CHAPITRE 14

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PDV de Maria

Lorsque je me réveille, je me tourne immédiatement vers Justin qui s'est assoupi sur sa chaise. Il parait si paisible avec sa bouche entrouverte.

Je l'observe comme ça, pendant, je ne sais combien de temps. Il parait tellement inoffensif si on en oublie son mètre quatre-vingt-dix et ses bras qui sont évidemment bien plus gros que ce que la majeure partie des personnes ont.

Mes yeux divaguent vers le bandage que je lui aie fait la veille et je ne peux m'empêcher, malgré moi, de repenser à la scène de la veille. Je ne sais pas si c'est parce qu'un homme ne m'a jamais réellement approché, mais, je me suis réellement sentie perturbée. J'étais vraiment et, je suis toujours mitigée entre l'envie de m'approcher encore plus et m'écarter, l'envie de lui jeter tous les bouts pointus des miroirs que je casse et l'envie de sentir sa main sur la mienne encore une fois.

— Tu comptes baver pendant longtemps, chérie ?

Je sursaute en entendant sa voix encore rauque. J'ose accrocher mon regard au sien qui parait étrangement amusé. Je ne sais pas si je préférais les moments où il me menaçait chaque seconde, qu'il allait me tuer ou, ou quand il se fout de moi, lui, son regard et son sourire parfait, dès qu'il me voit.

Je ne réponds rien. À la place, je fais quelque chose qui est très immature, je l'avoue... Je me tourne de l'autre côté afin de faire face au mur et de ne plus le voir. Puis, il fait une chose absolument étrange, du moins, très étrange pour lui, pour cet humain robot.

Il rit. Il produit un son qui devrait être interdit d'être aussi mélodieux.

Il rit.

Je n'avais pas entendu quelqu'un rire depuis plusieurs années. J'avais oublié ce que cela faisait.

C'est possible, pour les fous furieux comme lui, de rigoler ?

Intérieurement, je bouillonne encore plus. De gêne et de colère bien évidemment.

Je l'entends se lever de sa chaise pour venir s'approcher de moi. Pitié, faites qu'il ne me touche pas.

Il s'arrête de rigoler pendant quelques minutes et, étant donné que je n'entends plus rien, je m'imagine qui est parti, qu'il a décidé de me laisser tranquille et qu'il fait autre chose à présent alors, je tourne légèrement la tête et, non, je n'aurai jamais dû faire ça. Il est là à m'observer avec un sourire en coin, mais, beaucoup trop proches de moi.

Cette fois-ci, je me retourne doucement et essaie de ne pas paraitre gênée.

Pourquoi est-ce que j'ai osé l'observer ?

Lentement, je sens une douce pression sur mon bras et je me dis que je dois rêver, que ce n'est pas possible, qu'il n'est pas vraiment en train de me toucher encore une fois. Mais, il faut que je me rende à l'évidence, sa main touche mon bras et ça me perturbe énormément.

Puis, je manque de sursauter lorsque je sens son souffle chaud et mentholé s'abattre comme une douce caresse, au creux de mon cou. Un frisson gênant parcours toutes les cellules de mon corps et je prie pour qu'il ne remarque pas. Je prie également pour qu'il n'entende pas mon cœur battre de plus en plus vite. Je me dis que c'est peau être une tachycardie et que ce n'est pas complètement à cause de lui, mais, il faut que je me rende à l'évidence, c'est bien lui, la cause de tout cela.

— Pourquoi tu te caches comme ça, hein ? chuchote-t-il d'une voix grave, toujours aussi proche de mes oreilles.

Je ne réponds rien. Je le supplie intérieurement de s'écarter car, je n'arrive pas à supporter sa présence. Il est trop proche, beaucoup trop proche.

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