Chapitre 3 | Princesse déchue (2)

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Génial. Mon fiancé me laisse seule ce soir, avec mes pensées perturbées. Je comptais sur lui pour me confier et me divertir. Je sens que son absence va empirer les choses pour moi.

Avant qu'il ne lance un nouveau sujet ou ne quitte le salon, je l'interroge :

Combien de temps restes-tu à Tokyo ?

Lisandro regarde dans les airs, comptant mentalement la durée de son séjour, puis m'indique :

Quatre jours, au moins.

Comment ça ?

On ne sait pas ce qui se passera sur place. Cela peut être plus, cela peut être moins. Rien n'est certain en finances.

Je hoche la tête, angoissée à l'idée de passer les quatre prochains jours, seule avec mes troubles.

Lisandro se dirige vers le dressing, afin de préparer sa valise. Quant à moi, je reste au milieu du salon, débattant avec moi-même. En rentrant du travail, j'étais déterminée pour expliquer ce qui s'était déroulé aujourd'hui. Mais maintenant, je ne suis plus aussi sûre. Je suis consciente que je n'ai rien à me reprocher dans cette histoire, mais je crains tout de même que Lisandro s'emporte et qu'il parte à Tokyo en étant en colère contre moi, malgré mon innocence dans cette histoire.

Je rejoins mon compagnon dans le dressing et m'appuie contre l'une des armoires, tout en le regardant préparer ses affaires. Je respire profondément, tout en m'assurant intérieurement que cela va bien aller. Cependant, une boule de stress se forme dans mon estomac et ma respiration s'accélère. Pourquoi cet étrange sentiment de culpabilité s'empare de moi ? Je n'ai absolument rien fait, je n'ai pas à me mettre dans de tels états.

Respire Cassandra, respire.

J'inspire. J'expire. J'inspire. Et je me lance :

Ah tiens Lisandro, tu ne devineras jamais qui est-ce que j'ai croisé au boulot aujourd'hui !

J'essaye d'esquisser un sourire assuré et dénué de culpabilité ou de stress. Mon ton faussement enjoué sonne une mauvaise blague.

Lisandro ne me scrute à peine et devine d'une voix monotone :

Anna Wintour ?

Je ricane et lui fais remarquer :

Si j'avais croisé Anna Wintour, crois-moi je l'aurais crié sur tous les toits. Non, en fait c'était...

C'est bon ! m'ignore Lisandro en fermant sa valise. Je vais me préparer un café avant de partir. J'ai vingt minutes devant moi, avant que le taxi n'arrive.

Lisandro sort de la pièce, avec sa valise et les yeux rivés sur son portable. Il ne m'a même pas écouté. Il n'a même pas cherché à faire semblant de s'intéresser à moi. C'est comme s'il s'avait quelque chose. Était-il au courant ? Sûrement pas, je pense qu'il m'en aurait parlé.

Je décide de le suivre dans la cuisine et reprends mon sujet de conversation :

Donc, je te disais qu'aujourd'hui...

Où est rangé le sucre, s'il te plaît Princesse ?

Je soupire et lui sors son sucre, rangé dans le placard à côté du réfrigérateur, comme d'habitude.

Avant que je ne puisse poursuivre ma phrase, le téléphone de mon fiancé sonne, ce à quoi ce dernier décroche.

J'attends qu'il mette fin à son appel, afin de lui raconter pour Thomas. Plus cette annonce est repoussée, plus je stresse de découvrir sa réaction. Je m'imagine des milliers de fins possibles et la plupart finissent par un claquement de porte.

Lorsque Lisandro raccroche enfin, il boit d'une gorgée son café et m'annonce :

C'était mon patron qui me briefait pour Tokyo.

D'accord, dis-je en souriant. Donc, par rapport à ma journée...

Désolé Princesse, mais je dois y aller, le taxi m'attend en bas.

Je n'ai même pas le temps de souffler, que Lisandro me dépose un rapide baiser sur les lèvres et attrape sa valise, avant de refermer doucement la porte de l'appartement.

Je reste debout, toute seule devant cette porte, me demandant ce qui vient de se passer. C'est étrange, Lisandro n'avait jamais agi comme ça envers moi. Enfin, depuis que nous sommes sérieusement ensemble, pas au lycée. Son « Princesse » n'a pas sonné comme d'habitude. Je veux bien concevoir qu'il a beaucoup de travail et que cela peut le stresser, mais je suis sa fiancée, il doit aussi me prendre en considération dans l'équation de sa vie. Surtout avant un voyage sur un autre continent.

Je ne peux m'empêcher de penser que c'est le retour de Thomas dans ma vie qui dérègle tout ce que j'avais construit depuis dix ans. Je me sentais tranquille et apaisée à New-York, j'avais reconstruit une nouvelle vie. Mais dès qu'il est réapparu dans ma vie, tout mon univers s'est déréglé.

Depuis le début de mes études à New-York, je reviens chaque été à Nice, rendre visite à ma famille. Mais chaque fois que je pose les pieds dans ma ville natale, je me sens oppressée, comme si le poids du passé venait m'écraser de nouveau. C'est pour cela que je n'avais jamais réfléchi à revenir vivre en France. Pour moi, New-York se présentait comme la meilleure alternative : d'une part, je suis tombée amoureuse de cette ville, en y déposant mes valises pour la première fois ; et dans un second temps, New-York se trouve précisément à six mille quatre cent quinze kilomètres de Nice. Ce que je juge suffisant pour prendre mes distances avec mon passé. Mais visiblement, je m'étais trompée et ces six mille kilomètres se sont transformés en quelques mètres.

Au moment où Lisandro a quitté l'appartement, j'ai commencé ressentir ce poids s'écraser sur mes épaules. Je suis seule. Littéralement. En fermant cette porte, Lisandro a laissé sa princesse, seule dans sa tour, sans son diadème.

***

Hello, ça va ?

📌Avez-vous aimé la seconde partie du chapitre ?

📌Lisandro se doute-t-il de quelque chose ?

📌Sinon, comment expliquez-vous son comportement ?

📌Quant à Cassandra, fait-elle le bon choix en voulant dire la vérité sur Thomas ?

📌Quel(s) personnage(s) avez-vous hâte de revoir ?

📌Des pistes pour la suite de l'histoire ?

Merci pour vos votes et commentaires, cela me fait très plaisir ! A bientôt pour la suite de l'histoire !

xoxo

Les flammes de la passion | 2Des histoires addictives. Découvrez maintenant