𝙼𝙰𝚇
I know the end - Phoebe Bridgers
« 𝓐𝓷𝓭 𝔂𝓸𝓾 𝓱𝓪𝓭 𝓽𝓸 𝓰𝓸, 𝓘 𝓴𝓷𝓸𝔀. »
Ce matin, le réveil est différent des deux précédents, il est plus dur, moins doux, il manque de quelque chose, il manque cette sensation de bonheur qu'on sent avant même d'ouvrir les yeux. Il y a ce vent froid, qui m'offre un frisson, qui me torture et me rappelle que la froideur a repris la place, que le vide s'est creusé de nouveau sous mes pieds, prêt à m'engloutir si je ne réussis pas à sauver, rattraper celle qui tombe déjà dans le gouffre sous moi.
J'ouvre les yeux, et je me retrouve seulement entouré des draps qui surplombent mon corps et le lit, il n'y a pas de présence à mes côtés, pas de corps encore serré contre le mien, elle n'est pas là, elle n'a pas attendu que je me réveille pour se lever. C'est peut-être trop dur de devoir affronter le souvenir frais de nos deux récentes matinées pour elle, peut-être qu'elle a l'impression que c'est déjà trop loin, qu'elle ne peut plus le souhaitez, le vivre.
Je veux pourtant qu'elle puisse réussir à croire que c'est encore possible pour elle, pour nous, j'aimerais qu'au lieu de voir le lit vide à mes côtés, sa présence fantôme que je n'arrive pas à ne pas ressentir, sachant qu'elle s'était endormi ici, dans mes bras, hier soir, j'aimerais voir son visage s'apaiser à mes côtés, voir son sourire se courber lorsqu'on se réveille, nos iris cherchant celles de l'autre directement.
Je reste perdu, à fixer le plafond au-dessus de moi, à tout faire pour garder cet espoir en moi, mais il m'est constamment aspiré hors de moi depuis hier. Je me fais vider mais je persiste, je me bats, car cette guerre que je mène n'est pas seulement pour que la victoire soit pour moi, la victoire sera aussi pour elle, alors je dois rester debout, je dois tout faire pour que ça fonctionne.
Elle mérite que quelqu'un se batte enfin pour elle.
Je me redresse donc rapidement, me faufilant hors des draps pour me rapprocher de la salle de bain où je peux me réveiller d'un bon coup d'eau fraîche sur le visage puis me changer dans une nouvelle tenue avant de me diriger vers le salon.
Elle est là, assise sur le canapé, un café dans la main alors qu'elle fixe droit devant elle, perdue dans ses pensées qui l'a bousculent et la tourmentent.
J'hésite à avancer dans sa direction, je le vois cet air qui donnerait envie à n'importe qui de reculer, de ne pas essayer de l'approcher, ce blocage, cette barrière qu'elle construit avec la finition les plus justes, les plus parfaites, pour être sûre qu'elle ne soit pas dérangé, que personne ne soit tenté de l'approcher.
Je souffle alors, calme les battements de mon cœur qui s'affole lorsque je m'oblige à assister à la chute dans son regard. Je m'avance en direction de sa position, de toute façon je ne doute pas qu'elle savait que j'étais là, elle m'a sûrement entendu descendre. Je passe devant elle, en direction de la cuisine pour ne pas lui donner l'impression que je m'efforce d'être devant elle, collé à elle.
— Tu es levé depuis longtemps ? je lui demande avant de disparaître dans la cuisine
— Quelques minutes, prononce-t-elle d'un ton dangereusement calme.
Ce ton qu'elle prend, ce calme qui l'habite, ce n'est pas celui qui est rassurant, ce n'est pas celui qui donne l'impression qu'elle n'est plus chamboulée. Ce calme qu'elle utilise dans sa voix, c'est celui qui donne la sensation qu'elle s'écarte, qu'elle se vide, qu'elle ne donne aucune émotion pour que je n'ai ni d'espoir qu'elle revive, ni peur qu'elle rechute. Ce calme dans sa voix est neutre, il est réfléchi, et surtout pour moi il est douloureux, car je n'arrive pas pas à savoir le fond de sa pensé, je n'arrive pas à connaître ses émotions, je n'arrive pas à savoir par où je dois l'attraper pour la tirer vers moi sans que ça se brise sous mes yeux.
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OBSESSIVE | TOME I & II
Romance[TOME I EN RÉÉCRITURE] Il y a des souvenirs qui s'effacent et d'autres qui savent vous hanter sans aucun répit. Lorsque que Nyx Mavrolis-Diaz, une danseuse en chute qui subit le destin qui lui est tracé, décide de s'installer à Boston pour ses étude...
