II-CHAPITRE 13

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𝙽𝚈𝚇

São Paulo - The weeknd

« 𝓽𝓪𝓴𝓮 𝓲𝓽 𝓮𝓪𝓼𝔂 𝓸𝓷 𝓶𝓮  »

J'ai toujours affirmé que l'imprévu me plaisait, que l'excitation tremblante de ne pas savoir ce qui peut me tomber dessus la seconde qui suit m'attirait plus que tout, qu'elle est cette sensation que j'aimais faire couler en moi pour remplacer mon sang, mais je ne pense pas que ce soit encore le cas. Le quotidien est devenu troublant, sans réponses pour me guider sur la suite des évènements. Il n'y a plus que les murmures presque inaudibles de l'univers, me parvenant de partout et nulle part à la fois mais, surtout, il n'y a plus cette sensation d'apaisement que l'imprévu m'offrait.

Il n'y a plus que la noirceur d'un avenir incertain.

L'incertitude me ronge, elle n'a pas de répit pour mon âme en peine ou pour ma conscience abîmée. Elle aussi, je l'ai aimé avant de la détester. Ce n'est plus un brouillard dans lequel j'aime me perdre, persuadée que peu importe le chemin que je finirai par prendre je m'en sortirai car l'univers persiste à me garder en vie, souffrant de l'oxygène que j'inspire chaque jour. Cette incertitude est un brouillard épais qui m'étouffe, il se forme telle une corde enroulée autour de la peau fine de mon cou, me soufflant à mon oreille de sauter en sachant que la corde se romprait sous le poids de la chute.

Car vivre est ma pire punition et je n'arrive pas à mourir.

Alors dans une incertitude qui me torture, je referme mon sac en laissant un souffle s'échapper en harmonie avec le son de la fermeture éclair. Le silence n'est pas présent, il s'est évaporé au moment où Ezia et Alex sont rentrés dans ma chambre, inquiets comme toujours, faisant résonner leurs paroles qui retranscrivent parfaitement leurs ressentis.

— Tu promets de faire attention ? demande Ezia, la voix presque tremblante.

J'hoche la tête tout simplement pour acquiescer, comme si des paroles seraient une promesse de trop, une promesse que je sais, je ne pourrais pas tenir. Mais je veux l'apaiser, alors je ne parle pas, je lui réponds avec des gestes, car ça fera toujours moins mal de se rappeler d'un hochement de tête que d'avoir les mots en boucle dans sa tête.

— On veut que tu reviennes entière Nyx, ajoute Alex en croisant ses bras contre sa poitrine.

Je ne suis déjà plus entière.

Je ne sais même pas si je l'ai déjà été.

Je hoche simplement la tête une nouvelle fois, évitant que ma voix dépasse la barrière de mes arrières pensées. Ma main s'enroule autour de la poignée de mon sac et je le soulève, n'oubliant pas de cacher la douleur sur la longueur de mon bras qui vient me rendre faible. Une douleur que je refuse de soigner, que je persiste à simplement camoufler, à cacher cette envie secrète et honteuse que mes blessures réussissent à m'emmener vers le bout d'un tunnel que je n'ai jamais réussi à atteindre.

Il n'y a rien à dire, je ne peux pas les réconforter, leur dire que tout se passera bien et qu'il n'y arrivera rien, je ne peux plus être sûre de moi, je dois avancer sans voir où se posera mon pied à chaque pas de plus, incertaine de si je vais tomber plus bas ou avancer sur le même hauteur.

La seule chose dont je suis sûre, c'est qu'il n'y a pas de marche pour remonter, je ne peux pas revenir aux moments où la lumière pouvait encore se créer un chemin. Je dois continuer d'avancer dans l'ombre que j'ai fait grandir moi-même autour de mon être, continuer de sombrer sans retour en arrière possible.

On ne peut pas effacer nos choix et nos actes, on vit avec, jusqu'à être enterré avec en espérant que les dégâts disparaissent aussi avec nous sous la terre.

OBSESSIVE | TOME I & IIDes histoires addictives. Découvrez maintenant