Chapitre 37 | Pardon (1)

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Je crois que je vais battre le record du monde de course en talons hauts. Je n'ai jamais couru aussi vite de ma vie, même en cours d'éducation sportive. Thomas marche extrêmement vite. Il n'a quitté mon domicile, il y a à peine cinq minutes, pourtant il a déjà atteint la plage, qui se trouve habituellement à dix minutes à pieds.

—Thomas ! l'interpellé-je essoufflée.

Ce dernier ne se retourne guère. Il descend sur le sable, tandis que je poursuis la course, en l'appelant :

—Thomas ! Thomas !

Heureusement, il y a très peu de monde ce soir sur la plage, ce qui peut être expliqué par la finale de la Ligue des Champions, en football, qui a lieu de ce soir.

Je retente une énième fois d'appeler l'élu de mon cœur, tout en tâchant à ne pas m'écraser comme une crêpe, en descendant sur la plage, je le rappelle, en talons hauts :

—Thomas !

Cette fois-ci, il se retourne. A en juger son regard, il semble surpris de me voir ici. Son visage reste cependant assez neutre : il ne paraît pas en colère, ni même enjoué de ma présence. Quant à son langage corporel, il ne me donne aucun indice, afin que je sache sur quel pied danser.

Fatiguée d'être perchée sur des échasses, et surtout me retrouvant dans l'incapacité de faire deux pas dans le sable, je retire mes chaussures à talons et rejoins rapidement Thomas, qui m'attend.

—Que fais-tu ici, Cassandra ?

Il est face à moi, dos à la mer, où le soleil commence à disparaître. Bien qu'il soit à contre-jour, je perçois chaque détail de son visage. Certains traits de celui-ci trahissent sa douleur intérieure. Je n'aurais qu'une chance et il s'agit de ma dernière.

Je prends une profonde inspiration et laisse mon cœur s'exprimer, sans censure :

—Je tiens à te présenter mes excuses les plus sincères, Thomas.

—Pour ? me coupe-t-il semblant vraiment ignorant sur le sujet de mes excuses.

Je le dévisage un dixième de seconde, avant de me râcler la gorge et développer :

—Pour tout ce que je t'ai fait. J'ai agi de manière égoïste en choisissant la simplicité chaque fois. Je pense que j'avais encore peur de mes sentiments à ton égard, car j'étais encore perdue et immature dans ma tête. Mais cette année, j'ai enfin compris : l'amour n'est jamais quelque chose d'acquis et de sécurisant. On doit se battre sans cesse pour l'amour, car c'est comme ça qu'on le fait vivre.

Thomas esquisse un léger sourire, que je parviens à apercevoir et qui me fait plaisir. Il se tourne ensuite, les mains enfouies dans les poches de son jean noir, vers la mer Méditerranée et admire le coucher du soleil.

Il reste silencieux, alors j'en fais de même, tout en l'observant du coin de l'œil. Seul le bruit des vagues couvre le silence de la plage déserte. Ce n'est que deux minutes après, que Thomas décide d'apporter sa voix, à la mélodie des vagues :

—Je te présente aussi mes excuses.

Je retourne ma tête vivement vers lui, surprise de son intervention. Je le fixe, perdue dans l'incompréhension. Thomas, sans quitter la mer des yeux, m'éclaire :

—Parce que tu avais raison à propos d'Estelle, elle n'était pas honnête.

Je pensais sincèrement que cette reconnaissance allait me faire plus plaisir que ça, mais actuellement, je me sens presque mal pour lui.

Thomas avait accordé de nouveau sa confiance, à son premier amour. Il s'attendait à ce qu'elle ait changé. Malheureusement pour lui, les menaces qu'Estelle m'a lancées il y a à peine un quart d'heure, ont prouvé qu'Estelle n'était pas celle que Thomas croyait.

—Tu ne pouvais pas le savoir, dis-je calmement en le regardant.

—Mais j'aurais dû te croire et je ne l'ai pas fait.

J'ignore si je vais regretter ma prochaine réplique, mais elle sort de ma bouche, malgré moi :

—Tu n'avais aucune raison de me croire. Je t'ai blessé et j'ai perdu ta confiance.

Thomas hoche la tête et pose enfin ses yeux sur moi. Je me sens bizarrement intimidée par ce contact visuel, mais en même temps, j'ai l'impression d'être enveloppée dans mon cocon de confort.

Nous restons durant des minutes à simplement nous observer. J'ai enfin l'impression d'avoir retrouvé mon Thomas. Cependant, je sais que je n'ai pas encore gagné, j'ai encore de la route à faire.

Le soleil a totalement disparu derrière la mer et le clair de lune a pris le relais, pour éclairer la plage vide.

***

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Les flammes de la passion | 2Des histoires addictives. Découvrez maintenant