Chapitre 26 : Le convoi

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___________Auguste

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Auguste

Endormie et bercée par de doux rêves, Hanna ressemble davantage à un ange qu'à une personne réelle. Je pense avoir passé la plus belle nuit de ma vie. Entre étreintes et complicité, je n'ai jamais ressenti de telles émotions, et je me demande sans cesse ce que j'ai bien pu faire pour le mériter. En réalité, je sais que je ne le mérite pas. Pour une fois, la chance a tourné, même si elle ne risque pas de perdurer.

Un frappement à la porte m'extirpe de mes pensées, et je réprime un grognement de frustration. Je me lève et enfile mon pantalon de la veille avec toute la discrétion possible pour ne pas réveiller Hanna. J'entrouvre la porte légèrement, dissimulant derrière moi le lit où elle se trouve, mais suffisamment pour apercevoir Ezra. Les cheveux encore humides et des vêtements propres sur le dos, mon frère semble s'être réveillé aux aurores. Toutefois, je ne lis aucune fatigue sur ses traits impeccables qui me rappellent le côté obsessionnel de sa jeunesse, aussi présent aujourd'hui. Il était toujours tiré à quatre épingles, et veillait à ce que ses mains soient récurées à la perfection, surtout lorsqu'elles ont commencé à être couvertes de sang.

Ses yeux me détaillent de haut en bas, le cours de ses réflexions ne m'échappe pas, il faudrait être aveugle pour ne pas comprendre ce qu'il s'est passé. Lorsqu'il penche la tête sur le côté, je referme un peu plus la porte, laissant juste un mince espace entre le chambranle et le bois verni d'un blanc écru. Je me racle la gorge pour attirer son attention.

— Tu as eu ce que tu voulais, alors ? insinue-t-il.

— Je vais faire comme si je n'avais pas compris, et ignorer tes conneries.

— Le convoi arrivera en Albanie en fin d'après-midi. Il faut partir maintenant si on veut y être à temps. Je comptais demander à Irina qu'elle nous laisse des Pisteurs à notre disposition.

Tiens, donc.

Irina ? Se séparer de ses précieux Pisteurs ? Voilà qui est peu habituelle, surtout depuis qu'elle se tape le plus haut gradé, celui qui la suit comme son ombre.

— Non, un attroupement de Pisteurs attirera trop l'attention. Il faut qu'on reste discrets.

— À nous deux, on n'y arrivera pas seuls. Ce n'est pas un simple camion, c'est un fourgon blindé, escorté de plusieurs voitures pleines de Transporteurs surentraînés.

Il n'a pas tort. Cela revient néanmoins à choisir entre la peste et le choléra. Ezra recule dans le couloir, et j'en profite pour sortir complètement de la chambre et fermer la porte derrière moi.

— Je verrai avec Irina pour les Pisteurs.

— Tu as vu comment elle m'a regardé, maugrée-t-il, soudain. Elle ne voudra jamais.

— Tu n'es pas responsable de la mort d'Ivan, Ez. Arrête de te torturer. Elle sait qu'on t'a piégé.

— Elle sait beaucoup trop de choses. Je pensais qu'Ivan avait détruit tout ce qui me concernait.

DIVERSION - Tome 2Des histoires addictives. Découvrez maintenant