Une semaine plus tard,
Ça faisait sept jours que nous étions sans nouvelle de Chiara. Sa volatilisation soudaine inquiétait tout le monde et Dieu merci, Ezio semblait s'y intéresser aussi.
Quarante-huit heures après les avoir contactés, la police partageait des avis de recherche et organisait une battue à Palerme et ses alentours dans l'espoir de la retrouver mais sans succès, alors avec Livio nous avions relayé sa disparition sur les réseaux sociaux et déposé des affiches un peu partout en ville. Nous recevions tout un tas d'appels et de messages plus improbables les uns que les autres, une fois elle était aperçue en Norvège, la fois suivante au Maroc, ça n'avait ni queue ni tête et toutes ces fausses informations absorbaient notre énergie et anéantissaient nos espoirs de la retrouver.
J'en venais même à penser qu'elle avait choisi de prendre la fuite et que dans ce cas-là, il était nécessaire d'arrêter les recherches. Qui étions-nous pour l'obliger à vivre sa vie ici en Sicile, peut-être que depuis la mort de Marta, elle n'avait aucun intérêt à rester à Palerme et puisqu'elle m'avait enfin partagé ce qui semblait, pour elle, être important, elle pouvait retourner vivre dans le nord de l'Italie ou même commencer une nouvelle vie ailleurs.
- Il ne faut pas perdre espoir tentait de me convaincre Livio, on va la retrouver. Si elle voulait démarrer une nouvelle vie comme tu dis, elle nous aurait prévenu. Elle ne serait jamais partie comme ça sans nous en informer.
Perdre espoir, c'était clairement ce qui était en train de m'arriver. Comment pouvait-il croire qu'il était encore possible de la retrouver après autant de temps. J'acquiesçai pour ne pas lui faire de mal mais je n'y croyais plus.
Derrière le comptoir, perdue dans mes pensées, je fus surprise quand deux policiers passèrent les portes du Manifesto. Je lançais un regard à Livio lui demandant silencieusement si leur présence était présage de mauvais signes ou au contraire, allaient-ils nous annoncer une bonne nouvelle. Avant même qu'il puisse me répondre, les deux hommes avancèrent jusqu'à nous.
- Pouvons-nous parler en privé ? Demanda le plus vieux des deux à Livio.
Il hocha la tête et les invita à se rendre dans la réserve. Les secondes s'étaient transformées en minute et les minutes en heure. Je faisais les cent pas essayant par tous les moyens de calmer l'angoisse qui gonflait petit à petit en moi. S'ils l'avaient retrouvée, ils nous l'auraient dit directement non ? Pourquoi discuter à l'écart ? Le cerveau en ébullition, je sursautais en entendant la porte du vestiaire claquer dans le fond de la pièce. Je tentais de lire à travers le regard de mon ami mais c'était le néant, il semblait en pilote automatique alors qu'il saluait les deux agents.
- On ferme, m'ordonna-t-il froidement.
Il ne fallait pas être sorti de Saint-Cyr pour comprendre que la nouvelle n'était pas bonne. Sans perdre de temps, j'accourais vers les quelques clients présents, leur demandant de quitter les lieux une fois leur boisson terminée. En une petite trentaine de minutes le bar était vide, alors après avoir verrouillé la porte, je me rendais où se trouvait mon ami.
- Les nouvelles ne sont pas bonnes c'est ça ? Supposais-je.
Il leva la tête vers moi et je pus apercevoir une tristesse profonde à travers ses pupilles. Je m'attendais au pire, qu'avait-il bien pu arriver à notre collègue ?
- Ils l'ont retrouvé au large de Pantelleria.
Comment ça au large ?
- Apparemment, il s'agirait d'un homicide, termina-t-il dans un souffle.
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CHAOS MAKES THE MUSE
RomansaUne mère impulsive et un père aux abonnés absents c'est ce cocktail molotov qui a poussé Azel dans les bras d'un ami à l'aube de sa quinzième année. Seulement voilà, dix ans plus tard le conte de fée est vite rattrapé par la dure réalité de la vie...
