CHAPITRE 1

728 26 134
                                        

𝙽𝚈𝚇

Smells Like Teen Spirit - Malia J

« 𝓗𝓮𝓻𝓮 𝔀𝓮 𝓪𝓻𝓮 𝓷𝓸𝔀, 𝓮𝓷𝓽𝓮𝓻𝓽𝓪𝓲𝓷 𝓾𝓼. »

Un mois et demi plus tôt,

Le monde est fait de belles mais aussi de vilaines choses, il choisit à qui il veut faire voir le beau puis à qui il veut faire vivre le mauvais. Je suis certaine que ce choix est injuste, car comment se fait-il que le monde ait choisi que ma vie soit faite de cauchemars, me forçant à rêver pour ne serait-ce connaître une once de beauté ?

Le bonheur m'a glissé des doigts, il n'était qu'un souffle que je n'ai jamais pu attraper tandis que je tombais dans un gouffre qui n'a eu aucune pitié à m'engloutir jusqu'à son fond.

Peut-être aujourd'hui arriverais-je à changer les choses ?

J'espère avoir pris le meilleur choix, celui qui m'aidera réellement.

L'eau coule sur mon corps abîmé, la chaleur anormalement haute brûle chaque centimètres de ma peau maintenant rouge mais je ne scille pas, habituée à ce que je persiste à infliger à mon corps. Il n'y a pas de douleur, seulement des pincements presque agréables maintenant qui me font me concentrer sur autre chose que la douleur beaucoup plus lourde, plus présente qui pèse sur mon âme.

Cette douleur là, elle, me fait réellement mal bien qu'elle soit seulement le fruit de mon imagination.

Les yeux clos, je ne fais que ressentir ce qui se passe contre mon corps, oublier ce qui se passe si profondément en moi que je doute que ce soit un jour à portée de main pour l'attraper et essayer de m'en sauver. L'eau brûlante de ma douche glisse sur ma peau, délicate mais à la fois si sauvage, elle efface mais à la fois tâche celle-ci, tant habituée à cette façon que j'ai de brûler chaque parcelle de mon corps, à en perdre toute sensibilité.

Je m'y accroche malgré moi, j'y trouve ce plaisir coupable de perdre les sensations, la sensibilité qu'avait mon corps avant la chaleur, avant la douleur invisible. J'en profite, je savoure la force que ça me donne, l'avantage que ça m'offre sur tant de choses, sur tant de personnes. Je renforce mon corps et la douleur lorsque je le fais peut ne pas exister, il me suffit de renforcer mon mental à la même échelle.

J'installe alors toutes ces barrières, je camoufle mon regard, ne laisse rien se lire à travers celui-ci, je contrôle chacunes de mes émotions, qu'aucunes d'entre elles ne deviennent incontrôlable, qu'elles ne m'échappent et laissent aux autres découvrir la faiblesse qui ne devrait pas exister chez moi, qui ne doit absolument pas se faire connaître chez moi, la honte dans lequel contraire me rongerait trop violemment pour que je puisse un jour passer à autre chose sans cette idée de me punir.

Lorsque je décide d'éteindre l'eau, mon corps ressent encore sa présence, ressent encore la chaleur qui ne me quitte plus, cette brûlure intense, constante que je ne peux pas effacer, qui fait partie de moi, une flamme que j'ai appris à entretenir, dont la braise ne cesse jamais d'être travaillée pour que les flammes apparaissent de nouveau à chaque fois qu'elle commence à s'affaiblir, à disparaître.

Ce feu en moi est bien la seule chose qui ne s'est pas encore éteint.

Je retire l'élastique qui maintient mes cheveux dans un chignon, ceux-ci retombent sur ma poitrine, légèrement ondulés sur les pointes, le rouge vif qui en est leur couleur est de nouveau parfait après que j'ai retouché ma coloration il y a quelques jours.

J'observe mon reflet comme on observe un détail qui nous dérange, comme on observe une peinture dans laquelle on trouve tous les défauts qui font qu'elle n'est pas parfaite. J'observe ma sculpture, ce corps que j'habite mais qui n'arrive pas à atteindre l'image qu'il devrait donner, l'image que je devrais donner, ce manque qui m'oblige à ne pas miser simplement sur la finesse de mes muscles, sur l'agilité que je peux réussir à remporter, je mise sur ce que je suis connu pour, je mise sur cette couleur qui me définit et qui me rends reconnaissable entre tous.

OBSESSIVE | TOME I & IIDes histoires addictives. Découvrez maintenant