Prise de conscience

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En me réveillant ce matin, je mis plusieurs minutes à me connecter au monde réel. Le regard dans le vide, je repensais à nos ébats de la vieille et sortis du lit le sourire aux lèvres. Après le second round, je m'étais &écroulée de fatigue et n'avais même pas eu le courage de prendre une douche alors que j'en avais bien eu besoin d'une. Ce fut la raison pour laquelle, la première chose que je fis, bien avant même de boire mon café, était de courir sous l'eau afin de retirer toutes traces de notre nuit. En suivant des yeux l'eau qui ruisselait le long de mon corps, je constatais que mon cher et tendre avait laissé les marques de son passage, un suçon par ci, une petite morsure par là, silencieusement, je le remerciais de toujours garder en tête de le faire à des endroits non visible par tous malgré l'excitation du moment. J'aurai été plus que gênée que les clients du Manifesto puissent voir ces marques violacées.

Une fois habillée, j'appelais Rita pour notre petit débrief hebdomadaire tout en rejoignant la cuisine pour me faire un latté.

-   Hello bébé, disait ma meilleure amie alors qu'elle décrochait.

-   Salut Riri, répondis-je avec autant d'enthousiasme qu'elle. Comment tu vas ?

-   Pourquoi tu cries, il est à peine dix heures, se marra mon amie.

Je lui expliquais que si je haussais le ton c'était pour qu'elle puisse m'entendre malgré le bruit de la Nespresso, mais à l'évidence, ça n'avait pas l'air de l'ennuyer. Nous échangions quelques banalités et je lui annonçais que le corps de Chiara avait enfin été retrouvé, qu'il s'agissait d'un meurtre et que la police locale était sur le coup. J'évitais, bien entendu, de lui faire part des doutes, vis-à-vis d'Ezio, que j'avais eu la veille et lui parlais plutôt de nos moments d'intimité plus que parfait. Elle avait toujours eu le don pour m'embarrasser avec ses commentaires plus douteux les uns que les autres quant à ma sexualité, mais j'étais habituée et finis par en rigoler avec elle, un peu d'autodérision n'avait jamais tué personne.

En me dirigeant vers le salon, mon regard fut attiré par une grande enveloppe en kraft, m'étant adressée, posée sur la table de la salle à manger. Étant plus qu'intriguée, je perdis le fil de la conversation et ne répondis plus que par des onomatopées pendant que je déchirais la partie collante de l'enveloppe. Je pris la feuille d'une main et mon café de l'autre pour en avaler une gorgée.

"Mon ange,

À presque un an d'intervalle, je t'écris une seconde lettre, mais malheureusement, comparée à la première, celle-ci ne risque pas de te plaire. En effet, Azel, si je couche ces quelques mots ce soir, c'est pour te dire adieu."

-   Azel ça va ? S'interrogea ma meilleure amie en entendant mon verre exploser sur le sol.

D'une voix tremblante, je lui expliquais que mon latté m'avait glissé des mains et que je la rappellerai avant de raccrocher à la hâte. Mon cerveau était en plein bug, je ne savais pas s'il fallait que je termine cette satanée lettre ou si je devais ramasser les bouts de verre qui trônaient à mes pieds. Au bout de quelques secondes, qui me parurent être une éternité, ma curiosité remportait le duel et je recommençais ce fichu papier.

La nausée me prit lorsque je compris qu'il était le meurtrier de Chiara. Je repensais à tous les rapports que nous avions eu depuis, j'avais couché avec un criminel bordel, comment était-il possible qu'il m'ait retourné le cerveau à ce point, j'étais pourtant certaine de sa culpabilité. Je n'arrivais plus à le croire, il m'avait menti tant de fois. Si ce qu'il disait était vrai, pourquoi ne pas m'en avoir parlé, je pensais pourtant être assez transparente quant à mes sentiments pour lui, pourquoi ne pas en parler à Livio. On aurait pu trouver une solution ensemble. On aurait pu le sortir de là. Je revoyais Chiara l'accuser d'avoir tué Marta, j'avais douté de sa culpabilité au début mais il avait ôté mes incertitudes d'un simple revers de la main, de la même manière lorsque je l'ai accusé du meurtre de Chiara. Comment pouvais-je être si manipulable ? Alors certes il ne l'avait pas tué de manière directe mais il en était la cause. Quant était-il de la mort de ma collègue, disait-il la vérité cette fois, était-elle réellement morte par accident ? Il m'avouait être le responsable de deux décès et croyait que j'allais passer outre, mais pour qui se prenait-il ? Mon cœur hurlait son amour pour lui malgré tout ce que je savais mais mon cerveau refusait de ne pas tenir compte de ses frasques criminelles.

CHAOS MAKES THE MUSEDes histoires addictives. Découvrez maintenant