Chapitre 81 MADISON

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MADISON


Il est adorable mon loupiot!!


Taïs a insisté un peu après m'avoir demandé d'un regard si je le sentais.

- parce que pour toi, mon mini pote, tu n'as pas à t'inquiéter, aucune raison... je ne serai pas moins ton papa à toi où à Océane qu'à ce bébé... ce n'est pas... l'histoire de la petite graine de moi ou d'un autre qui va changer nos relations...

- je le sais, papa, je le sais vraiment, j'ai vu ta façon de t'occuper de moi et de prendre soin de ma petite sœur... je le sais que tu nous aimes vraiment, toi non plus, tu n'as pas besoin de t'inquiéter....

Voila, on est une famille.

On n'a rien fichu d'autre que se câliner et tacher de nous reposer depuis notre arrivée, il y a trois jours... oh merde, on est Samedi, ce soir, on reçoit Lola et Sacha.

On n'est pas sorti, on vit sur nos réserves au congel et sur les médoc que l'infirmière nous amène, on n'a aucune énergie... Ça doit être le contre coup, c'est chouette et très doux les contrecoups en famille.

Je respire un grand coup et trouve un traiteur sur internet. Taïs insiste, je rappelle aussi la copine de Debbie pour un grand coup de ménage et de lessive. Il ne veut pas que je fatigue mon dos qui se remet doucement.

Et puis, il nous embarque pour la balade au bord de la mer préconisée par le psy.

A présent que nous sommes au calme, notre bébé est traumatisée par le bruit des vagues... Elle a de bonnes raisons la pauvre. Elle hurle et se débat autant que ses petites forces le lui permettent dès qu'elle détecte le moindre ressac.

Nous avons remarqué que Taïs est un bon rempart contre sa peur, alors, on doit se promener tous les quatre une fois par jour, en longeant la mer, Océane blottie le plus possible contre le corps rassurant de son papa. L'idée, c'est qu'elle apprenne à associer le bruit des vagues à un moment doux et agréable, et non plus, à un enfer qui tue les tiens...

à notre retour, l'heure a beaucoup tourné. Le traiteur arrive et remplit mon frigo. Taïs et Mathis filent avec notre poisson en chocolat pour la toilette. C'est devenu un rituel. Mathis prend son bain pendant que Taïs ou moi, on lave Océane dans sa petite baignoire.

Le portail sonne. Je suis contente, la table est mise, le bibi est prêt, je dépose les plateaux pour l'apéritif au salon et vais au devant de nos invités.

Lola a une mine exaspérée, et Sacha se marre.

- bonjour!

- salut beauté, fait il en mimant une tempête dans le dos de sa femme. Alors, ton dos va mieux?

Lola me fait la bise et avance vers la maison à fond.

- Taïs?? Oh, si il est gravement blessé et que ce satané Ben ne m'a rien dit, je l'étrangle!!

- il va bien, sa jambe démise va de mieux en mieux, j'essaye de la rassurer, tout à l'heure il a pu marcher sans béquille le long de la mer...

- et Mathis ? Demande Sacha.

- il va bien, ses migraines sont passées... on fera une radio de contrôle la semaine prochaine pour savoir si il peut reprendre l'école ou pas encore.

- Taïs?

Bon, Lola ne lâchera rien avoir d'avoir vu son fils en chair et en os. Il répond depuis la salle de bain de notre chambre qu'il galère avec les chaussettes et arrive. Mathis, lui, s'amène à fond et leur saute dans les bras juste quand Lola grommelle: 'tu vois, il a du mal à mettre ses chaussettes!!'

Mathis et moi, on échange un sourire qui n'échappe pas à Sacha et je conseille à Lola d'aller voir. Mathis pousse son grand père en lui disant 'vas y aussi papy'. Nous, on les suit, ravis de la jolie surprise qui les attend.

- alors, Taïs ? Pourquoi Ben...

Lola s'arrête net. Taïs se tourne vers elle avec un sourire victorieux. Il tient Océane qui a pour le moment ses deux chaussettes!

Sacha se cale contre le chambranle de la porte avec un grand sourire et attend que Lola revienne à elle.

- salut papa et maman! Fanfaronne mon étoile. Avant d'ajouter: surprise!!

- est ce... comment... mais dis moi...

Mathis s'avance tout fiérot. Taïs lui met la petite précautionneusement dans les bras.

- je vous présente ma petite sœur, Océane, Belle, Lola Malket, elle a trois semaines. Elle est jolie pas vrai?

Sacha constate que sa femme est hors service, alors il se penche, Mathis lui demande si il veut la porter et voilà un papy qui découvre sa petite fille avec bonheur.

- bonjour, Océane, Belle, Lola Malket, ton grand frère a raison, tu es magnifique!

Mais elle n'est pas un bébé très secure, cet inconnu même bienveillant la perturbe. Il comprend et me la passe délicatement.

Taïs décide d'employer les grands moyens, il colle une bonne tape dans le dos de sa mère.

- pardon.

- tu digères, maman?

- tu... vous... vous n'allez pas recueillir tous les malheureux non plus?

Là, moi, je réagis.

- on fonde une famille Lola, pas l'armée du salut. Et je ne permets pas qu'on compare mes enfants, les deux, à des mendiants.

- exactement, si tu n'as que de la merde dans la bouche, la porte est par là. Gronde mon homme stupéfait.

- ils ont raison, intervient Sacha, Lola, être inquiète, ne te donne pas le droit d'être injurieuse. On va te laisser te reprendre. J'ai apporté à boire mais avec vos médocs autant je boirai seul... aller venez, je veux tout savoir.

Dans le salon, Mathis demande pourquoi Mamy n'aime pas sa sœur. Lola arrive et le prend dans ses bras.

- j'ai dit une chose horrible que je ne pensais pas...

- oh si, grogne mon homme.

- non, non, écoute moi, écoutez moi je vous en prie, depuis le tsunami, je me rends malade d'inquiétude et là, j'ai pas su passer de la peur au bonheur. J'ai pas vu ton visage heureux quand tu me l'as présentée, j'ai pas senti que c'était un grand bonheur pour vous trois cette petite fille, je l'ai même pas regardée... Madison, tu as eu raison de me reprendre... pardonnez moi.

- OK, soupire mon homme alors que Mathis hoche la tête.

Ils tournent tous la tête vers moi. Oui OK, c'est bon, on pardonne. Mais le pompon rose bagarreur que je suis à du mal à lâcher mon bébé.

Taïs me sourit, il m'aime en mode bagarre mais je crois que Lola voudrait bien découvrir notre bébé. Et bien, elle attendra.

- alors, comment tout ça est arrivé? Demanda Sacha qui a compris.

Taïs raconte son enfer avec Mathis, leurs blessures, leurs sauveurs en canots, l'hôpital et le retour horrible vers le point où nous avons été séparés. Sacha valide ce repère. Et puis, moi je parle de mon banc au milieu des flots déchaînés, la chance de pouvoir le lâcher pour rejoindre le seul immeuble debout... les pauvres gens emportés, Maria que le courant a envoyée s'écraser contre le mur du bâtiment avec son bébé aux bras.

On passe la vidéo. Comme toujours, la détresse puis la mort de Maria sont pénible à voir...

Puis, Taïs raconte le rôle de Debbie et de nos balises implantées pour une toute autre raison qui nous ont sauvé la vie en permettant à Ben de savoir où envoyer une équipe nous secourir.



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