II-CHAPITRE 33

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𝙼𝙰𝚇

Save me - BTS

오늘따라 달이 빛나 내 기억 속의 빈칸
(𝓛𝓪 𝓛𝓾𝓷𝓮 𝓫𝓻𝓲𝓵𝓵𝓮 𝓹𝓵𝓾𝓼 𝓲𝓷𝓽𝓮𝓷𝓼é𝓶𝓮𝓷𝓽 𝓪𝓾𝓳𝓸𝓾𝓻𝓭'𝓱𝓾𝓲 𝓼𝓾𝓻 𝓵'𝓮𝓼𝓹𝓪𝓬𝓮 𝓿𝓲𝓭𝓮 𝓭𝓮 𝓶𝓪 𝓶é𝓶𝓸𝓲𝓻𝓮)

   La porte claque devant moi, elle laisse un coup de vent, un coup que j'ai l'impression de me prendre directement dans le cœur alors que je me retrouve face à cette barrière en bois qui me sépare d'elle. Une épaisseur qui nous ôte de l'autre, m'empêche de la voir, de sentir sa présence alors que je pensais m'être tellement rapproché d'elle, au point qu'un mur ne suffirait plus à nous séparer.

Je pensais avoir réussi à me rapprocher d'elle, à avoir couru assez pour que je puisse l'atteindre simplement en relevant le bras. Une pensée vite contrée, que je regrette presque d'avoir eu car la déception est si forte que je sens mon âme se détacher complètement de mon corps, m'abandonnant.

Il y a toujours cette distance entre nous, imperceptible à l'œil nu mais si présente, si pesante.

Je reste planté là pendant un long moment, ses paroles qui résonnent dans un écho étouffant dans mon esprit. Cette vérité qui a fait vibrer sa voix, qui a fait trembler mon corps sous l'impuissance que je ressentais face à elle. Ces mots que je ne pensais pas entendre, car je ne pensais tout simplement pas qu'elle aurait un jour le courage, la capacité de l'avouer à voix haute, de mentionner ce sujet entre nous.

Elle pense peut-être que ce souvenir était encore effacé, qu'il était, lui aussi, perdu dans l'abysse de ma mémoire mais elle ne se doute pas une seule seconde d'à quel point je me souviens, à quel point ma mémoire vide se remplit toujours plus.

Elle ne se doutait alors pas que je puisse alors me souvenir de ça, de ce détail, de cet événement entre nous qui je sais l'a amené à me détester malgré elle ou à se détester car elle n'y arrivait pas réellement. Mais je sais, je m'en rappelle, et moi aussi je me suis détesté lorsque la vérité a frappé ma mémoire.

Une illumination que j'aurais préféré garder dans l'ombre, car ce n'est pas le genre de lumière qui vous éblouit et vous permet de découvrir la beauté par la suite, c'est celle qui nous oblige à fermer les yeux, à tout faire pour que la lumière ne passe pas car elle ne devient que douloureuse lorsqu'on se retrouve obligé de l'affronter.

On s'est retrouvé à égalité le jour où elle a appuyé sur la détente et que sa balle s'est logé dans ma poitrine car je l'avais déjà tué auparavant. On a tous les deux été la raison de la première mort de l'autre et même si on s'en est tous les deux sorties, c'est comme si l'égalisation n'avait pas de sens, n'avait en réalité pas d'égal.

Je l'ai tué car je l'avais oublié et je la prenais pour une ennemie.

Elle m'a tué car elle pensait que je l'avais trahi, pour la seconde fois.

Là voilà la différence entre nous deux : Elle a essayé de me tuer à cause de la douleur que causaient mes choix et mes actions sur elle. Je l'ai tué sans savoir qui elle était.

J'y repense et j'imagine la cicatrice qu'elle doit garder, celle que j'ai aperçu lorsque sa robe était déchirée au niveau de son ventre la nuit du bal, cette cicatrice qu'elle garde par ma faute. La nuit où ma lame s'est logée en elle est un cauchemar qui alimente mes nuits depuis des semaines, depuis que ce souvenir à ressurgi.

Une cicatrice, un souvenir, qu'elle a dû porter avec elle pendant que son poids n'était plus qu'une plume légère sur mes épaules.

J'arrive seulement maintenant à me mouvoir, au départ, c'est ma main qui se lève en direction de la porte de la salle de bain, je crois à la possibilité de pouvoir l'aider, de pouvoir encore l'atteindre, simplement il y a ce fil, enroulé autour de mon poignet, qui me tire en arrière. Il m'empêche de continuer dans mon élan, de préserver dans ma quête de la sauver du néant dans lequel elle s'enfonce un peu plus à chaque instant.

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