Chapitre 18

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13 novembre 1998

Journal,

Je ne peux imaginer que quelqu'un y croie. Cela semble tellement forcé. Et ça me fout en rogne.
Chaque fois qu'il l'embrasse sur la joue et chaque fois qu'elle prend sa main de merde, j'ai envie de m'arracher les yeux à la manière des Moldus. Et putain je ne comprends pas ça!
Mais il n'est pas du putain de genre qu'elle aime.

Je m'attends à ce que tu rédiges une réponse réelle à celle-ci, juste pour pouvoir te foutre de ma gueule. Qu'est-ce que ça dira ? Oh, probablement quelque chose du genre : "Et quoi, Malfoy ? Tu penses être son genre ?"
Non, je ne suis pas son putain de genre.
Elle est — elle doit être très exigeante. Je parie que son genre c'est un homme qui porte un gilet et un pull en maille tous les jours et boit son thé avec trois putains de sucres. Le genre d'homme qui embrasserait sa femme en rentrant à la maison. Il a probablement lu chaque livre de tous ces foutus auteurs moldus qu'elle adore — le foutu Shakeknife et les autres. Il a probablement aussi foutrement mémorisé Poudlard : Une Histoire parce que Merlin sait qu'elle n'arrête jamais de parler de celui-là.

Oui, c'est une nécessité.
Je parie qu'il aime la danse de salon et les échecs et qu'il aimera certainement les chats. Il sera un amateur d'art et il fera des choses comme cuisiner pour elle et apprendre ses poèmes préférés, et je suis absolument putain de sûr qu'il sera du genre à faire l'amour.

Je ne suis pas cet homme putain.
Je porte des costumes chers faits par des elfes qui dégoûteraient sa disposition humanitaire. Mon thé doit être noir et trop infusé, et si j'avais déjà une femme, nous serions déjà divorcés. Je ne sais foutrement rien sur ses livres moldus bien-aimés, et j'ai utilisé ma copie de Poudlard : Une Histoire,  pour faire des dragons de papier enchantés. Mère a fait en sorte que je puisse danser, mais elle n'a jamais dit que je devais aimer ça — et j'ai fait en sorte de ne pas aimer. Je triche aux échecs et je hais les putain de chats, et je n'ai jamais cuisiné un repas de ma putain de vie. Je trouve la poésie pathétique.

Et je ne ferais pas l'amour à Granger.
Quel concept.
Non — avec elle, je veux faire des choses dont on ne parle ni n'écrit dans la société polie. Je rêve de les faire. Mes mains me démangent quand je la vois. J'ai tellement putain d'envie de les faire.
Et une partie de moi veut que ça lui fasse mal quand je le ferai.

Non.
Non, je ne suis vraiment pas son genre.

Draco


23 novembre 1998

Zacharias est content.

Après près de deux semaines à répandre leur fausse relation dans l'école, il lui dit que les garçons de Serpentard l'ont laissé tranquille. Ils ne le taquinent plus. Du moins, pas pour les mêmes raisons qu'auparavant.

Et bien qu'elle soit contente pour lui, elle veut mettre fin à tout cela plus que tout.
Tout cela semble faux. Ça a un côté... collant, si cela a un sens. Chaque fois qu'ils s'embrassent devant Harry ou Ron ou n'importe lequel de leurs pairs, elle a l'impression d'avoir besoin de prendre une douche. Tout est faux.

Et c'est entièrement de sa faute.

Elle consacre les prochains jours à réfléchir à une manière créative et crédible de mettre fin à tout cela. Elle en parlera avec Zacharias. Peut-être faire une scène massive et scriptée devant tout le monde. Ainsi, sa réputation est préservée, et elle peut être libre de—

Elle arrête ses pensées comme si elle écrasait un insecte.
Libre de faire quoi ?
Elle refuse de laisser son esprit aller dans cette direction. Elle met fin à cela pour elle-même. Afin de ne plus avoir à mentir. Pour cela et seulement cela.

Breath Mints / Battle ScarsOù les histoires vivent. Découvrez maintenant