Compromis

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Un peu plus de trois semaines après la réception de la lettre anonyme,

La pression était redescendue. Ça faisait près d'un mois que cette satanée lettre avait été déposée au Manifesto, deux semaines qu'Ezio se pliait en quatre pour me rassurer et une semaine que j'allais mieux et ne me sentais pu épiée.

Rita avait, quant à elle, cessé de me mettre en garde contre l'italien après nos nombreuses disputes durant ces quinze derniers jours. Nos avis étaient différents à son sujet et je lui avais dit qu'elle devait arrêter de s'en prendre à lui sans raison. J'avais enfin réussi à lui faire comprendre que même si elle était tout pour moi, j'essayais de construire une relation sérieuse avec Ezio et que si elle l'appréciait j'en serai la première heureuse, mais si ce n'était pas le cas, je préférerais qu'elle garde son opinion pour elle.

Ça me faisait chier de me disputer avec elle, mais c'était avec lui que je comptais faire ma vie. Pas avec Rita.

Il faisait de plus en plus bon en cette fin de mois d'avril alors j'en profitais pour me balader au cœur de la capitale avant de me rendre au boulot. J'adorais ma ville d'adoption et d'autant plus quand le soleil repointait le bout de son nez. Je flânais dans les ruelles de Palerme à faire du lèche-vitrine tout en écoutant un podcast.

Sur les coups de seize heures, je me mettais en route pour rejoindre le bar de Livio car j'embauchais trente minutes plus tard.

Je passais la porte vitrée et trouvais Livio assis sur un tabouret dos à l'entrée.

-   Bonjour monsieur ! Soufflais-je près de son oreille pour le saluer.

Il sursauta légèrement ne semblant pas m'avoir entendu arriver et se tourna vers moi.

-    Salut petite française ! Commença-t-il en me faisant la bise. Je t'attendais.

Il se leva de son siège, passa derrière le comptoir et me tendit une enveloppe sur laquelle mon prénom était inscrit.

En voyant ça, je reconnus immédiatement l'écriture de la première lettre et mon estomac se tordit de douleur. D'une main tremblante, j'attrapai le papier épais.

-   Il y avait ça dans la boîte aux lettres et, il s'arrêta au beau milieu de sa phrase pour me tenir la main qui tremblait encore, à en voir ta réaction, je suppose que c'est du même destinateur grogna-t-il.

J'acquiesçais en hochant la tête et fondais en larme dans ses bras. Je n'avais même pas encore ouvert l'enveloppe que je pleurais déjà. Mais qui pouvait bien s'en prendre à moi comme ça ?

-   Je trouverai ce bâtard qui te fait souffrir Princesse ! Murmura-t-il en déposant un baiser sur mon front. Tu veux qu'on l'ouvre ensemble ou tu préfères faire ça seule ?

Je savais qu'avec les deux italiens, j'étais en sécurité. Aucun d'eux ne laisserait quelqu'un me faire du mal. Du moins physiquement je ne craignais rien parce que psychologiquement, c'était une autre histoire.

Je déchirais à la hâte l'enveloppe et sortais la petite carte qui s'y trouvait à l'intérieur.

"Penses-tu qu'il te dise la vérité ?
Que sais-tu réellement de sa femme ?"

Mes tremblements reprirent de plus belle, mon estomac se noua et en levant les yeux vert Livio, je voyais bien qu'Ezio me cachait quelque chose.

-   Elle, elle ... bégayais-je. Elle est vraiment morte sa femme ?

Il souffla un oui presque inaudible et me reprit dans ses bras. Une main à l'arrière de mon crâne, l'autre qui faisait des va-et-vient tout le long de mon dos pour calmer mes sanglots.

CHAOS MAKES THE MUSEDes histoires addictives. Découvrez maintenant