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Look After You - The Fray
« 𝓘'𝓵𝓵 𝓵𝓸𝓸𝓴 𝓪𝓯𝓽𝓮𝓻 𝔂𝓸𝓾 »
𝘎𝘶𝘢𝘯𝘢𝘫𝘶𝘢𝘵𝘰 - 𝘔𝘦𝘹𝘪𝘲𝘶𝘦
Plus tôt dans la journée,
Le papier glisse entre mes doigts, sec et rigide, il est d'une épaisseur qu'on ne peut pas manquer, il accentue sa présence dans ma main, ne voulant pas que je l'oublie, ma concentration devant rester totale sur les schémas qu'il porte. Les lignes se superposent entre elles, chacune représentant un détail précis à travers la couleur qui leurs a été assigné, une route, un incident, une bataille, des souvenirs qui se croisent à travers des lignes aux couleurs claires tandis que leurs raisons d'exister est pourtant si sombre.
Mon souffle s'échoue sur celui-ci, mais il ne bouge pas, bien trop solide pour succomber au poids d'une simple respiration. Une force que j'aurais aimé avoir, j'aurais aimé être aussi impassible à ce qui me tombait dessus avec une simplicité et une normalité qui m'était monstrueuse.
J'aurais aimé que la gravité ait pitié de moi, mais je n'ai fait que tomber avant de m'écrouler.
La chute m'a été fatale, comme poussé d'une hauteur qui m'aurait donné le vertige si je m'étais penchée au dessus pour en observer son fond, j'ai chuté sans savoir si la fin allait m'accueillir dans une étreinte meurtrière ou si elle allait être douce, si elle allait m'offrir une sensation de liberté, mais la liberté ne vient jamais réellement.
La liberté m'a été retiré il y a bien longtemps, elle m'a été arraché, d'une force que je n'ai pas pu contrôler, que je n'ai pas pu combattre et que, même maintenant, je ne peux pas récupérer tant que la gravité sera là pour m'empêcher de me relever complètement. Elle est là, je peux la frôler du bout des doigts, l'observer comme une lumière au bout d'un tunnel, mais je ne peux pas l'atteindre, j'aurais beau courir à en perdre mes jambes, la liberté reculera toujours, car il est toujours là pour m'empêcher de la franchir.
J'expire lourdement, mes yeux se fatiguent et des creux se forment de plus en plus en-dessous de ceux-ci mais je persiste à rester éveillée, à combattre la fatigue qui m'obligerait à prendre du retard, à faire découler un temps que je ne peux pas laisser glisser entre mes doigts, bien trop précieux pour être gaspillée par un sommeil qui ne fera que me ramener des années en arrières, où la souffrance est bien plus pointue, bien plus tueuse que celle qui plane encore sur mon coeur.
La porte d'entrée derrière moi s'ouvre, et des pas se rapprochent, lentement mais qui ne m'éffraie pas, ils sont rassurants et je ne peux empêcher une courbe se former sur mon visage. Je préfère qu'il voit un sourire sur mon visage, même si la fatigue ne peut pas être totalement camouflée, mais surtout qu'il oublie la peur et la douleur qui s'étaient inscrits dans mes traits il y a un long moment de cela.
Sa présence me contourne, il rase presque les murs et ne m'adresse aucunes paroles, un silence que je peux qu'accepter, comprenant la raison de celui-ci. Notre dispute d'hier soir en est le déclencheur, mais la raison vient de bien plus loin, elle le consume et le ronge de l'intérieur sans que je sois assez puissante pour l'en empêcher, j'aimerais pouvoir agir, pouvoir marcher, peut-être même courir, dans les chemins sinueux qu'il aimerait prendre pour que tout aille plus vite, mais la peur me pèse encore.
Même après des années, la peur n'a pas réussi à quitter mon corps maltraité.
Il se dirige vers la cuisine, se réfugie derrière le comptoir et alors que je l'observe, l'épaisseur du papier quitte l'espace entre mes doigts pour retomber sur la table basse, me donnant l'opportunité de passer à autre choses, de me concentrer pendant un instant sur autre choses que cette vengeance, cette envie de comprendre qui circule dans mes veines comme un nouveau sang, une nouvelle vie après la mort.
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OBSESSIVE | TOME I & II
Romance[TOME I EN RÉÉCRITURE] Il y a des souvenirs qui s'effacent et d'autres qui savent vous hanter sans aucun répit. Lorsque que Nyx Mavrolis-Diaz, une danseuse en chute qui subit le destin qui lui est tracé, décide de s'installer à Boston pour ses étude...
