CHAPITRE 4

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𝙼𝙰𝚇

PRETTY PLEASE - Dutch Melrose, benny mayne

« 𝓘𝓽'𝓼 𝓸𝓷𝓮 𝓱𝓮𝓵𝓵 𝓸𝓯 𝓪 𝓿𝓲𝓮𝔀. »

Le verre se brise sous mes yeux, ses morceaux s'éparpillent, le liquide qu'il contenait glisse sur le bois de la table basse et s'écoule même sur le sol. Je l'observe simplement, ne sachant pas quoi faire, trop hypnotisé par la cassure que je viens de causer en posant mon verre trop brusquement, créant un choc qu'il n'a pu supporter.

Je ne peux faire que l'observer, m'imaginant déjà récupérer tous les morceaux pour les jeter tandis que le liquide ne pourra pas être sauvé et que le verre ne sera pas réparé.

Je souffle, m'affalant un peu plus dans le canapé, ignorant les dégâts que j'ai causés de la plus simple des manières, comme si ce n'était rien, comme si ça n'avait pas d'importance. Je ne fais que ramener ma cigarette à mes lèvres, celle-ci qui était coincée entre les doigts de mon autre main.

Je m'empare de ce qu'elle a à m'offrir, de sa fumée qui vient brouiller mes poumons, les rendant de moins en moins fonctionnel. Ce n'est pas comme si ça m'importait, d'être fonctionnel ou non, j'ai juste besoin d'être assez éteint pour ne pas subir les événements qui remplissent mes journées, d'être assez vide pour ne pas avoir peur de vomir tout ce que je pourrais bien ressentir.

Je fume ma cigarette sans me soucier des morceaux de verre qui se sont éparpillés sur la table, je fume ma cigarette sans me soucier de l'odeur d'alcool forte qui glisse jusqu'à mes narines.

Ce n'est qu'une journée de plus, une cassure de plus, il n'y a pas de raison de transformer ça en un événement important qui devrait avoir sa marque sur le calendrier.

Tout se brise un jour, je choisis juste de l'ignorer à chaque fois.

La porte d'entrée s'ouvre et la silhouette de mon frère se dessine devant moi, il s'avance dans ma direction, un sac dans sa main alors que son regard tombe sur les dégâts que je laisse pourrir devant moi.

— Tu comptes nettoyer j'espère ?

Sa voix siffle dans mes oreilles alors que je peine à me redresser, faisant retomber mon regard sur la table basse. Évidemment, il ne voit que le verre brisé et l'alcool qui s'écoule partout, il ne se soucie pas des petites lignes blanches qui décorent aussi la table basse à ma gauche, car ça, ces petites lignes, on les connaît tous les deux, on les utilise tous les deux et c'est une habitude qui n'a pas besoin d'être nettoyé car elle fait partie intégrante de notre maison.

Ma vision ne suit pas mes mouvements, l'effet est encore trop puissant pour que je puisse agir normalement, alors j'appuie mes coudes sur mes cuisses et fixe le sol un instant, laissant les effets devenir cette habitude que je connais. Les effets chez moi ne sont pas différents de mon état habituel car il n'y a plus que comme ça que je vis, je me réveille et vis ma journée sous l'influence d'une poudre blanche qui m'obsède plus que n'importe quoi, plus que n'importe qui.

— Tu vas nettoyer j'espère ? répète-t-il plus sévèrement que la première fois,

Je relève mon regard dans sa direction, il se tient droit, le regard sérieux alors que je décide d'enfin me lever pour le contourner et rentrer dans la cuisine pour prendre un torchon et une éponge. Je reviens vers la table basse, fais glisser tous les morceaux de verre dans le torchon sans prendre peur de me couper et essuie le whisky à l'aide de l'éponge. Je le fais rapidement, devinant que s'il est si impatient de me voir nettoyer c'est bien parce qu'il a quelque chose à me demander, une livraison à me donner.

OBSESSIVE | TOME I & IIDes histoires addictives. Découvrez maintenant