MADISON
Bon, les deux hommes de ma vie ont le même age mental... Ça promet!
Mathis s'installe à l'arrière, et Taïs prend le volant.
- si tu fais des trucs cools avec la voiture maman va te tuer, l'informe mon loulou.
- je sais, elle m'a déjà menacé... on ira faire les fous sur le circuit de mon oncle Matt et là, tu verras ce que c'est des trucs cools.
- d'accord.
Taïs me prend la main, y pose un bisou tout doux et se concentre sur sa conduite, il y a pas mal de circulation à cette heure là, et nous voilà au parc.
- il te faudra un ballon dans le coffre, décrète mon étoile.
Mais bientôt, il est au milieu de plein d'enfants et joue au foot. L'un d'eux a prêté le sien. Mathis et lui sont une équipe, contre les autres. Et Mathis marque, il marque trois buts avant que le propriétaire du ballon, mauvais perdant, ne stoppe la partie.
- c'est pas du jeu, ton père est trop fort, il te fait que des passes décisives!! j'arrête de jouer.
Les autres joueurs s'éparpillent dans le parc. Mathis a les joues un peu rouges... Il ne regarde plus Taïs. Je devine qu'il a peur de voir que l'appellation 'papa' l'a gonflé.
Moi, je le regarde, il a l'air un peu... déstabilisé mais pas fâché ou opposé à l'idée.
Je soulève mon loulou dans mes bras.
- n'aies pas peur.
- j'ai pas peur.
- ben moi oui. Lance Taïs.
- tu as peur?
- oui, Mathis, j'ai peur que tu aies honte de moi. Que ce qu'il vient de dire, ça te saoule.
Il y a un grand silence, long et assourdissant... puis, Mathis descend de mes bras et vient se placer devant Taïs et ose lever son petit visage sérieux vers lui.
- pareil.
- alors, je crois qu'on devrait décider qu'on s'en fiche de comment les gens m'appelle, décrète mon étoile en s'accroupissant pour être à la même hauteur que mon fils. Parce que ça me saoule pas du tout. Tu es môme super et je suis fier qu'on pense que... je suis ton père, Luke.
Bon, il a pas pu s'empêcher de prendre la voix de Dark Vador pour dire ça, mais bon...
Mathis lui saute dans les bras, Taïs m'attrape et nous faisons câlin, tous les trois en plein milieu du parc.
- si on doit manger au resto, il faut le mériter, en avant pour le parcours de santé. Pas toi, mon pompon rose, tu es encore toute courbatue...
Son regard me dit de préserver mes forces pour cette nuit. Et Mathis rigole de mon surnom.
Je suis bien, assise sur un banc à l'ombre, j'ai mis un écouteur et j'écoute l'enregistrement du live de mon pote Axel...
Les garçons sont partis en petites foulées faire le parcours. Je les aperçois de temps en temps à travers le feuillage... Taïs a une sacré forme physique, les agrès ne sont que des formalités et je le vois aider Mathis à les réussir tous. A ce rythme là, il ne sera bientôt plus ni pale ni freluquet et je trouve ça parfait.
Les revoilà. Mon petit garçon a les joues toutes rouges et un grand sourire. Mon homme a l'air détendu... Nous allons à pied au restaurant italien du coin.
Comme on est bien, à l'ombre de ce grand tilleul, un verre de rosé à la main, en attendant nos pizzas.
Je décide de raconter en gros à Mathis ma journée, mes vacances surprises et le nouveau boulot pour dans quelques mois. Il écoute à moitié, il est focalisé sur son verre de grenadine avec du sucre cristallisé autour... et oui, il n'a que 7 ans... et se régale à léchouiller un verre...
Je le laisse à son 'super bon sucre rose' et me concentre sur Taïs qui me sourit tendrement, je lui raconte ma visite à papa mardi soir. Il a finalement bien supporté les séances de chimio inconscient, sa maladie n'a pas trop évolué, les médecins sont contents. Il était dans le brouillard, pas du tout lucide, je ne crois pas qu'il m'aie reconnue et encore moins Mathis, resté silencieux sur la chaise dans le coin de la pièce, mais il paraît que ça va aller mieux petit à petit... avant de ne plus aller du tout...
Quand, j'en arrive à maman, Mathis ricane qu'elle a du remplir sa chambre de pipi tellement elle doit être en colère de s'être eue toute seule. Pas faux.
En fait, comme j'explique à Taïs, elle ne les embête pas, ils la droguent. Il me demande ce que ça donne financièrement, et j'annonce la bonne nouvelle. Ils lui prennent toute sa retraite d'office comme ils en ont légalement le droit, elle a droit à l'aide de la région et de la ville et du coup, je n'ai rien à rajouter. C'est inespéré. Il y a des EPAHD plus coûteux mais là, elle a eu de la place dans un des moins chers... 'tant pis pour elle' chantonne mon fils.
- je ne suis pas un méchant garçon, explique t il à Taïs mais elle a toujours été tellement méchante avec maman, je trouve que c'est bien fait pour elle.
- et moi, je ne l'ai vu qu'une fois et j'en ai entendu des vertes et des pas mures sur vous deux alors je suis d'accord avec toi, mon mini pote!
- sur nous deux?
- oui, j'ai cru que tu étais handicapé quand elle a parlé de toi, figures toi, tellement c'était gentil ce qu'elle bavait.
Là, je flippe, Taïs n'aurait pas du lui dire ça! Mais, comme toujours, Mathis me scotche. Il ne voit que le positif!
- tu as cru que j'étais handicapé et tu as quand même voulu te fiancer avec maman et t'occuper de moi???
- bah oui, répond tranquillement ce type fabuleux, il y a plein de personnes un peu différentes qui sont géniales, tu n'es pas d'accord?
- en fait si...
Il dévisage mon étoile comme si une divinité venait de descendre du ciel rien que pour lui et je crois bien que moi aussi!!!
Les pizzas arrivent, une énorme pour notre ogre glouton et une que, Mathis et moi, nous nous partageons.
Naturellement, entre deux bouchées de Regina, mon loulou commence à nous raconter sa journée de petit garçon, sans malaise... Taïs est accepté...
Nous discutons tous les trois comme... une famille...
Ce mot famille me ramène à mon père... mon étoile accepte d'aller avec moi le voir demain après midi puisque nous avons du temps libre. Mathis propose même de rester à la garderie jusqu'au bout si on a besoin de temps avec papy. C'est non, j'ai du temps ce qui n'est jamais arrivé, alors, je vais utiliser chaque minute pour profiter de lui. Il n'ira plus à la cantine ni à la garderie tant que je pourrai le faire.
Il a l'air de craindre la réaction de Taïs mais il valide d'un sourire. Et ajoute que nous passerons toutes les fins d'après midi au parc avant de demander si un certain gnome n'aimerait pas apprendre à faire du skate... et provoquer une crise de joie bruyante qui fait rigoler les autres convives!!
Le mois de juin se passe ainsi...
Taïs et moi, nous n'avons aucun effort à faire... ça roule tout seul. Il a décrété que je devais faire la grasse mat, donc, c'est lui qui dépose Mathis à l'école en VTT. Nous avons investi dans trois supers vélos. Et le soir, nous allons tous les deux le chercher avant d'aller soit au parc soit en ballade... Taïs est impossible à laisser enfermé, et nous y prenons goût. Le matin, quand Mathis est à l'école, il a accepté avec joie de me prendre avec lui, tous les jours, pour son footing... Enfin... soyons honnête, il fait un quart de son footing avec moi près de lui, il est gentil, il se met à mon rythme et puis, il me laisse sur mon banc et enchaîne en mode bombardier! Ensuite, nous rentrons nous doucher et ressortons petit déjeuner sur le cour Mirabeau...
Fin juin, Mathis a changé, il est bronzé et plus... enfin, moins gringalet...
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Pouvoir y croire
RomanceElle, elle mène sa vie du mieux qu'elle peut mais c'est une sacrée bagarre. Lui, il a des parents supers, une vie de rêve, il publie des vidéos sur You Tube , gagne bien sa vie et s'éclate. Une nuit il va rêver d'une rouquine...
