Chapitre 65

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Je gémis de douleur après avoir touché ma marque infectée.

Je suis devant le miroir, prenant bien soin de cacher ma marque par mon pull.

J'ai mal. Partout.

« Je ne te blesserai jamais, je te le promets. »

Alors pourquoi tout ça ? Pourquoi me maltraiter ainsi ?

Et surtout, pourquoi avoir dit « désolé » si c'est pour recommencer juste après ?

Je... Je ne comprends pas.

Et ça me détruit. Car j'ai l'impression qu'il ne fait ça que pour son propre plaisir. Comme s'il aimait me faire mal.

Comme s'il m'en voulait de quelque chose.

Je ferme les yeux pour calmer ma respiration.

Il ne faut pas que je pense à lui.

Tout va bien.

Trop affaiblie par le manque de nourriture, les blessures récurrentes ainsi que le lien, je m'affale sur le sol, dos au mur en face du lavabo.

Je suis dans un état piteux.

-Luna ?

Je sursaute à l'entente de cette voix. Cette voix, que je n'ai pas entendu depuis plus d'une semaine. Cette voix, de l'homme qui me regarde en cet instant avec un air alarmé.

Et lorsque mes yeux entrent en contact avec les siens alors que je n'ai pas le temps de réagir, il se fige.

Qu'est-ce qu'il fait là ? Comment a-t-il pu ouvrir la porte qui était pourtant fermée à double tour, et sans que j'entende ?

Mes paupières sont lourdes et j'ai du mal à soutenir son regard.

Je baisse donc les yeux en demandant avec une voix faible :

-Qu...Qu'est-ce que tu fais là, Brandon ?

Il ne répond pas, et reste planté là sans savoir quoi faire.

-Luna ? dit-il après plusieurs secondes.

Je lève une dernière fois mon regard fatigué sur le jeune Bêta.

-Tu ne devrais pas... être ici, Brandon...

Mes muscles se relâchent constamment mais je lutte pour les garder tendus pour ne pas que je m'écroule.

Le monde autour de moi paraît vaciller alors que ma tête retombe sur le mur.

-Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Pourquoi est-ce que tu dors ici ?

J'essaie de formuler une réponse adéquate mais je me remets à tousser.

Non non non. Il ne faut pas qu'il voit.

J'attrape un mouchoir pour tousser dedans. J'essaie de le cacher instantanément, mais il est imbibé.

De sang.

Partout, même dans ma main.

Putain putain putain. Je le dissimule derrière moi, alors que le jeune Bêta continue de m'interpeller.

-Luna, répète-t-il alors que ses mots me brûlent. Luna.

Il faut qu'il arrête.

-Luna.

Des larmes se forment autour de mes yeux.

Je ne mérite pas d'être appelée comme ça. Je ne suis pas destinée à être Luna.

Il se tait pendant plusieurs secondes, l'air inquiet, puis lance en se retournant :

-Je vais appeler l'Alpha.

MALGRÉ MOIOù les histoires vivent. Découvrez maintenant