L'enveloppe

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J'étais morose aujourd'hui. Revoir ma meilleure amie m'avait fait un bien fou, mais me réveiller ce matin en sachant que je n'allais pas la retrouver avant plusieurs mois me fendait le cœur.

Je quittais mon lit difficilement et rejoignais la douche pour me remettre les idées en place. En quarante-huit heures mon cœur avait subi beaucoup trop d'émotions. De la joie de retrouver mon amie, en passant par la peur face au comportement soudain d'Ezio à l'amour qu'il m'avait transmi lors de notre petite baignade matinale de la veille.

Je n'en avais pas parlé à Rita quand nous nous étions retrouvées seules sur la route pour l'aéroport. Heureusement pour moi, elle avait beaucoup bu samedi soir pour se rendre compte de l'attitude qu'avait eu Ezio à mon propos et donc pour me questionner à ce sujet. Je ne savais pas quoi en penser pour le moment, alors je préférais le garder pour moi. 

Je savais qu'il était nécessaire d'avoir une conversation avec lui, mais je n'étais pas encore prête. Et s'il se remettait dans cet état ? Comment allais-je réagir face à une nouvelle crise si elle explosait une fois de plus ? Rien qu'en y pensant, mon cœur s'emballait. Je sortais de la douche encore plus perturbée qu'en y entrant et une fois habillée, je descendis les quelques marches pour rejoindre la cuisine afin de petit-déjeuner.

-   Ciao Azel lança Teresa derrière l'îlot central de la cuisine.

Nous échangions des banalités le temps de faire couler mon café et je partais m'installer avec un bouquin dans le fauteuil du salon. Malgré la passionnante intrigue du livre que j'avais entre les mains, mon esprit était ailleurs. Quand j'étais rentrée de l'aéroport hier soir, Livio n'était plus là et Ezio s'était enfermé dans son bureau jusqu'à ce que j'aille me coucher. Nous n'avions donc pas discuté depuis le bain que nous avions pris tous les deux et il était déjà au travail depuis plusieurs heures ce matin. J'osais espérer, comme à son habitude, qu'il viendrait déjeuner avec moi ce midi pour que je puisse jauger de son humeur et aussi pour me déposer au boulot.

J'entendais Teresa parler depuis la buanderie sans comprendre ce qu'elle disait, parce que oui, mon italien s'était nettement amélioré depuis que j'avais emménagé, mais au vu de la vitesse à laquelle elle discutait et de la distance qui nous séparait, j'avais du mal à saisir le sens de son échange téléphonique. Dix minutes plus tard, je l'apercevais du coin de l'œil, le panier de linge propre en main, s'approcher de moi.

-   Ezio ne pourra pas rentrer ce midi m'expliqua la vieille dame. Il a une grosse réunion toute la journée.

L'enculé ! Il n'était même pas capable de m'appeler ou, au pire, de m'envoyer un message. Essayait-il de me fuir ? La situation était-elle plus mal en point que ce que j'aurais pu imaginer ? Avais-je fait quelque chose de mal hier soir ?

Je me refaisais pour la centième fois, en cinq minutes, le déroulement de notre fin de journée de la veille. Nous avions pris un bain ensemble puis Rita et Livio étaient arrivés avec des pizzas pour le dîner et enfin, j'avais déposé ma meilleure amie à l'aéroport. Qu'avait-il pu se passer durant l'heure où j'étais absente ? Il fallait que j'en parle à Livio, il en saurait sûrement plus.

Livio : Ezio m'a dit qu'il était busy aujourd'hui. Je passe te prendre à quatorze heures trente.

En parlant du loup, on en voit la queue.

Je n'avais clairement pas besoin que le meilleur ami de mon mec, qui apparemment parlait à tout le monde sauf à moi, vienne me chercher pour me déposer au boulot, mais d'un autre côté, le trajet serait le moment idéal pour le questionner sur leur fin de soirée.

Moi : Top ! Merci.

***

Le bruit du klaxonne raisonnant à travers le jardin m'indiquait que Livio m'attendait devant la villa. Je laçais mes baskets et accourus vers le portail.

CHAOS MAKES THE MUSEDes histoires addictives. Découvrez maintenant