CHAPITRE 9

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𝙽𝚈𝚇

idfc - blackbear

« 𝓘'𝓶 𝓸𝓷𝓵𝔂 𝓪 𝓯𝓸𝓸𝓵 𝓯𝓸𝓻 𝔂𝓸𝓾. »

La sonnerie se coupe une énième fois, le son se coupe, tombe dans les oubliettes et je me retrouve une nouvelle fois face à la messagerie. J'ai pourtant essayé plusieurs fois, on pourrait croire que je la harcèle et ça pourrait faire croire à une urgence, ce qui est peut-être le cas, mais il n'y a rien, pas de réponse, pas d'inquiétude.

Je pensais appeler ma mère pour l'informer de la nuit dernière, j'ai donc déjà tenté de l'appeler plusieurs fois mais la seule façon dont j'entends sa voix et sa messagerie de boîte vocale devant laquelle je tombe depuis plus d'une dizaine de minutes.

Quand j'étais à Barcelone, je devais la prévenir immédiatement dès qu'un évènement de ce type se produisait mais aujourd'hui, là où je suis, j'ai l'impression que peu importe ce qu'il m'arrive, je dois prendre sur moi et simplement l'accepter car il était ma décision de venir ici, seule, en pensant que je serais plus en sécurité ici et là-bas.

Une erreur que je n'aurais jamais pensé faire.

Je m'avance vers le sac de boxe pour reprendre mon entraînement mais mon téléphone se met subitement à vibrer et je cours pour décrocher l'appel.

— Il y a intérêt que ce soit une urgence, Nyx, prononce-t-elle d'un ton sec.

Je ne réfléchis pas à l'importance de la situation, à l'urgence que ça pourrait comme ça ne pourrait pas l'être, je pense être déjà en train de la déranger alors je ne m'attarde pas sur les détails, quittes à ce que sa réaction me déçoive, encore une fois.

— On a des ennemies à Boston, n'est-ce pas ? je demande, faisant un détour dans l'information que je vais lui partager.

— On a des ennemies partout, Nyx, viens en au fait.

— Je me suis faite attaquer dans la cour de mon internat la nuit dernière, j'avoue enfin.

Le silence s'installe pendant seulement quelques secondes mais le ressenti dure des heures alors que sa réponse se fait attendre, bien que je devais me douter à l'avance qu'elle finirait par être décevante.

— Tu me déranges réellement en pleine réunion pour ça ?

Je l'entends, l'agacement dans sa voix, celui que j'ai supporté pendant des années, cette intonation qu'elle utilisait dès qu'elle me voyait taper le sac, dès qu'elle me mettait face à des personnes beaucoup plus agés que moi et plus entrainés et que je n'arrivais pas à les battre.

— Je pensais qu'il fallait que je te prévienne de tout ce qui se passe, dis-je, creusant dans toutes mes forces pour que la déception ne fasse pas écho dans ma voix.

— Ça c'est une gaminerie dont tu peux t'occuper toi-même, si ça se reproduit tu ripostes, tu n'es pas à Boston en vacances.

Son intonation me fait planter mes ongles dans la paume de ma main, je laisse ses mots me frapper comme elle ne peut pas le faire.

— Tu as compris ? demande-t-elle alors que je maintenais un silence entre nous deux.

— Compris.

Elle raccroche à la seconde où mon mot résonne dans l'appareil tandis que je ne bouge pas, paralysée par ce qui vient de se passer, par l'espoir de parler à ma mère que j'ai laissé mon consumer alors que je savais que je serais face à ma cheffe.

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