𝙽𝚈𝚇
LET THE WORLD BURN- Chris Grey
« 𝓘𝓽'𝓼 𝓭𝓪𝓷𝓰𝓮𝓻𝓸𝓾𝓼 '𝓬𝓪𝓾𝓼𝓮 𝓘 𝔀𝓪𝓷𝓽 𝓲𝓽 𝓪𝓵𝓵. »
Ma dague entre mes doigts, je la fais glisser contre ma pierre à aiguiser, je frotte contre les grains, la rends la plus tranchante possible. Il faut qu'elle soit aussi tranchante qu'une simple lame de rasoir, que je puisse traverser la peau sans difficultés, que même si je ne fais que frôler la personne que je vise alors je lui laisse tout de même une marque de mon passage. Qu'il sache qu'il aurait beau m'esquiver de justesse, je peux toujours lui faire mal.
Peu importe s'il est assez loin de moi pour que je ne plante pas ma dague dans sa chair, il subira le passage de ma lame sur sa peau et n'aura pas d'autres solutions que d'avoir à subir la douleur que ça lui fera ressentir.
Peu importe la distance qu'on met avec moi, j'arrive toujours à blesser ceux qui m'entourent.
Il n'y a rien que je ne puisse pas faire, la mort est tel un jeu auquel je suis la championne, je la maitrise tellement que je commence à me demander si elle ne me glissera pas des mains un jour, volontairement ou non, pour me récupérer, pour me mettre à la retraite. Ma mort serait peut-être mon trophée, celui d'avoir tué tant de monde et d'avoir ensuite laissé ma mort être offerte car je savais que ça serait la suite logique des évènements.
Peut-être même que ça serait un soulagement pour moi aussi, que mourir serait enfin mettre un terme à tout, que m'éteindre serait aussi éteindre tout ce feu qui brûle sans cesse en moi et qui me donne l'impression de ne vivre qu'à partir de ça.
J'en ai envie, profondément je sais que ça serait ce que je mérite, mais alors pourquoi une partie de moi, infime, veut de la vie ?
Pourquoi une partie de moi, infime, imagine son visage tout en rêvant de la vie ?
Je me perds dans toutes ces possibilités, dans toutes ces fins que j'imagine pour moi-même dès que j'aurais mis un terme à tout ce qui m'entoure, lorsque ma vengeance aura été réalisée. Je me perds dans mes pensées qui se bousculent, au point d'en oublier ce que je fais et de me couper sans m'en rendre compte avec la lame de ma dague.
La pierre à aiguiser tombe de ma main et s'écrase sur le matelas de mon lit tandis que ma dague, elle, reste dans mon autre main, je m'y tiens comme si je me tenais au bord de cette falaise de laquelle je ne veux pas tomber mais qui me donne tous les jours une nouvelle raison de lâcher la dernière prise qu'il me reste.
Mon regard tombe sur ma main, sur la coupure sur ma paume de main, proche de mes poignets. Le sang s' écoule doucement, goutte par goutte, ce n'est pas assez ouvert pour que je puisse avoir la peur de mourir, si cette peur existe même chez moi, mais c'est assez ouvert pour que le sang soit si présent que je n'arrive pas à le quitter des yeux.
J'observe chaque ligne qu'il dessine sur ma main, les gouttes qui retombent sur le drap qui recouvre mon matelas, j'observe la façon dont même moi je me fais du mal, volontairement ou non. Le sang m'hypnotise et alors le déni de deuil s'envole pendant un instant.
J'entends encore mon cri, des pierres qui résonnaient lorsqu'elles s'écroulaient de partout, surtout je vois encore son corps, ses larmes, la douleur sur son visage, son sang. Ma poitrine se serre, mon estomac se tord alors que je me retrouve à devoir revivre la scène du bal en boucle dans mon esprit.
« — Te quiero, hermana mía. (Je t'aime, ma sœur.) »
Comme un cauchemar qui se reproduit, qui me hante même réveillé, je me retrouve paralysée par mes souvenirs, par mon esprit qui tente tant de me faire réaliser ce qui s'est passé, sauf que j'aimerais simplement que les images s'effacent, que ma mémoire ne fonctionne pas sur cette partie de mon histoire pour que je n'ai à revivre ce moment en boucle lorsque l'univers décide que je dois être puni.
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OBSESSIVE | TOME I & II
Любовные романы[TOME I EN RÉÉCRITURE] Il y a des souvenirs qui s'effacent et d'autres qui savent vous hanter sans aucun répit. Lorsque que Nyx Mavrolis-Diaz, une danseuse en chute qui subit le destin qui lui est tracé, décide de s'installer à Boston pour ses étude...
