Je raccroche avant d'écouter la fin de la messagerie et annonce à Antonio :
—Répondeur. C'est sûr qu'il a raccroché en voyant mon numéro, il n'y a eu que trois sonneries.
Tandis que mes espoirs s'effondrent, tout comme Cassandra l'optimiste disparaît, Antonio me conseille :
—Vas le retrouver !
—Pardon ?
—Oui, comme dans les comédies romantiques ! Tu accours chez lui, avec un peu de chance il y aura de la pluie, pour l'effet romantique de la scène. Tu sonnes à sa porte et tu l'embrasses. A ce moment-là, le passé n'aura plus aucune importance, car vous vous serez retrouvé !
Antonio joint ses mains pour illustrer son discours et conclut :
—Puis « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants », je ne te fais pas de dessin.
Un clin d'œil coquin de sa part suffit pour effacer temporairement mon pessimisme à propos de la situation, par un fou rire.
—C'est bien beau, rigolé-je, mais je ne sais pas où il habite...
—Ah, ça va poser un problème en effet.
Antonio se gratte le menton et semble réfléchir, sincèrement, à une solution pour y remédier. J'en profite pour le lui demander :
—Juste par curiosité, tu passes combien de temps à regarder les comédies romantiques sur Netflix ?
—Dès que je n'ai pas de boulot ou pas de rendez-vous galant, je suis devant un de ces films, affirme-t-il fièrement. Mais bon, là n'est pas la question, nous devons trouver Thomas !
J'acquiesce d'un mouvement de la tête. Antonio me conseille de réessayer de l'appeler et si cela ne marche pas, espionner ses réseaux sociaux. Pendant ce temps, mon ami va s'occuper d'appeler un gars du service juridique de l'entreprise, qui saurait peut-être où est Thomas. Je tiens à préciser que l'homme à qui va téléphoner Antonio est l'un de ses ex, donc son geste me touche, d'autant plus qu'il ne voulait plus lui adresser la parole depuis la rupture.
De mon côté, cela ne marche pas. Je tombe directement sur la messagerie de Thomas et il est totalement inactif sur ses réseaux sociaux. Alors que je commence à perdre espoir, j'entends la discussion d'Antonio :
—Edward ? Oui, c'est moi. [...] Non, cela n'a aucun rapport, je ne t'ai toujours pas pardonné. [...] Arrête trente secondes ce n'est pas le moment !
Antonio croise mon regard et me fait comprendre que son interlocuteur l'agace profondément. Je le remercie en joignant mes mains. Je ne pense pas que tout le monde aurait pu mettre sa fierté et sa rancœur de côté, pour appeler son ex, afin d'aider une amie. Antonio est réellement un bon ami.
Ce dernier souffle profondément, avant d'élever le ton :
—Edward, arrête ! Il n'est pas question de ce qui s'est passé entre nous. Si nous devons régler ça, on le fera face à face et pas au téléphone. Je t'appelle pour une amie qui a besoin d'aide. [...] Si, tu vas m'aider, il s'agit de Cassandra Perret.
Antonio, d'un regard, m'informe que cet Edward accepte de nous aider. Sûrement ma position dans l'entreprise l'a vite fait changer d'avis.
—Je cherche Thomas Ricci, il travaille aussi au service juridique, tu le connais peut-être. Il est arrivé il y a un mois, je dirai... [...] Oui, il est français.
Ensuite, Antonio ne parle plus trop. Seulement des affirmations monosyllabiques s'échappent de sa bouche. Cela m'inquiète un peu.
Mon ami remercie son interlocuteur et raccroche. Je me retiens pour ne pas lui sauter dessus et le harceler de questions, concernant l'appel. En constatant sa tête, non victorieuse, je conclus :
—Il ne sait pas ?
—Si, si. On sait où il est.
D'un coup, tous mes espoirs reprennent vie. Un immense sourire s'affiche sur mon visage et mon cœur bat d'excitation. Je vais enfin le retrouver.
—Le problème, poursuit Antonio, c'est qu'on va avoir du mal à le rejoindre.
—Comment ça ? m'inquiété-je en perdant toute mon excitation.
Je me mets à imaginer le pire scénario. Et si l'histoire d'Hugo s'était répétée ? Je n'ose pas demander à Antonio si Thomas est en vie, mais à mon teint blâme, mon ami s'empresse de me dire la vérité :
—Il est reparti en France.
—En France ? Mais pourquoi ?
—Apparemment, pour « des raisons personnelles ».
Antonio mime les guillemets avec ses doigts, je pense que ce sont les mots qu'a employés Edward au téléphone.
Alors que je sens tout sentiment positif me quitter, je décide de ne pas me laisser abattre. Au lieu de pleurer, comme je le fais si bien ces derniers temps, je me lève de manière assurée du canapé et attrape mes valises.
—Que fais-tu ? me demande mon ami perdu.
—Je retourne en France.
Antonio affiche un grand sourire et sautille sur place en s'exclamant :
—Oh mon Dieu ! On dirait un film romantique ! Tu vas sauter dans le premier avion et retrouver le véritable amour de ta vie ! Et en France en plus !
Je me laisse bercer par ce beau scénario. Antonio m'accompagne et nous prenons un taxi. Dans la voiture, je passe un coup de fil et de manière dramatique, comme dans les films, j'informe mon interlocuteur :
—Ambre, j'arrive à Paris.
***
Je vous annonce officiellement qu'on en est à la moitié des "Flammes de la passion | 2" !
📌Vos avis ?
📌Que pensez-vous de la décision de Cassandra ?
📌Hâte de retrouver Ambre ?
📌Avez-vous des prédictions pour la suite de l'histoire et surtout sur les événements en France ?
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Les flammes de la passion | 2
RomansaLe temps est censé être le meilleur remède, mais certaines blessures ne peuvent pas être guéries, même dix ans passés à près de six mille kilomètres de distance. Voilà dix années passées depuis ma rencontre avec Thomas et presque autant de temps que...
