PDV de Justin
Après être allé chercher le nécessaire au supermarché, je reviens dans mon humble demeure qui ne me rappelle que des souvenirs horribles.
C'était vraiment étrange de retourner au supermarché après tant de mois, comme si j'étais une personne totalement normale. J'aurais aimé emmener Maria avec moi, qu'elle puisse avoir une impression de normalité comme ce que j'ai eu, se rendre réellement compte que tout est fini, elle est libre maintenant.
Elle n'est plus le Red Code.
Mais, je savais très bien que l'emmener au supermarché n'aurait pas été très prudent de ma part. Je ne savais pas encore si sa tête et possiblement la mienne étaient placardées sur tous les murs.
Toutefois, lorsque je suis arrivé au supermarché, tout semblait normal, la caissière m'a même souri et a été polie, ce qui est une première. Je ne m'en plains pas, de bon matin, ça fait du bien.
J'étais rentré à la maison, pressé de retrouver Maria, lorsque je prends connaissance du message que le journaliste à la voix presque robotique nous fait part, d'un air grave, effrayé.
C'est là que je me rends compte que cette fuite prend une tout autre allure.
La guerre civile.
Bien évidemment qu'il a des photos de Maria. C'est donc par choix, qu'il ne la montre pas. Je ne parviens pas à savoir si son choix premier était de provoquer une guerre civile sans précédent ou, s'il y a une tout autre raison derrière.
C'est une bonne chose pour Maria qui n'a pas besoin de cacher son apparence, mais, pour le système, c'est une très mauvaise chose. La majorité de la population serait prête à sacrifier à peu près tout pour l'argent, et là, il y a de l'argent à la clé.
Maria se tourne vers moi lorsque je fais part de mes réflexions. Elle parait à la fois effrayée et énervée.
- Je ne resterai pas cachée, ici.
Biensûr qu'elle ne restera pas cachée ici.
- Je n'ai jamais souhaité que tu restes cachée, Maria, pas même une seconde.
Elle acquiesce, signe que nous sommes d'accord sur ce point-là, bien que son inquiétude ne semble pas avoir quitté son visage.
- Quel est ton objectif, si tu ne souhaites pas rester ici. ? Je pose alors la question qui me brûle les lèvres depuis le jour où j'ai compris qu'elle souhaitait s'enfuir.
Elle me regarde avec ses yeux de biches, m'étudie, mais, ne me répond pas. Aucun son ne sort.
Sa bouche s'ouvre et, l'espoir me gagne. Je me dis qu'elle me fait assez confiance pour me partager son plan, mais, les secondes passent et sa voix douce n'interrompt pas ce journaliste qui ne cesse de parler. C'est à ce moment-là, alors que l'annonce sur le red code passe à nouveau, que je réalise qu'elle ne me fait pas confiance. Pas autant que je ne l'aurais cru. Une sensation étrange m'envahit. J'ai l'impression qu'une chaleur amère s'empare de ma poitrine.
J'osais espérer qu'elle voyait en moi une personne sur laquelle elle pouvait compter, sur qui elle pouvait avoir confiance, mais, j'avais tort. En même temps, c'est ridicule. Pour qui est-ce que je me suis cru ? J'étais son surveillant de prison, celui qui la menaçait à longueur de journée. Je suis son surveillant qui l'a embrassé. Je suis son surveillant qui l'a aidée à s'enfuir.
Mais, je suis avant tout son surveillant. peut-être qu'à ses yeux, je resterai son surveillant. Je représente probablement même un danger pour elle.
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Red Code
RomanceDans une société qui a été rongée par la criminalité, chaque personne, à ses 16 ans, doit désormais passer un test prédisant si elle va commettre un crime, ou non. Si le test est positif, alors, la personne sera directement enfermée avant même qu'el...
