Chapitre 2

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       Je m'attendais à me faire rembarrer ou à ce qu'il me claque la porte au nez. Mais à ma plus grande surprise il me dit juste:

- " J'ai besoin de parler."

Je resta quelques secondes interdites devant sa chambre. J'avais le cœur qui battais à tous rompre. Je pénétra dans la pièce éclairé juste par la lampe de chevet, je le rejoins sur son lit et je l'observe. Il ne me regarde pas, il fixe ses mains jointes. Peut être veut-il parler le premier ? Je ne sais pas si je lance un sujet au hasard ? Ou si je rentre direct dans le vif du sujet ? Je préfère le rassurer en parlant la première.

- "Je vais te confier un truc sur moi que je n'ai pas dit à beaucoup de gens. Quand j'étais au collège et que j'avais à peut prêt le même âge que toi, je n'avais pas beaucoup d'ami(e)s, d'ailleurs je n'en avais aucun. J'étais une fille marginale, je n'aimais pas les mêmes choses que les filles de ma classe. J'écoutais de la musique classique, je jouais encore aux Barbies et je ne regardais que des films Disney. Je ne vais pas dire que je me prenais des remarques direct mais je savais que tous le monde parlais dans mon dos. Personnes ne me parlaient aux récréations, personnes ne voilaient se mettre avec moi  durant les travaux de groupes... Personnes ne voulaient manger avec moi." 

Je marque un silence, j'ai les larmes aux yeux, cela fait longtemps que je n'avais pas pensé à ça. C'est comme si la souffrance n'étais jamais partie. 

- "Et comment tu es passé au travers de tous ça? Me demanda-t-il. 

- Je vais pas te mentir ça à pas étais facile, je me suis refermée sur moi. Je me suis transformée en garçon manqué pour passer encore plus inaperçue, mais bon mauvaise idée, les filles sont devenue encore plus méchante avec moi. Et ça a duré jusqu'au lycée. Je me suis réfugiée dans la lecture et pour que personnes ne me fasse de remarque je lisais dans les toilettes."

Je le regarde dans les yeux et je le vois qui pleure lui aussi. Je le prend dans mes bras, le serre le plus fort que je le peut et lui murmure :

- " Ce n'est pas facile tous les jours, et ça te donne l'impression que tu ne vaux pas la peine de vivre si personnes ne t'aime. Mais en réalité , il y a des choses plus belles et plus intéressantes en dehors du collège et je vais te dire la clef de mon "succès". L'indifférence est l'arme la plus forte contre ces petits cons."

Il renifle dans mon T-shirt et le mouille de son chagrin. Je passe ma main dans ses cheveux comme je voudrais qu'on me le fasse quand je ne vais pas bien. Et bizarrement je reprend les mêmes geste que lorsque j'endors Camille. Je le sent se calmer contre moi. Nous restons quelques minutes l'un contre l'autre. Il fini par se séparer de moi. S'essuie les yeux, qui sont rougie par le chagrin. 

- " A l'école je n'ai pas d'amis, personne ne veux me parler. Et je ne sais pas vraiment pourquoi. Quand on est arrivé ici, ils se sont mis à me prendre comme cible et je n'ai jamais put m'intégrer. J'ai essayé de faire les choses différemment mais je crois que ça ne vas jamais vraiment changer.

- J'aimerais te dire qu'il y a une recette magique face à ce problème, et j'aimerais te dire que je vais intervenir mais ça ne fait que envenimer les choses, je voudrais te dire que serai une vrai aide pour toi mais...

- Tu m'aide déjà tu sais. Tu es la première a avoir vus que je n'allais pas bien. Et tu es la première à voir que c'est à cause de l'école."  Me coupe-t-il. 

Nous sommes interrompus par une clef qui tourne dans la serrure. Je regarde Matthieu et commence à paniquer, sa mère ne rentre pas ce soir elle à un voyage d'affaire, je passe la nuit avec eux. Mais lui semble bien plus heureux que paniqué, il saute de son lit et cours vers la porte d'entrée. Je reste quelques secondes sur le lit à écouter ce qui se passe dans l'entrée. Une voix masculine s'élève dans la maison accompagné de celle de Matthieu. 

Qui ça peut être? Le père des enfants? Non je ne crois pas qu'il soit prévue au programme, Madame Berges me l'aurais dit. J'entend Matthieu dire qu'il y a la babysitteur qui est la. Mais qui ça peut être, il vont finir par réveiller Camille. Je me lève d'un bond bien décidé à leur dire de baissé le ton. Lorsque j'arrive au salon je vois un jeune homme d'a peut prêt mon âge. 

- " Voilà je te présente Ophélia. Et Je te présente mon frère Gabriel.  Dit Matthieu tous souriant. 

- " Lut' "

Ce fut les seuls mots qu'il daignas me dire. Je le regarda et haussa un sourcil. 

- " Attention au bruit pour Camille, Matthieu ne traîne pas trop tard s'il te plait." 

Je leur lança un dernier regard et me dirigeas vers le garage chercher mon sac de cours que j'avais laissé avec mon vélo. Une fois devant mon vélo, j'agrippa la selle et le guidon et je laissa cours à mes émotions. J'avais ravivé des choses auxquels je n'avais plus pensé depuis des années. La douleur étais encore là, comme si j'avais encore 13 ans. Je voulais aider Matthieu, qu'il ne souffre pas comme moi, qu'il ne perde pas son sang froid des qu'il entend parler de harcèlement, qu'il s'aime et que rien ne le fasse douter dans la vie. 

Au même moment, la porte du garage s'ouvrit sur Gabriel qui rentrait sa moto. Il me regarda de haut en bas et il ne dit pas un mot. Je commença a paniquer,  je ne voulais pas qu'on me prenne pour une faible qui pleure pour un rien. Alors je me retourna et essuya mes larmes, attrapa mon sac et me dirigea au salon pour y travailler mes cours. En ayant vérifier avant  que Camille dormais toujours et que Matthieu étais couché et sur le point d'éteindre la lumière.


*INFO*:

Voilà le deuxième chapitre. Hésitez pas à voter ou commenter. 

Bisous et bonne lecture. 


Gabriel.Où les histoires vivent. Découvrez maintenant