Chapitre 22 : Menteur

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       Mes paupières étaient lourdes. Mon crâne pulsait du martèlement de mon cœur. Chaque battement se répercutait contre les parois de ma boîte crânienne. Je grimaçais et secouais doucement la tête. Une migraine puissante m'empêchait de me concentrer. Le front plissé, je tentais de porter ma main à ma tempe. 

Mon mouvement fut arrêté net. Comme dans un sursaut, j'ouvris les yeux. La première chose qui me sauta au visage fut l'obscurité de la pièce. Tout était sordidement sombre. Seules des diodes rouges délimitaient l'espace et baignaient l'atmosphère d'une teinte artificielle malsaine. La seconde fut les épaisses chaines entourant mes poignets. Leur métal sombre tranchait crûment sur ma peau pâle. Je tournais péniblement le cou pour tenter d'apercevoir leur ancrage. Les liens de métal me maintenait les bras levés juste au dessus de la tête. Je pouvais déjà sentir la pression de mes membres rappelaient vers le sol. Elle pesait contre les étaux entourant mes poignets.

Je pinçais les lèvres en tentant de rassembler mes derniers souvenirs. Tout me semblait si confus. Et la migraine n'arrangeait rien. Pas plus que le coup que j'avais reçu.

J'hoquetais à ce souvenir. Avant que l'air ne se bloque dans mes poumons. Une sensation de froid ne tarda pas à recouvrir ma peau. Je peinais à retrouver mon souffle. Ma cage thoracique se soulevait difficilement. Le givre semblait s'étendre plus profondément sous mon épiderme. Il glissait ses griffes dans mes failles et enserrait avec force chacun des organes qu'il pouvait atteindre. J'haletais, tentais de tousser pour me défaire de la sensation de geler de l'intérieur.

Je n'entendis pas les pas approcher dans le couloir. Tout comme je perçus à peine l'ouverture de la porte. Le froid paraissait avoir engourdi chacun de mes sens. Il m'avait enfermé dans une prison plus terrifiante que ma cellule. 

Jusqu'à ce qu'il se manifeste.

- Enfin réveillée, DN-0196.

Un frison désagréable naquit du plus profond de mes entrailles et remonta le long de ma colonne vertébrale. Une angoisse aiguë me prit à la gorge. L'emploi de mon matricule m'écorcha la peau. Je déglutis lentement en tournant la tête vers lui. Mon pire cauchemar se tenait à quelques pas de moi. 

- Mais peut-être devrais-je t'appeler différemment maintenant. 

Je pinçais les lèvres et luttais pour ne pas détourner le regard. Le Seigneur de Chevalier de Ren me dominait de son ombre écrasante. Agenouillée, je devais lever la tête pour apercevoir son masque. Je me forçais à le fixer malgré ses reflets aux teintes sanglantes. 

- Faites comme vous voulez.

J'espérais que ma voix soit forte et indifférente. Mais même à mes oreilles, elle paraissait fluette. Kylo Ren fit quelques pas, sans me regarder. Son masque s'était détourné vers un mur à l'aspect étrangement miroitant. 

- Pour cela, il faudrait déjà que je connaisse ton véritable nom.

Je pinçais les lèvres alors que mes pensées filaient à vive allure. Malgré moi, un soulagement intense me submergea et calma ma peur. Savoir qu'il ne savait pas tout me redonnait un peu d'assurance. Qu'il ne connaisse pas mon nom me réconfortait étrangement. Ce sentiment me réchauffait la poitrine et me redonnait un peu de force. Je relevais les yeux avec défi.

- Ce pourrait-il que le Seigneur Ren ignore encore un détail si insignifiant?

Je n'avais pas besoin de voir son visage pour connaitre sa colère lorsqu'il se tourna vers moi. Sa rage était aussi perceptible que des nuages sur un ciel bleu. Elle faisait presque crépiter l'air autour de lui.

Avant que je le réalise, je manquais d'air. Ma trachée était écrasée par un étau invisible. Je luttais pour reprendre mon souffle tandis que mes poumons vides se comprimaient. Mon cœur se mit à battre follement. Ses pulsations m'étourdirent.

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