CHAPITRE 20

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PDV de Maria

La nourriture de Justin est la seule nourriture que j'ai avalée aujourd'hui. Ils ne m'ont tout simplement rien donné.

Je ne pensais absolument qu'il allait me prêter sa nourriture après la provocation que j'ai tentée. Honnêtement, je savais très bien que ça n'allait pas fonctionner. Justin parait sacrément maître de lui-même, ce qui est, bien évidemment, essentiel, dans son métier.

Disons juste que j'ai fait ça par ennui...

J'ai allumé la télé pendant que lui continue de lire je ne sais quoi sur son téléphone et ses réactions ne cessent de m'amuser. Même si j'essaie de me concentrer sur ce documentaire incompréhensible, mon cerveau et mon corps sont ailleurs. Je ne cesse de repenser à la sensation que j'avais ressentie lorsque j'étais sur ses genoux. Les picotements qui ont envahi l'entièreté de mes cellules et sa chaleur corporelle me font encore tourner la tête.

Oui, disons que j'avais fait ça par ennui et je repense à ça par ennui...

N'empêche que j'avais presque réussi à lui prendre les clés qui étaient dans sa poche, même si je savais pertinemment que je n'allais jamais réussir à les lui prendre. Puis, même si j'avais réussi, qu'est-ce que j'aurai pu faire ? Je n'aurais certainement pas pu passer la porte et m'enfuir de cette prison toute seule sans qu'on ne me rattrape en moins de deux minutes.

Je suis enfermée derrière des portes blindées comme si j'étais une torche humaine capable de tout brûler sur son passage. Mais, je ne suis pas sans espoir. Je réussirai à sortir d'ici. Vivante...ou morte.

Le lendemain, je me réveille à cause d'une odeur de pain grillé. Par terre, juste à côté du lit, se trouve un plateau repas où se trouve le type de nourriture que j'aimais manger au petit déjeuner avant, à savoir deux tranches de pain grillé, de la confiture, du jus d'orange. Il y a même des raisins et des myrtilles.

Je me demande d'abord pourquoi le plateau est là, devant moi, et pas plutôt devant Justin, mais, je suis surprise de voir qu'il a déjà un plateau sur ses genoux et, qu'il est lui-même, en train de manger une banane.

Je reste figée pendant quelques secondes, cherchant une raison valable à ce changement de comportement de la part des personnes qui me gardent. En 4 ans et 8 mois, je n'ai jamais reçu ne serait-ce qu'un seul petit déjeuner.

— Qu'est-ce que c'est ? Je demande de ma voix encore rocailleuse.

Justin fronce d'abord les sourcils en terminant son verre de café avant d'enfin me répondre :

— Bah, c'est un petit déjeuner, m'informe-t-il en haussant les épaules comme s'il s'agissait d'une évidence.

Je lève les yeux au ciel, avant de me redresser du mieux que je peux sur mon lit alors qu'une douleur intense se manifeste dans mon crâne.

— Non, mais, je sais très bien qu'il s'agit d'un petit déjeuner. La question est plutôt pourquoi j'ai droit à un petit déjeuner, je demande à nouveau.

— Je ne sais pas. On m'a juste dit qu'à présent, ils vont te nourrir trois fois par jour.

Il pose son plateau par terre puisqu'il a tout fini avant de me lancer.

— Dépêche-toi de manger. Toi et moi, on sort.

Comment ça, on sort ?

Intriguée, je mange ce que je peux, n'ayant pas réellement faim vu que je ne suis plus habituée à prendre de petit déjeuner.

— Mange un peu plus, Maria, m'encourage Justin.

Je prends une grande inspiration et entame ma deuxième tartine. Je suis vraiment heureuse d'avoir droit à petit déjeuner en réalité. C'est seulement que mon estomac n'a pas l'air d'être du même avis.

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