Je me réveillai dans le même lit que Rajan, entourée de ses bras. J'avais chaud, et je me sentais à l'aise dans son corps musclé. Sa tête était toute proche de la mienne, et je le regardai dormir. C'était un moment parfait. Ses yeux s'ouvrirent et il me fit un bisou sur le front après m'avoir longuement regardé.
Il se retourna ensuite et se leva pour sortir du lit.
"Reste encore un peu", dis-je en lui tenant le bras
Un énorme sourire s'afficha sur son visage et il se remit sous le drap. Il me serra contre lui puis il commença à mordiller mes lèvres. Je fis de même et nous commencions à nous embrasser tendrement pendant plusieurs secondes.
Lorsqu'il m'embrassait, c'était toujours la même chose : mes problèmes semblaient tous s'envoler. Il n'y avait plus de passé, il y avait juste l'instant présent. Je regardais ses yeux verts, qui faisaient de même, et caressai sa joue et ses lèvres.
Nous étions ensuite sortis du lit. J'avais pris ma douche et il m'avait accompagnée faire des courses pour avoir de quoi manger. Cependant, son téléphone ne cessait de sonner et cela m'inquiétais beaucoup. Je lui avais demandé qui c'était et il avait tenté de me rassurer sans répondre clairement à ma question.
Trois semaines étaient passées. J'avais l'impression que j'aimais de plus en plus Rajan et j'étais sûre qu'il ressentait la même chose pour moi.
C'était le soir. Nous étions sur le balcon, allongés sur des transats en observant la mer et les étoiles. Le temps s'était rafraichit mais il faisait encore chaud.
"Tu sais comment je suis devenu el loco ?", dit-il soudainement
Je me tournai vers lui. J'étais étonnée car c'était assez rare que Rajan me raconte sa vie. Je répondis, attentive :
"Dis-moi.
- J'ai arrêté l'école à douze ans. Comme je te l'ai déjà dit ma mère est morte un an avant, à mes onze ans. 'Y avait un gars qui me voyait traîner dans la rue, et un jour il m'a demandé si j'étais intéressé par "l'argent facile". Ce gars, c'était l'intermédiaire du mec qui donnait les contrats. Je savais pas trop dans quoi je m'embarquais alors j'ai simplement dit oui. Il m'a tout de suite emmené dans une grande maison, avec pleins d'hommes qui fumaient, qui snifaient de la coke et qui discutaient à l'intérieur. Il y avait aussi des jeunes de mon âge ou juste un peu plus âgés.
- Qui vendaient de la drogue ?
- Pire. C'était des tueurs à gage. Le patron s'appelait Sebastian, c'est donc lui qui donnait les contrats pour tuer les personnes qu'il souhaitait faire mourir. Peu à peu, même si tu vas trouver ça bizarre, il est devenu comme mon père. J'ai jamais su pourquoi il me traitait comme ça, mais il me protégeait, il m'aimait beaucoup et me parlait souvent de la vie, me donnaient des conseils, ou m'apprenait des techniques au foot."
Un petit sourire apparu sur son visage.
"Bref donc on m'a rapidement donné du boulot. Sebastian m'avait appris à manier une arme et m'avait ordonné de tuer un homme pour que je fasse mes preuves. C'est horrible mais tout le monde était passé par là. Si tu le faisais pas, t'étais même pas accepté dans le groupe, et on te traitait comme une merde ensuite."
Il se leva et revint avec un joint qu'il était en train de rouler.
"Jette ça Rajan", dis-je d'un ton dur
Il m'ignora. Je trouvais ça tellement insupportable !
"A chaque fois qu'il y avait des règlements de compte et qu'il devait aller ailleurs, soit Sebastian m'emmenait avec lui pour que je sois en sécurité, soit il me confiait à un gars, et ce gars, c'était Fredy. Il avait déjà la vingtaine à cette époque et d'ailleurs, rit-il, je le détestais. Les années sont passées, j'avais dix-huit ans, et là Sebastian est mort d'une balle perdue. Je m'étais tellement attaché à lui que j'ai pété un câble. J'ai commencé à devenir fou et à tuer n'importe quel homme qui me manquait de respect. Et comme j'étais comme son fils, les gens me respectaient. Et puis j'avais des idées pour nous faire encore plus d'argent à chaque fois. Alors c'est pour ça que je suis devenu un grand dealer à cet âge.
- Mais... les gens se sont jamais rebellés contre toi ?
- Si, deux fois."
Il leva son tee-shirt et me montra le côté droit du bas de son ventre.
"Regarde. Cette cicatrice là, c'est une balle que je me suis pris quand des gars on essayé de me tuer."
Je restais stupéfaite. Il restai si fort mentalement avec toutes ces épreuves endurées.
"Et Fredy m'a souvent protégé d'ailleurs. Maintenant je le considère comme ma famille.
- ...C'est fini maintenant, dis-je pour essayer de le réconforter
- Non. C'est pas fini."
Je le regardai l'air curieuse. J'avais peur de comprendre, pourtant, je savais très bien ce qu'il voulait dire.
"Rajan je ne veux pas y retourner.
- Reste si tu veux mais moi je peux pas les abandonner comme un lâche. J'ai fait une grosse connerie en allant ici."
Je sentais mon visage se décomposer et mon expression changer.
"T'es pas sérieux là ?!"
Il souffla doucement la fumée de sa bouche.
"Et jette cette merde !", m'énervai-je en parlant du joint
Il me regarda. Je détestais ces moments là : quand il me regardait et qu'il ne répondait rien.
"Réponds ! A cause de toi j'avais l'espoir que ma vie change et que-
- Adrianna. Arrête. Je fais pas ça pour te faire chier je fais ça parce que moi je peux pas rester ici. Mais toi reste.
- Toute seule ?!"
La colère s'emparait de moi.
"Tu me prends pour une conne ou quoi ? Je vais discuter avec les voisins pour m'occuper ?!
- C'est bon arrête de crier tu vas me souler.
- Je m'en fout !", criai-je hors de moi
Je partis me réfugier dans ma chambre en m'allongeant sur le lit. Pourquoi est-ce que j'étais tombée amoureuse de lui ?! Je ne pouvais pas aimer quelqu'un de plus sérieux ?! Sans problèmes ?! Pourquoi fallait-il que je cherche la complication ?!
J'entendis des pas qui s'approchaient du lit.
Rajan s'accroupit en face de moi.
"He Adrianna-
- J'aurais voulu ne jamais te connaître", dis-je durement
Je regrettai aussitôt mes paroles. Son expression me gêna. C'était un mélange de tristesse et de colère.
Il sortit d'un pas déterminé et je le suivis aussitôt.
"Qu'est-ce que tu fais ?!", dis-je en me sentant fautive
A vrai dire je savais parfaitement ce qu'il faisait, mais je ne voulais pas y croire. Il avait sorti un grand sac de sport et mettait ses affaires dedans. Il faisait des allé-retour de la chambre au salon, et je ne cessais de le suivre.
"Je voulais pas Rajan, je te jure que j'ai dit ça sous le coup de l'énervement.
- C'est bon ferme-la."
Je me sentis blessée d'un coup. Je le fixai, je cherchais son regard et lui évitait le mien. Mon coeur était comme déchiré et je sentais que c'était définitivement fini. Je touchai son bras mais il fit un geste brusque pour l'enlever.
Il pliait à la va-vite ses vêtements et ne se préoccupait plus de moi. J'étais allée trop loin. J'étais tellement heureuse avec lui que j'étais juste déçue que tout ça soit gâché aussi vite, alors je m'étais énervée. Malheureusement, aucun mot ne sortait de ma bouche pour lui expliquer cela.
Une fois sa valise finie, il claqua la porte, et ce fut l'un des pires moments de ma vie.
Je m'assis sur une chaise et posa ma tête dans mes mains.
Qu'est-ce que j'avais fait ?
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Colombianos
AçãoElle savait que la Colombie était un pays dangereux. Elle y vivait depuis toute petite mais jamais elle n'avait été en contact avec les trafics de drogue et les violences. Mais peu à peu, elle allait devenir comme les délinquants qui l'entouraient.
