J'ai continué à ralentir mon rythme et me suis finalement arrêté. C'était l'aube dans un village de campagne où même les bus ne circulaient pas fréquemment. Tout le village était recouvert d'une neige lumineuse qui était tombée cette nuit. Les arbres étaient recroquevillés comme de massives bêtes blanches et répandaient de la neige à chaque fois que le vent soufflait. Je savais sans regarder en arrière que j'étais le seul qui laissait des empreintes de pas à travers le champ de neige dans le village. Mes deux pieds étaient depuis longtemps trempés par les semelles craquelées de mes baskets. J'ai entendu une fois dire que Dieu nous rend seuls pour nous conduire à Lui.* Mais je n'étais pas seul. Je ne suivais pas le chemin qui menait à moi. C'était une retraite. Je me fuyais moi-même. *Demian de Hermann Hesse
Ma famille est arrivée dans ce village l'automne dernier. La quantité d'affaires que nous amenions avec nous continuait de se faire de plus en plus petite à chaque fois que nous déménagions pour une nouvelle ville. Désormais nous n'avions plus besoin que d'un petit fourgon de livraison pour nous déplacer. Nous n'étions pas en mesure d'être pointilleux quant à l'endroit où nous vivions. Il n'y avait que deux conditions. L'une était un hôpital pour papa et l'autre était un employeur qui était disposé à embaucher quelqu'un sans diplôme d'études secondaires.
Ce village avait les deux. Le bus qui circulait deux fois par jour s'arrêtait devant l'hôpital géré par le comté et une série de petits restaurants bordaient le cours d'eau derrière la ville. Ces restaurants vendaient du ragoût et des frites faites à base de petits poissons pêchés dans le ruisseau, et les mois d'été étaient leur haute saison.
Des foules cherchant une excursion au bord de l'eau affluaient des villes proches et la demande de livraisons pour ceux qui restaient au village avec l'aire de repos sur la crête montagneuse était élevée. Pendant l'hiver, lorsque le ruisseau gelait, les restaurants utilisaient du poisson conservé pêché en été. Il n'y avait pas autant de touristes qu'en été, mais les appels pour les livraisons restaient réguliers. J'étais l'un des livreurs de la ville.
Bien sûr, il y avait aussi de la concurrence ici. La plupart des familles vivaient de l'agriculture et, comme on peut le deviner, n'étaient pas très riches. Le service de livraison était le seul emploi à temps partiel disponible pour les garçons en ville. Les propriétaires de restaurants nous ont fait entrer en concurrence les uns avec les autres. "N'est-il pas naturel que j'engage celui qui m'impressionne le plus ?" Pour eux, peu importait que nous soyons mineurs et sans permis de conduire. Les garçons qui avaient déjà été embauchés agissaient de façon très territoriale. Ils n'étaient que quelques-uns, mais ils m'ont menacé de bizutage sévère.
Pendant les vacances, la compétition est devenue plus féroce. Nous avons fait des courses de manière volontaire et compétitive et avons sorti les poubelles pour les propriétaires. Leur connivence n'a fait que nous pousser plus loin. Et pourtant, de façon presque inattendue, nous en sommes venus à développer une sorte de solidarité entre nous. Nous étions rivaux, mais nous avions une sorte de sympathie les uns pour les autres. Si l'un de nous ne se présentait pas, les autres se demandaient ce qui s'était passé. Ils m'ont en outre rappelé le temps que j'ai passé dans cette salle de classe transformée en débarras au lycée. Certains d'entre eux ressemblaient à YoonGi et certains à JiMin. Je ne pouvais pas m'empêcher de me demander. Si mes amis de l'école s'étaient rencontrés ici dans ce village, aurions-nous étés en compétition et aurions-nous essayé de nous surpasser ? Si j'avais rencontré ces livreurs à l'école, serions-nous devenus amis ?
La neige est tombée abondamment lorsque notre concurrence, nos instincts territoriaux et notre étrange sens de la solidarité ont tous atteint leur apogée. Ensuite, la compétition s'est calmée instantanément. Un scooter était indispensable pour effectuer des livraisons au village avec l'aire de repos, mais il était très dangereux de conduire une moto légère le long du sentier montagneux couvert de neige. Le sentier qui menait au village avec l'aire de repos était le raide et sinueux. La livraison à pied n'était pas une option.
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The Notes ~ Traduction fr
General FictionLes fragments de mémoire des sentiments de perte, d'absence, de souffrance et d'insécurité des garçons faisant face à leur destin Serais-je capable de réparer les erreurs ainsi que les fautes et tous nous sauver ? Je n'avais pas saisi la profondeur...
