Je m'appelle Khalek, et j'ai toujours été l'un des résidents de Dillermo. J'y suis né, j'y ai grandi, et j'y mourrai sans doute. Dillermo, c'est une sorte d'immense cuve, bien entourée par de grands rochers, nous permettant de nous terrer dans cet endroit, devenu le seul lieu de vie n'étant pas encore tombé dans un état totalement sauvage, à notre connaissance. Selon les quelques anciens qui vivaient encore parmi nous, lors de la chute de la civilisation, quelques hommes et femmes s'étaient réunis, et avaient longuement exploré les environs, avant de trouver cette terre d'accueil, devenu le seul espoir pour l'humanité. Je vouais une immense passion pour toutes ces histoires qui m'entouraient, presque mystiquement, autour de la seule maison que j'avais jamais connue jusque là. Et, lorsque j'arrivais à l'aube de mes 21 ans, alors que je n'étais plus qu'à quelques semaines d'enfin sceller mon destin, je n'étais animé que par une seule et unique envie : celle d'en savoir toujours plus sur mon environnement, et comment celui ci avait pris forme.
A Dillermo, être né en mai était une veine incroyable, puisque tous les ans, c'est précisément durant ce mois que la << Cérémonie des Fonctions >> avait lieu. Celle ci ne concernait que ceux qui entraient dans l'année de leurs 21 ans. Etre né en juin équivalait donc à attendre onze très longs mois avant d'être fixé sur son sort. Me concernant, après avoir fêté mon anniversaire, je savais qu'il ne me faudrait attendre que 4 jours pour enfin sortir de ma condition, et découvrir mon rôle dans la société de Dillermo.
Des possibilités, il y en avait plusieurs. Je pouvais tout aussi bien me retrouver ouvrier, où les durs labeurs quotidiennes m'auraient usé les mains, le dos et les genoux, bien avant d'être vieux, tout en récoltant toute l'admiration de mes pairs. Ou encore référant, prêt à porter sur mes frêles épaules toute une nation qui croirait en moi.
Mais les extrêmes ne m'intéressaient guère. Je ne voulais pas non plus être choisi pour devenir un sacrifié. Ceux là avaient la pire place de la société à mon sens. Chaque année, durant la cérémonie, trois d'entre nous étaient désignés pour le devenir. Si, durant l'année, personne ne dérogeait aux règles, ils étaient les trois seuls à le devenir. Il fallait donc veiller à rester dans les rangs, pour ne pas finir dans un sombre destin.
Les désignés devaient ainsi partir vers ce que l'on appelait l'usine. Un terme employé sans réelle raison, puisque personne ne savait exactement ce qu'il s'y passait. Mais croyez moi, si l'on en savait assez peu sur ce lieu, nous avions tous conscience qu'y aller, c'était être un peu maudit. Et ce même si étrangement, personne ne savait exactement ce qu'il se passait là bas. Les sacrifiés ne revenaient jamais, ils étaient donc dans l'incapacité la plus totale de nous faire le récit de cet endroit plein de mystères. Que ce soit une chance d'en faire partie ne nous effleurait pas vraiment, car qui pourrait trouver du bonheur à quitter pour toujours les siens, et les seules terres qu'il a connues ? Et moi, de toute façon, je me nourrissais d'aspirations bien plus fortes. Je ne voulais pas du prestige d'un référant, pas plus que du respect du peuple pour être un bon ouvrier. Non ! Moi, depuis l'enfance, je rêvais d'être un rapporteur, et pour cause.
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DILLERMO
Science Fiction"Dillermo, c'est une sorte d'immense cuve, bien entourée par de grands rochers, nous permettant de nous terrer dans cet endroit, devenu le seul lieu de vie n'étant pas encore tombé dans un état totalement sauvage, à notre connaissance." Dillermo est...