II-CHAPITRE 20

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𝙽𝚈𝚇

The Hearts Wants What It Wants - Selena Gomez

« 𝓘'𝓶 𝓹𝓻𝓪𝔂𝓲𝓷𝓰 𝓽𝓱𝓪𝓽 𝓘'𝓶 𝓰𝓸𝓷𝓷𝓪 𝓶𝓪𝓴𝓮 𝓲𝓽 𝓸𝓾𝓽 𝓪𝓵𝓲𝓿𝓮  »

    Les couloirs se referment doucement autour de moi au fur et à mesure que je m'enfonce dans celui-ci, toujours plus loin, que j'avance en direction d'une porte que je ne fais que franchir pour entrer et en ressortir très peu après en ce moment. Ce qui reste à l'intérieur est pourtant si précieux, j'aimerais rester avec eux, dans cette pièce, enfermée entre des murs qui ne nous protègent en aucun cas, mais c'est bien parce que c'est trop précieux que je n'arrive pas à y rester.

Trop précieux pour que je puisse en être digne, pour que je puisse les avoir sans les briser.

Pourtant, il faut que j'y retourne, il faut que je les retrouve, que je continue ce qui définit maintenant mon destin, ce qui me donnera peut-être la liberté de partir lorsque ça sera fini, le soulagement de n'avoir plus rien à faire, de pouvoir enfin vraiment dormir sans avoir peur d'un cauchemar, car tout sera noir, il n'y aura plus rien.

Arrivée devant la porte, l'hésitation me ronge une nouvelle fois, elle vient creuser un énième trou que je n'arriverais peut-être jamais à remplir, comme destiné à n'être que défini par des trous noirs qui ne peuvent pas être rebouchés mais qui continuent de faire disparaître tout ce qui me reste, ne laissant que la peine et la mélancolie d'un corps sans vie mais qui pourtant tient encore debout.

Mon bras se relève et ma main s'enroule autour de la poignée que je fais descendre pour pouvoir enfin ouvrir la porte, un filet de lumière se dessine, bien que le soleil disparaisse de plus en plus en ce début du mois de Décembre à Boston. Celui-ci vient tracer une ligne sur mon corps alors que je fais enfin mon apparition après quelques jours, les visages d'Izan et Carla se tournant directement vers moi.

J'avance doucement vers eux, fermant la porte derrière moi et profite du silence qui règne encore avant qu'ils ne m'assassinent de question. Des questions variées, certaines auxquelles je pourrais répondre tandis que d'autres resteront pendantes dans l'air sans que les mots puissent s'échapper de moi pour y répondre.

Car il y a des secrets que je dois malgré moi garder pour les sauver du mieux que je peux.

Je ne m'assois pas, reste debout devant eux alors qu'ils me regardent presque surpris, tel un fantôme qui apparaîtrait devant eux, sauf que je n'étais pas morte, ils n'avaient seulement pas de nouvelles directes de ma part.

C'est alors Izan qui se lève en premier et qui, sans surprise, me prend dans ses bras. Je ne refuse pas son étreinte, au contraire, je laisse un petit sourire se courber sur mon visage, un geste que Carla ne manque pas car elle sourit à son tour, comme heureuse de voir cette courbe sur mon visage.

Izan encore dans mes bras, je frotte son dos délicatement tandis que mon regard ne s'écarte pas de celui de Carla. Une image me revient, de son corps en sang et j'ai la soudaine impression que la colère pourrait bien revenir trop vite, encore trop fragile à cause du manque qui fait trembler mes veines. Je persiste tout de même à ne rien laisser paraître et décide enfin de parler pour combler le silence de mon initiative.

— Comment tu vas ? je demande à Carla, désignant son abdomen d'un coup de tête.

— Beaucoup mieux et toi ?

Je ne fais que hocher de la tête, les mots seraient un mensong trop gros, je préfère qu'elle n'est pas de paroles qu'elle puisse me ressortir si jamais elle découvre l'état dans lequel je suis réellement, la façon dont tout mon corps est en alerte, tremblant intérieurement, se maintenant à des fils qui sont bien trop près du risque de se briser et de me laisser tomber.

OBSESSIVE | TOME I & IIOù les histoires vivent. Découvrez maintenant