PDV de Maria
Je ne sais pas quand est-ce que nous ne sommes endormis, ni pourquoi nous sommes dans cette position, mais j'ai l'impression que mon cerveau est constamment sens dessus dessous à cause de mon ancien surveillant, ce qui peut, ma foi, devenir perturbant à force.
Je suis allongée sur le canapé, Justin est juste derrière moi, son bras entourant fermement ma taille, m'empêchant de me dégager.
J'ai affreusement envie d'aller aux toilettes.
Je dois bouger, mais je n'en ai pas envie. Son corps ferme contre le mien me fait rougir de bon matin. Mais, cette position ne me déplait pas du tout.
Malheureusement, ma nature humaine me rappelle à la réalité. J'aurais honteusement aimé rester contre lui, me prélasser contre lui. Toutefois, j'essaie de me dégager de lui. Il ressert sa prise, enserre ma taille encore plus.
J'essaie d'ignorer le frisson qui me parcourt et les sensations qui envahissent mon ventre. Son toucher contre mon ventre dénudé à cause de mon t-shirt qui a remonté pendant la nuit ne fait que monter une certaine chaleur que je ne parviens plus à refouler, contrôler, ignorer.
J'essaie de me dégager à nouveau, mais, cette fois-ci, il me laisse partir, non sans grogner. Je saisis cette chance et court littéralement jusqu'aux toilettes, ce qui le fait bien rire, apparemment, puisque je l'entends pouffer.
Lorsque je reviens, il est maintenant debout devant le frigo, en train de sortir des yaourts pour préparer le petit déjeuner. Comme si c'était naturelle, comme si j'avais parfaitement l'habitude d'être ici, je viens à côté de lui pour sortir quelques œufs afin de faire des œufs aux plats.
Comme si c'était une habitude d'être là, avec lui.
Il baisse la tête vers moi et me sourit avant de s'écarter pour fermer le frigo. Il doit sûrement penser comme moi. Il doit être surpris du fait que je sois si à l'aise, pourtant il ne dit rien.
C'est drôle cette façon que nous avons de nous comprendre sans même avoir à prononcer quoi que ce soit.
Je me demande ce qu'il cache. Il doit certainement avoir des secrets, lui-aussi.
Nous préparons donc le petit déjeuner en silence, puis, mangeons comme un vieux couple devant la télévision sur le canapé.
Je pense que je pourrais m'y habituer à cette vie paisible.
Tranquillement, lorsque je termine, je pars prendre une douche après l'avoir aidé à ranger notre bazar. La douche est petite, mais fonctionnelle. Contrairement au reste de la maison, on sent qu'elle a été remise au gout du jour. Elle parait plus moderne, moins défraichie, en comparaison aux autres pièces.
Malgré l'état de cette maison, je m'y sens beaucoup plus confortable que je ne pourrais l'admettre. Je ne sais pas si c'est parce que je me suis faite à l'humidité pesante de ma cellule ou si c'est parce que tout est mieux que ma maison d'enfance.
Je sais que matériellement parlant, je n'ai jamais eu à me plaindre. Notre maison était grande, bien trop grande pour quatre personnes. Ma chambre était spacieuse, si bien que ça ne m'a jamais dérangé de m'y terrer toute la journée.
L'eau chaude coule sur ma peau froide me provoquant un soupir. Il y avait rarement de l'eau chaude en prison. Au fil des années, je m'y suis habituée. Les douches froides ne me dérangeaient plus. Néanmoins, j'avais oublié la sensation des jets d'eau brûlant sur moi, ces moments où je pouvais passer des heures sous la douche, à me perdre dans mes pensées, sans me soucier de ce qui pourrait se passer ensuite.
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Red Code
RomanceDans une société qui a été rongée par la criminalité, chaque personne, à ses 16 ans, doit désormais passer un test prédisant si elle va commettre un crime, ou non. Si le test est positif, alors, la personne sera directement enfermée avant même qu'el...
