Lorsque Yelena, la belle-mère de Justin me surveillait, je n'avais jamais imaginé qu'un jour, je m'enfuirai. Elle ne m'avait jamais fait ressentir le besoin de m'en aller. Cela ne veut pas dire que je l'appréciais. Bien au contraire. Je ne l'aimais pas, mais elle ne m'a jamais forcément provoqué assez de colère pour me permettre de m'imaginer un avenir bien meilleur que la mort.
Je ne l'aimais pas, mais j'avais l'impression qu'elle ne faisait que son travail. Au début, elle me rappelait constamment le fait que j'allais mourir et qu'elle prendra énormément de plaisir à m'exécuter avec son arme de service.
Puis, au fur et à mesure, ses chignons bien plaqués et ses vêtements bleus-nuit bien repassés paraissaient de moins en moins rigides au fil du temps. Lorsque je me réveillais le matin, je voyais toujours exactement la même Yelena, bien stricte et toujours parfaitement bien propre sur elle. Je pense qu'elle voulait surtout que j'ai peur d'elle, mais ça ne fonctionnait pas. Je n'avais jamais eu peur d'elle. Pas même les fois où elle me frappait en me rappelant que c'était à cause des ordres qu'elle recevait.
Au fil du temps, j'avais pris l'habitude de cette routine où j'étais surveillée, où quasiment les seules fois où je peux sortir, c'était pour aller aux toilettes, constamment accompagnée d'elle. Mais, je sentais que Yelena devenait également prisonnière de cette routine. Petit à petit, les seules différences qu'il y avait entre elle et moi, c'est qu'elle était payée pour faire ce qu'elle faisait.
Peut-être qu'elle ne me haïssait pas. Peut-être qu'elle m'avait acceptée. Donc, elle ne me donnait pas envie de m'en aller.
Je n'avais plus de rêve. Je n'avais même jamais pensé à m'en aller.
Mais, étrangement, depuis que Justin est arrivé, je ne pensais quasiment qu'à ça.
M'en aller.
Est-ce normal ?
En est-il pour quelque chose ?
Me cache-t-il quelque chose ?
Est-ce une bonne idée de m'enfuir avec lui ?
— Maria.
Sa voix grave me chatouille les oreilles, me sortant de ma rêverie qui commençait à divaguer vers des questions qui ne devraient même pas se poser.
Du moins, je l'espère.
Non, c'est impossible. Mon cerveau bien trop stupide a été enfermé trop longtemps. C'est normal d'hésiter.
Je lève la tête vers lui et je suis accueillie par un visage qui parait presque inquiet.
— Tu vas bien ? Me demande-t-il d'un ton innocent. Tu devrais dormir, on va avoir une longue nuit, me prévient-il.
Je ne suis pas forcément fatiguée, mais, sachant très bien ce qui nous attend, je me force à m'allonger sur ce lit pour, je l'espère, une toute dernière nuit, et ferme les yeux, bien que le sommeil ne me parvienne pas immédiatement.
***
Du rouge, du noir, de la fumée, encore et encore. Accueillante, brulante, horrifiante, satisfaisante. Elle m'accueille, m'enlace. Je tombe, je me noie au milieu de cette foule de personne qui pleure. Mais, au milieu, un visage se distingue.
Ce visage se démarque car c'est le seul avec un sourire éclatant au milieu de cette foule de personnes incarnant la tristesse.
Les autres deviennent flous. Je me concentre seulement sur cette personne qui se trouve maintenant à quelques mètres.
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Red Code
RomanceDans une société qui a été rongée par la criminalité, chaque personne, à ses 16 ans, doit désormais passer un test prédisant si elle va commettre un crime, ou non. Si le test est positif, alors, la personne sera directement enfermée avant même qu'el...
