II-CHAPITRE 34

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𝙽𝚈𝚇

Mount Everest - Labrinth

« 𝓘 𝓭𝓸𝓷'𝓽 𝓷𝓮𝓮𝓭 𝓷𝓸𝓫𝓸𝓭𝔂 (𝓽𝓸 𝓼𝓪𝓿𝓮 𝓶𝓮) »

   Le silence règne, la vengeance brûle, chaque pas n'est pas seulement une distance qui se réduit, c'est aussi des secondes qui s'écoulent. Ils s'accordent, jouent ensemble, l'environnement change, se transforme alors que tout s'agite dans une tranquillité qui n'attend que de libérer la destruction, l'explosion massive qui se cache derrière elle.

Il n'existe plus de limites, plus de barrières installées à travers des ordres que je continuais à suivre. J'avance, le cœur battant d'une force qui me propulse vers l'avant, il fait circuler mon sang brûlant qui réchauffe mon être déjà alerté et enflammé par les évènements que j'imagine déjà se produire, une excitation qui me consume complètement.

Il n'y a plus rien qui compte sauf le but vers lequel je me dirige. Aucun son, comme si j'avais la capacité de ne plus entendre tout ce qui me paraît inutile. Aucune présence, comme si j'avais la capacité de pouvoir oublier le corps qui marche à mes côtés.

Je ne peux, ou je ne veux, que ressentir la présence de mon arme dans ma main droite, ma lame aiguisée qui appuie contre la peau de mon bassin à travers l'épaisseur de mon jean, le souffle frais qui glisse sur la peau nu de mes bras.

Je ne ressens que ce qui m'allie à ma vengeance, comme pour ne pas l'oublier.

Je fais attention à chaque son que j'arrive à percevoir, à chaque craquement, chaque souffle, respiration qui serait de trop et qui m'indiquera la présence de celui que je dois absolument retrouver ici, maintenant pour survivre contre moi-même.

C'est devenu un besoin meurtri de devoir le tuer, de voir son sang s'écouler jusqu'à moi, à cause de moi, grâce à moi. Un besoin que je dois absolument remplir pour qu'il se taise enfin et me laisse respirer.

Cependant, je sais que je ne vivrais pas après cet acte, car la vie est tel un fantasme que je ne peux jamais atteindre, pas même effleuré du bout des doigts. La vie est inatteignable, je ne supporte que la mort, je ne suis que dans son cercle.

La vie est trop dure, même pour quelqu'un qui a connu la souffrance de la mort pendant des années.

J'avance alors, me rapproche de la mort mais jamais de la vie que j'ai un jour souhaité connaître mais qui était bien trop loin dans le tunnel dans lequel je cours à sens inverse depuis des années.

Je reste sur mes gardes, jusqu'à arriver devant un escalier, un bruit sourd résonne de l'étage ce qui fait réagir Max à mes côtés dont la main s'enroule autour de mon bras pour me décaler, mon dos heurtant un mur alors qu'il se place devant moi. Mon regard se lève dans sa direction, un sourcil levé alors que j'empêche un petit rire, le coinçant dans ma gorge.

Son regard paniqué se pose sur moi et je peux observer son inconfort et sa légère peur dans ses iris face à la situation. J'aurais aimé qu'il ne vienne pas, car je sais qu'il ne supporte pas la situation même si un de ses plus grands souhaits aurait été de voir son père mort, je le sais, je le sens, qu'il ne se sent pas à l'aise.

Je sais aussi qu'il a peur pour moi, qu'il a peur de voir mon état par la suite mais seulement s'il savait à quel point j'ai peur aussi de comment je réagirais face à ça. J'ai tellement idéalisé, rêvé de ce moment qui pourtant je sais me tuera autant que la mort que je causerai, que j'ai peur de ma propre réaction que je n'arrive pas à prévoir.

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