CHAPITRE 42

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PDV de Maria

Je descends des escaliers et j'évite son regard qui me brûle la peau et qui me donne l'impression de n'avoir aucun vêtement sur moi. Lorsque j'arrive enfin à sa hauteur et que je suis enfin prête à rencontrer son regard, je ne peux m'empêcher de remarquer son intensité. Une intensité étouffante, mais, addictive. Qui me donne envie d'y plonger, de m'y noyer, même d'y mourir. Mourir de cette manière ne me paraitrait pas dérangeante. Je crois même que je ne le remarquerai pas.

Je le vois, dans son regard, cette sorte d'admiration et d'appréciation sans limites. Pourtant, cette pointe de haine n'a pas l'air de l'avoir quitté. Il est troublé. Il est troublé autant que je ne le suis. Et d'un autre côté, cela me rassure. Cela me conforte dans l'idée que je ne sois pas la seule à vivre toutes ses émotions contradictoires à son égard.

Lorsqu'il me prend mon sac et me frôle la main au passage, une décharge électrique remonte tout le long de mon bras. Alors qu'une partie de moi me déteste pour ressentir autant pour un simple frôlement, mon corps, lui, reste tendu, suspendu à ce simple contact, espérant qu'il revienne et qu'il recommence, comme une drogue qui me pousse à en vouloir plus et toujours plus.

Un simple frôlement.

J'essaie de me rassurer et d'expliquer ses sensations par mes 5 années d'enfermements. Mais, pourtant, ce n'était pas la première fois qu'il me touchait. Alors, je ne comprends pas à quel point un simple touché, peut me perturber à ce point.

Il me guide en dehors de la maison, sa main posée dans le bas de mon dos. J'embrase. Sa chaleur se propage même à travers les couches de vêtements que je porte. Je ravale ma salive et secoue légèrement la tête, avec l'espoir que cela m'aidera à me reconcentrer.

Garée devant la maison, se trouve une petite voiture grise.

— C'était ma voiture avant que je ne devienne soldat. Je suis partie la récupérer... Ce sera plus pratique.

J'acquiesce alors qu'il m'ouvre la portière du siège passager avant. Je m'assieds puis, il vient à son tour, côté conducteur. Ensuite, il démarre toujours sans rien ne me dire concernant notre destination.

— Tu peux me dire où on va ? Je demande enfin.

Il tourne rapidement la tête vers moi avant de se racler la gorge.

— On va prendre un hôtel. C'est plus prudent.

— Pourquoi est-ce que ce serait plus prudent ? Justement, ce serait bizarre, les gens vont peut-être me reconnaitre. Tu es sûr que c'est une bonne idée ?

Il soupire et passe sa main dans ses cheveux.

— Mais, c'est toujours mieux que de vivre dans une maison abandonnée. C'est la maison abandonnée, la plus suspecte justement. Certaines personnes vont remarquer du mouvement dans la maison et se poser des questions. Alors que les hôtels, généralement, sont discrets et les personnels sont censés garder secret l'identité des personnes s'y trouvant.

Il n'a pas tort non plus. Pourtant, je ne cesse de me demander s'il n'y a pas une autre raison à ce changement soudain de location. J'hésite quelques instants avant de me lancer.

— Qui était la personne qui t'a appelé ? j'ai plutôt l'impression que ce changement est lié à l'appel que tu as eu.

Il tourne à nouveau son visage vers moi pendant quelques instants pour finalement se reconcentrer sur la route. Le silence rempli l'habitacle. Il ne répondra pas, c'est évident. La déception m'envahit, alors pour masquer ma colère, j'observe les trottoirs qui commencent peu à peu à être bondés de monde sortant de leur travail.

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