Chapitre 67

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Je vois ses prunelles brunes dans lesquelles je me perds instantanément. Le reflet qui y plane n'est autre que le sentiment profond qui l'anime. Un sentiment inconnu, indescriptible, unique.

Un sentiment dangereux. Un sentiment étranger.

Un sentiment que je ne devrais plus connaître, mais qui, pourtant, inlassablement, s'accroche désespérement grâce à la force qui naît de l'espoir.

Car j'y crois. Oui, j'y crois. Encore et toujours. Malgré ce qu'il m'a fait. Mon esprit me demande de le croire. Mon cerveau me demande de m'accrocher désespérément à ce brin d'espoir qui apparaît à la simple vue de l'homme devant moi.

Je sais qu'il ne faut pas. Je sais que je m'aventure dans un terrain glissant.

À peine consciente d'être au bord d'une falaise, je souhaite avancer.

Avancer vers ce qui semble être la source de ma joie, la source d'une potentielle vie heureuse.

Alors que la vérité est cachée au pied de la falaise. La vérité est une chute mortelle. Car lorsque j'en prends conscience le coup est si fort qu'il me percute dans le cœur.

Mais cette vérité me blesse tant, qu'inconsciemment je souhaite que le mensonge soit la vérité. Je souhaite qu'au lieu d'une falaise, il y ait une plaine dans laquelle je puisse avancer à l'infini.

Alors je lève mon pied, me retrouvant sur le seuil entre le mensonge et la vérité. Entre la vie et la mort.

Je ne veux pas me réveiller de ce rêve. Je ne veux pas sortir de ce mensonge. Je souhaite rester dans ce paradis pourtant éphémère.

Mais fuir la vérité n'est pas quelque chose d'acceptable. Fuir comme je l'ai fait n'est pas envisageable.

Je ne suis pas lâche. Je ne suis pas faible.

Alors je recule. Me confrontant inéluctablement à la vérité qui me frappe de plein fouet.

Mais je sais que ma décision est la bonne.

Alors mon regard se détourne et croise celui du Bêta. Bêta qui m'a toujours soutenu, malgré les circonstances. Dès le début, il a fait tout son possible pour que je me sente mieux. Et je lui doit tout.

Ses yeux revêtant un air compatissant et désolé dardent sur moi un regard si profond qu'il me permet d'avoir la force de résister.

Alors je résiste. Même si ça me fait mal. Même si je souffre.

Et si fermer les yeux devant mon âme-sœur se révèle être immensément douloureux, je subis. Je subis comme j'ai tant subis. Mais cette fois-ci, c'est de mon plein gré. Cette fois-ci, ce n'est pas malgré moi. Cette fois-ci, c'est mon choix.

Alors lorsque mes paupières se referment, me coupant brutalement du monde extérieur, mon cœur me brûle comme de l'acide. J'aimerais les rouvrir. J'aimerai revoir le visage de mon âme-sœur.

Mais je ne le fais pas. Pour moi. Pour lui. Pour nous.

Je tente tant bien que mal de me concentrer sur mon inconscient. Les barrages accédant à ma magie se brisent à mon passage, me rapprochant peu à peu d'une source puissante que je ne peux pas forcément contrôler.

Je fouille dans mon esprit jusqu'à trouver cette petite boule qui ne demande qu'à être frôlée pour éclater.

Alors je l'effleure. Et je sens un bien infini m'envahir.

Lorsque je rouvre les yeux, je sens le regard consterné de l'Alpha sur moi.

Mais lorsque la magie contenue en moi depuis des semaines peut enfin exploser, elle le fait.

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⏰ Dernière mise à jour : Jul 26, 2025 ⏰

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