Nous sommes rentrés chez lui, une tension énigmatique et étouffante pesant encore dans l'air. Je ne parviens pas à savoir sur quel pied danser. Je ne sais pas si je devrais le fuir pour de bon ou si je devrais rester.
Mais, pour l'instant, je suis là. Je me suis enfuie avec lui et un peu grâce à lui, alors il n'y aucune raison de le fuir, à présent. Du moins, je l'espère.
J'ai posé mon sac de sport sur le comptoir de la cuisine et, Justin se place à côté de moi.
- Tu es revenue chez toi, donc, constate-t-il.
J'acquiesce en ouvrant le sac.
- Tu n'as croisé personne ?
Je secoue la tête. Je me mets à penser à ce Laurent Recks. J'aimerais lui en parler, mais, pour une raison que j'ignore, mes lèvres restent scellées. Peut-être que je psychote juste trop. Certainement qu'il s'agit juste de quelqu'un qui a le même nom de famille. Ou sinon, il s'agit bien d'une personne issue de la même famille que Justin.
- Tu sais qu'en tant que soldat, on reçoit aussi un entrainement pour repérer les gens qui mentent ?
Même si je ne lui parle pas de ce chauffeur de taxi, qui, de manière évidente, me troublent bien plus que je ne l'aurai voulu, je me demande si je devrais lui parler du fait qu'il m'ait reconnu et même demandée où j'étais passée.
Même si je ne suis toujours pas allée sur internet, cela me prouve que les spéculations ne se sont pas calmées. Malgré tout ce temps, les personnes restent curieuses au sujet de mon absence. Je sais que Justin va me réprimander en me disant que ç'aurait pu être dangereux, et il a raison. Les personnes ne peuvent que soupçonner cette absence curieuse. Surtout maintenant qu'il y a cette offre d'argent.
- Bien évidemment qu'on t'a reconnue. Mon Dieu, Maria ! souffle-t-il.
Il marque une pause avant de plonger son regard troublé dans le mien.
- Si à l'avenir, l'envie de sortir sans moi te reprend, s'il te plait, prends une arme.
Je m'apprête à lui dire que j'ai pris un couteau, mais, il me devance.
- Et une vraie arme, pas juste un couteau ridicule. Si possible, prends les deux. Le couteau et un pistolet.
Le ton condescendant qu'il adopte me fait rire alors que je me mets à sortir quelques vêtements que je portais à l'époque. Il se met à rire avec moi quelques secondes après malgré qu'il continue à me dire "ce n'est pas drôle, Maria".
Il m'aide à sortir les vêtements que j'ai remmenés, tandis que je mets dans la poche du jogging, le petit sac où j'avais soigneusement placé mon argent, à l'époque. Je sors l'ordinateur ainsi que le chargeur et m'empresse de la brancher pour qu'il charge.
C'est à ce moment-là que Justin reçoit un appel. Je le vois sortir son téléphone de la poche de son jean, froncer les sourcils en voyant le numéro, puis tout même répondre par un simple "Allo", d'un ton un peu curieux, presque inquiet.
De là où je suis, je ne parviens pas à entendre la voix de son interlocuteur. Je ne parviens même pas à distinguer s'il s'agit d'une femme pu d'un homme. La seule chose que je distingue est l'expression de Justin qui parait s'effondrer. Il ne dit rien, il se contente d'écouter, même si les mots de la personne semblent l'atteindre.
Au bout de quelques secondes, il prononce enfin un simple "Bouge-pas", avant de raccrocher. Il remet son téléphone dans sa poche, comme si de rien n'était, comme s'il avait enfin remis son masque de soldat que rien ni personne ne peut atteindre.
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Red Code
Roman d'amourDans une société qui a été rongée par la criminalité, chaque personne, à ses 16 ans, doit désormais passer un test prédisant si elle va commettre un crime, ou non. Si le test est positif, alors, la personne sera directement enfermée avant même qu'el...
