Chapitre 52 TAÏS

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TAÏS


Comme c'est difficile de la laisser...

Toute ma relation avec Madison est une monumentale et fabuleuse surprise...

Mia, à coté de moi, ne fait pas de commentaire mais constate ma récente transformation affective d'un petit regard en coin. Le taxi démarre, je ne peux pas m'empêcher de me retourner et ce que je vois me glace... Je ne sais pas à quoi je le vois puisqu'elle me tourne le dos, mais je sens qu'elle pleure, qu'elle pleure toutes les larmes de son corps, mon petit pompon rose abandonné.

- arrêtez le taxi s'il vous plaît!

Et je saute sur le trottoir. J'arrive en courant près d'elle, elle se retourne et je constate que j'avais raison... oh merde...

- hey, mon doux tout petit pompon, hey... je t'en prie ne sois pas triste.

Je lui prends le visage dans mes mains... Que puis je faire pour l'apaiser?

- oh Taïs... tu vas finir par être en retard...

- mais tu pleures ma belle chérie...

- je suis juste une andouille... il n'y a pas de raison... c'est que... que je t'aime tellement...

- moi aussi, je t'aime tellement... hein, tu n'as aucune raison de t'inquiéter ou te t'angoisser...

Je la serre fort contre moi puis je cherche son regard et appuie mon front contre le sien.

- je t'aime très fort Mad, on se retrouve lundi en mode touriste, d'accord?

Elle hoche la tête et répond à mon sourire.

- il faut que tu y ailles, mon étoile, tu vas être en retard...

- je t'aime, je t'aime, je t'aime... ne sois pas triste...

- moi aussi, moi aussi, moi aussi... et je sais bien qu'il n'y a pas de raison... mais tu te souviens j'ai un STP à la con...

- on ira peut être voir un doc, non? Il pourrait t'aider...

- si tu veux mais en fait, juste, il me faut... Ça.

Et elle passe ses bras autour de ma taille et se niche contre moi... dans moi, une vague de... doux, de chaud, de.... je sais pas quoi, me... je sais pas dire ce que ça me fait mais c'est si bon....

Il faut que je me sauve, bordel comme c'est difficile, mais cette  merveille m'aide.

- aller file avant d'être tout trempé de larmes... tu m'appelles quand tu as deux minutes?

- oui...

Un dernier baiser... après le dernier... Finalement, nous rions tous les deux de notre incapacité à nous lâcher quand elle me pousse vers le taxi.

Mia ne fait toujours aucun commentaire, juste elle me presse la main, elle sent que c'est difficile.

Il me faut plusieurs minutes à regarder le paysage avant de pouvoir envisager que je vais passer trois jours sans mon pompon... Je sais, je suis gravement atteint mais je n'ai aucune envie de changer quoique soit de ma vie...

- nous avons tous les deux des conjoints traumatisés... réfléchit Mia.

- ... oui...

- et c'est compliqué...

- les choses qui valent le coup méritent qu'on se bagarre pour elles... Madison mérite à 3000% que je prenne soin d'elle.

- Axel s'en est toujours sorti tout seul, je me suis mise dans son monde... mais c'est trop dur... et là, on est malheureux tous les deux...

- je le connais pas trop mais Mad est persuadée qu'il t'aime très fort. Et son guignol... heu Hervé, il aide pas...

- c'est vrai, je suis enragée qu'il m'aie laissée partir sans lever le nez de son pote...

- il faut le laisser mariner un peu et mettre ça à plat... ça et l'appart...

- tu ferais quoi toi à ma place?

- je... c'est difficile, ma petite miette, je crois que j'accepterais la maison que papy et mamy avaient trouvée pour vous, pour avoir un endroit peinard pour attendre mon enfant... on sait toi et moi, que nos parents sont supers mais nous rendent dingues au bout d'une semaine...

Elle se cale contre moi.

- tu crois qu'il va me détester?

- ... non... il paraît qu'il est intelligent et amoureux de toi... ça fait deux bonnes raisons de rectifier le tir...

- Hervé et son passé sont deux raisons de ne pas y arriver... tu as dit que papa allait le virer, mais j'ai pas compris pourquoi...

Et je lui raconte le comportement malsain du guignol... Je suis persuadé que ce gars là, ne veut pas le bonheur de ma cousine ni même celui de son pote... juste maintenir son statut d'assisté permanent. Mais, bien sur, Mia, toute en gentillesse et humanité n'est pas d'accord avec moi.

Quand nous arrivons au garage, Anya et Mia tombent dans les bras l'une de l'autre en pleurant.

Matt lui est fâché, il me demande un compte rendu détaillé de tout ce qui s'est passé là bas. Chaque parole d'Axel le met encore plus en rogne. Il me félicite de lui avoir collé un coup de poing quand il s'en ai pris à Mad et valide sa gifle à elle par un 'c'était pas volé' qui vient du fond du cœur. Je crois qu'il ne faut pas que le gars se pointe ici tout de suite!

Papa et maman arrivent bientôt aux nouvelles. Mon paternel semble, comme Matt, avoir les poings qui le démangent mais maman m'entraîne à l'écart, elle, elle s'inquiète pour ma fiancée restée seule à Aix.

Je lui raconte sa peine pour mon départ... en parler à maman, toute compatissante, me soulage un peu, elle a vu mamy gérer son traumatisme toute sa vie et comprend ce que vit ma chérie.

Un SMS m'informe que mon hélico est là, et Anya s'agite car le médecin ne va pas tarder... J'embrasse tout le monde, souhaite bon courage et bonne santé à ma miette et je pars à pied.

Une part de moi fulmine contre ce Axel mais, d'un autre coté, si on devait venir me prendre ma chérie et m'accuser de lui faire du mal sans que j'en ai eu conscience, je crois que je serais vraiment très malheureux...

Une fois dans l'hélico, je me décide à lui envoyer un SMS.

' Mia est bien arrivée chez ses parents, elle partait voir le docteur quand je l'ai laissée avec sa maman.'

Voila, j'ai fait bref mais il comprendra peut être que je ne suis pas contre lui, juste défenseur inconditionnel de ma cousine.

Un SMS 'merci' arrive en réponse. Il n'a pas fait bref, lui, il fait laconique et ben, démerde toi mon gars.

Oh, un autre arrive. ' j'essayerai de l'appeler plus tard pour avoir des nouvelles... si j'ose... elle a peut être besoin de temps.'

Ma réponse sort toute seule 'elle n'a pas besoin de temps, elle a besoin d'amour, de calme, de repos et d'avoir les siens autour d'elle' et il répond ' tu as raison, je me sens tellement mal' et je laisse tomber parce que je ne sais pas quoi répondre, je ne suis pas psy non plus. Je transfère notre conversation à Mia et l'annonce à son mari par SMS.

Me voilà déjà à l'aéroport, mon jet m'attend avec Debbie dedans. Les tribulations de couple de ma cousine s'effacent pour laisser la place à des plans, des trajectoires, des courants porteurs et l'organisation d'une convention de sports extrêmes...

Je n'aurai finalement pas une minute à moi du week-end, ce projet va être magique. Je ne prends que quelques minutes chaque jour pour appeler Madison, et j'apprends ainsi que maman les a invités Mathis et elle à passer le dimanche avec toute la famille, ils dormiront à la maison et partiront pour Nice de Aups lundi en fin de matinée. Et pas en taxi, s'il vous plaît, papa les accompagnera.

J'espère que le doc n'a rien trouvé de grave à Mia ou le bébé...Si Mad la voit dimanche, elle saura me le dire lundi...




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