Chapitre 13 | Chantage (2)

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Il se stoppe net. Il se tourne doucement vers moi, le regard suspicieux. La scène est digne d'un film hollywoodien. Je déduis dans ses yeux qu'il sait de quoi je parle, alors que moi-même je l'ignorais. Mais sa réaction ne fait que confirmer mes doutes.

—Que sais-tu exactement ? demande-t-il sur la défensive.

—Tu as un maîtresse là-bas. Je me trompe ?

Prononcer ces mots à haute voix me blesse plus que je ne le pensasse. A présent sortis de ma bouche, ils sont réels, alors qu'ils n'étaient que des suppositions deux minutes plus tôt.

Alors que je m'attendais à ce qu'il nie tout en bloc, Lisandro rit. Mais pas d'un rire nerveux. Son rire sonne de manière malsaine, presque diabolique. Il me confirme :

—Bien vu Sherlock. Tu as bon.

Mon cœur implose. Littéralement. Mes battements sont irréguliers. Je ne m'étonnerai même pas de faire une crise cardiaque. Mes yeux pleurent toutes les larmes de mon corps, tandis que mes ongles s'enfoncent dans la paume de mes mains et que tous mes membres se mettent à trembler sous l'effet du coup de poignard que je viens de recevoir.

—Pourquoi ? parviens-je à demander malgré ma gorge serrée.

—Parce qu'honnêtement Cassandra, ce n'est plus pareil entre nous. Tu as ton boulot, j'ai le mien. Nous évoluons dans deux univers totalement différents, nous n'avons plus rien en commun.

—Mais je t'aime !

Bien que je me le sois demandé pas mal de fois ces derniers jours, cette bombe qui vient d'exploser entre nous m'a confirmé que mes sentiments à son égard étaient toujours d'actualité.

Lisandro ne semble pas du même avis et secoue la tête.

—Non Cassandra, tu ne m'aime plus. Tu aimes la sécurité que je t'offre. Tu aimes être avec moi, car je suis ta zone de confort.

Comment peut-il dire de telles atrocités ? Mon cœur, que je pensais déjà anéanti, se comprime encore plus. Mes jambes tremblent tellement que la douleur m'envahit, créant un picotement dans tout mon être. Cette douleur ne m'est pas totalement inconnue, je l'avais connue lorsque j'avais perdu Hugo. Mais cette fois-ci, elle me semble pire, car je partage ma vie avec Lisandro depuis six ans, sans compter nos années lycée.

Je regarde l'anneau qui habille mon annuaire. Cet anneau signifiait tant pour moi, à présent, cette bague ne représente que mensonge et déni.

—Pourquoi avoir demandé ma main dans ce cas-là ?

Comme s'il ne m'avait déjà pas assez blessé, sa réponse m'achève :

—Parce que tu représente la femme idéale. Tu es belle, intelligente et ambitieuse. Ma famille t'adore et pense que tu serais une bonne mère de famille.

Mes larmes inondent mes joues, donnant un goût salé à mes lèvres et mes jambes me lâchent. Mes genoux s'écrasent sur le sol, mais cette douleur est presque agréable comparée à celle que subi mon cœur actuellement.

Alors que je pose les doigts sur ma bague de fiançailles pour la retirer, Lisandro me coupe dans mon élan :

—Si j'étais toi, je ne l'enlèverai pas.

Je lève vers les yeux vers l'homme que je pensais être l'amour de ma vie, mais qui se trouve être finalement le diable en personne. Ce dernier poursuit :

—Ne crois pas que cette mise au point sur notre couple en signe la fin.

—Mais... mais je...

—Tu pensais vraiment que j'allais te laisser partir, retrouver on petit Thomas Ricci.

Mon corps cesse de fonctionner quelques secondes. Lisandro est-il vraiment au courant de la présence de Thomas à New-York ?

Comme si je l'avais prononcée à haute voix, Lisandro rétorque à ma question :

—Oui, je sais qu'il est à New-York et je sais que tu l'as vu. Plus d'une fois.

Comment ? Et pourquoi ne pas l'avoir dit tout de suite ? Est-ce pour cela qu'il est aussi méchant avec moi ?

—Cassandra, si tu me quitte, je me verrai dans l'obligation de tout lui dire...

—De quoi parles-tu ?

Un rire diabolique s'échappe de ses lèvres fendues par un rictus tout aussi machiavélique.

—Oh tu sais très bien à quoi je fais allusion. Rappelle-toi de ce que nous avons fait il y a dix ans. Après ta saint Valentin avec ton cher Thomas.

Lisandro va me faire chanter avec une erreur de parcours que j'ai commise il y a dix années auparavant. Une erreur dont j'ai encore honte aujourd'hui. Une faute qui nous a séparés Thomas et moi pendant dix ans.

—Tu ne peux pas, le supplié-je. Lisandro, s'il te plaît.

—Je vais me gêner, tiens. Tu as compris l'accord ? Tu restes avec moi et tu joues à la femme épanouie et moi, je tiens ma langue.

Je me mords l'intérieur des joues pour ne pas hurler. Je me pensais au plus bas, mais je constate que je n'ai pas fait la moitié de ma descente aux Enfers. Mon karma m'a rattrapée et m'a frappée d'un coup, sans me laisser une chance de me relever. C'est comme si j'étais sur un ring de boxe. Je suis KO, pourtant on continue le combat.

—D'accord, sangloté-je obligée d'accepter malgré moi.

Un nouveau rire malsain se fait entendre de la part de Lisandro, qui s'amuse de la situation :

—C'est marrant comment le schéma du triangle amoureux se répète, non ? Tu en as peut-être assez... Mais rassure-toi, cette fois j'y mets fin.

Je ne réponds pas, trop préoccupée par la douleur dans ma poitrine.

En quittant la cuisine, Lisandro me lance :

—D'ailleurs, j'ai hâte de voir ce que tu as préparé pour le dîner, Princesse.

Alors je me lève et prépare le dîner, comme le ferait sa femme parfaite. Ce nouveau rôle que je n'ai pas demandé. Ce rôle qui va être celui pour le reste de ma vie. Mais surtout le rôle qui va permettre de garder le secret qui pourrait blesser l'homme que j'aime. Le vrai. Celui que j'aime passionnément.

***

Les choses sérieuses commencent...

Salut, ça va ?

📌Vos avis sur le chapitre ?

📌Aviez-vous deviné ce qu'a fait Lisandro ?

📌Quel est le secret de Cassandra avec lequel fait chanter Lisandro ?

📌Que va-t-il se passer ensuite ?

Merci de ne pas oublier de voter et commenter.

xoxo


Les flammes de la passion | 2Des histoires addictives. Découvrez maintenant