𝙼𝙰𝚇
Brother - Kodaline
« 𝓘'𝓿𝓮 𝓰𝓸𝓽 𝔂𝓸𝓾, 𝓫𝓻𝓸𝓽𝓱𝓮𝓻. »
La fumée se disperse, somptueuse, elle danse devant moi avant de se disperser dans l'air qui la fait doucement disparaître, elle prend alors tout son sens, elle reste éphémère, ne suffit qu'à couvrir l'espace dans mes poumons pour me nourrir de sa toxicité douce avant de devenir ce nuage qui se dégrade. Elle n'est qu'un petit nuage sur lequel je me repose, qui m'envahit moins dangereusement de tout ce que j'ai bien pu utiliser pour corrompre mon être, pour me détruire à petit feu.
À chaque bouffée de sa fumée, je n'ai pas l'impression de mourir, aussi étrange soit-il, j'ai l'impression de guérir car une cigarette est bien la plus petite et la moins dangereuse des addictions que j'ai bien pu connaître. Je le vois alors comme une victoire, de n'avoir besoin que de ça, de n'avoir plus cette envie de m'effondrer contre des fines lignes blanches.
Les rues de Boston sont calmes, à la fenêtre de ma chambre d'hôtel, je reste discret, ne sachant toujours pas si je devrais arrêter de me cacher, si le risque serait vraiment nécessaire de prendre. Nyx n'a pas hésité à me faire comprendre sur son avis sur la question, elle veut protéger ceux qui ne sont pas de notre monde mais lorsqu'ils s'agit de nous, elle n'arrive pas à imaginer qu'on puisse réellement s'en sortir en se cachant, elle n'arrive pas à imaginer qu'on puisse un jour s'en sortir, qu'elle puisse un jour s'en sortir.
Mais elle s'en sortira, je ferais tout pour, quittes à me perdre.
Lorsque j'écrase ma cigarette sur le bord de ma fenêtre mon téléphone se met soudainement à sonner, je glisse ma main dans ma poche, le tissu de mon vieux jean se frotte contre la peau abimé de mes phalanges, un frottement qui me fait serrer la mâchoire mais que j'oublie au moment où je voix enfin le nom qui s'affiche sur mon écran.
Chase.
J'observe l'écran, l'hésitation me ronge, tel un virus qui vient creuser ma chair, douloureuse, elle me fige sur place, ne me laisse qu'avec le nom de mon meilleur ami sur l'écran, l'observant sans savoir quoi en faire. Nyx m'a demandé si j'avais pensé à Chase, mais si elle savait qu'il n'y a pas une seconde de chaque journée où il ne faisait pas son chemin dans mes pensées, où je ne l'imaginais pas me supplier de lui donner un signe de vie.
Il n'y a pas un jour où je n'ai pas hésité à lui envoyer un message, à l'appeler moi aussi en espérant qu'il réponde pour soulager la peine que j'ai dû laisser derrière moi. Il n'y a pas un jour où je n'ai pas espérer qu'il m'oublie un petit peu tout en étant aussi si égoïste que j'espérais qu'il ne croit pas à ma mort et soit à ma recherche, ce qu'il a fait.
Mes doigts se resserrent autour de mon téléphone, les paroles de Nyx passant en boucle dans ma tête, elle est en répétition et même si le danger est peut-être trop grand, si le risque est peut-être trop puissant, j'ai envie de l'écouter, de faire enfin ce qu'elle aurait aimé que je fasse.
Mon doigt vient glisser sur mon écran et je redirige mon téléphone vers mon oreille. Il n'y a aucun son comme s'il retenait son souffle, qu'il ne s'attendait à rien mais suppliait pour quelque chose.
— T'en as pris du temps pour m'appeler mec, je dis calmement.
Le silence se rompt à la seconde où ma voix résonne de son côté, son sanglot éclate, j'entends sa respiration qui se saccade, ses larmes qui s'échappent de ses yeux, j'entends tout comme s'il était devant moi. Il est comme ça, il est émotionnel, il n'a pas honte de ressentir, il n'a pas honte de s'attacher aux personnes qui l'entourent et c'est probablement ce qui a fait qu'il est devenu mon meilleur ami si vite.
VOUS LISEZ
OBSESSIVE | TOME I & II
Romance[TOME I EN RÉÉCRITURE] Il y a des souvenirs qui s'effacent et d'autres qui savent vous hanter sans aucun répit. Lorsque que Nyx Mavrolis-Diaz, une danseuse en chute qui subit le destin qui lui est tracé, décide de s'installer à Boston pour ses étude...
