Chapitre 24 : La poupée

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___________Hanna

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Hanna

On ne parle pas assez des raisons qui nous poussent au suicide. Certains y voient un geste de faiblesse, d'autres y décèlent de l'égoïsme ou même un manque de considération envers leurs proches. À vrai dire, c'est un peu tout à la fois. On se persuade que le suicide est l'ultime choix qu'il nous reste, la seule issue à nos tourments. Parfois, on a simplement envie de ne plus rien ressentir, surtout quand la douleur est trop écrasante, insurmontable. C'est une douleur indescriptible dans la poitrine, comme si notre cœur se fissurait.

Quant au suicide, c'est étrange, à la fois abstrait et tangible, un monde parallèle dans lequel aucun mal ne nous sera fait. C'est peut-être utopique, peut-être naïf de songer à un univers de bonté, mais accepter de souffir éternellement n'est-il pas tout aussi absurde ? Pourquoi devrais-je m'y résoudre, alors même que cette dernière solution existe quelque part dans ma tête ? L'humain est cruel, avide, et méchant, et je suis épuisée de lutter contre le mal, contre ceux que je pensais aimer, contre ceux qui ne m'aiment pas en réalité. Pourtant, je dois admettre que certains, différents des autres, valent la peine de survivre pour eux, dussé-je en pâtir.

Je décolle ma joue du hublot. À part une étendue nocturne et quelques nuages gris, je ne discerne rien. L'habitacle de l'avion accueille un silence apaisant, et seuls les indicateurs lumineux au-dessus de nos têtes éclairent le couloir. Auguste dort profondément, assis en face de moi, sa main serrant la mienne sur la table qui nous sépare. Je m'en dégage sans le réveiller et jette un coup d'œil dans l'allée centrale.

Seule la liseuse au fond de l'avion me suggère qu'Ezra travaille encore sur ses dossiers. J'ignore s'il est prudent de le rejoindre, mais quelque chose me dit qu'il serait temps d'avoir une conversation avec lui. Comme je le présageais, Ezra se penche sur les nombreux rapports d'Elif, son Espionne décédée il y a plus d'une semaine maintenant. Je ne connais pas exactement les circonstances de sa mort, Auguste a refusé de m'en parler. Je pense qu'il vaut mieux que je ne sache pas quelle barbarie elle a subie, sans quoi je n'arriverais plus à dormir... comme Ezra.

Je m'installe sur le siège en face de lui, ses yeux fatigués et injectés de sang se relèvent lentement sur mon visage, et toutes les belles paroles que j'avais imaginées s'évanouissent dans l'air. Ezra masse son menton fraîchement rasé, un geste que j'ai appris à associer à son anxiété.

DIVERSION - Tome 2Des histoires addictives. Découvrez maintenant