures.
Une vingtaine de minutes plus tard, nous passions les portes du portail de sa maison afin de se garer dans l'enceinte du jardin. Ezio sortit du véhicule et tel le gentleman qu'il était, il porta ma valise jusqu'à la porte d'entrée où je l'attendais. Un sourire plaqué sur le visage, il passa son bras autour de mes épaules pour me serrer contre lui.
- Bienvenue chez toi Love ! Me disait-il en m'embrassant sur la tempe.
Une envolée de papillons prenait possession de mon ventre et je ne pu m'empêcher de me réjouir de cette sensation. En entrant, je distinguais Teresa en train de s'affairer dans la cuisine, je la saluais timidement d'où je me tenais car malgré le fait que je l'avais vu régulièrement ses dernières semaines, elle m'impressionnait toujours autant.
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CHAOS MAKES THE MUSE
RomanceUne mère impulsive et un père aux abonnés absents c'est ce cocktail molotov qui a poussé Azel dans les bras d'un ami à l'aube de sa quinzième année. Seulement voilà, dix ans plus tard le conte de fée est vite rattrapé par la dure réalité de la vie...
