Chapitre 23 POV Sirius

821 74 27
                                        

18 juillet 1977

Elle n'est pas mignonne, elle est vulgaire. Collée à Remus comme si elle le connaissait depuis toujours et minaudant sur cet accent. C'est moi qui lui ai appris que cet accent est charmant! C'est grâce à moi qu'il comprend ses lourdes phrases de drague.

Je profite de ce moment où Remus n'est encore qu'à moi. Une fois de plus je me suis réveillé très près, ma main agrippée à son T-shirt et la sienne dans mes cheveux. Je sais que c'est inconscient mais nom d'un Troll, c'est tellement agréable. 

Je ne bouge pas d'un millimètre, repoussant le moment où il se réveillera et gêné par le situation, se décollera de moi en bredouillant.

Il sent le sel, les effluves de nos nombreuses baignades d'hier.  

Remus commence à remuer, je ferme rapidement les yeux. Il ne s'écarte pas et délicatement enroule mes boucles autour de son doigt. Je respire doucement bien que mon coeur s'emballe lorsque ce même doigt caresse ma mâchoire si doucement qu'un instant, j'ai cru que c'était le fruit de mon imagination.  

_ Je sais que tu es réveillé Sirius, chuchote t'il. Tu ronflerais si ce n'était pas le cas.

Je pouffe de rire.

_ Je ne ronfle pas! Je ronronne. 

_ J'aimerais voir ça! Padfoot ronronner comme un gros chat. D'habitude, tu leur cours après!  

Je me redresse sur un coude, les yeux grands ouverts cette fois.  

_ Cela n'est arrivé qu'une seule fois! Et James avait promis de ne rien dire à personne...

Remus se lève en souriant. 

_ On devrait se préparer. Ils vont débarquer d'une minute à l'autre. 

Je remonte la couette en maugréant, j'aurai largement préféré prolonger ce petit moment d'intimité et de tendresse. C'est notre dernière journée ici, demain matin nous partons pour Bordeaux et je retrouverais l'exclusivité sur Moony.

**************************

Cette journée à été harassante. D'une part, parce que nous avons marché littéralement des kilomètres à travers les marais salants, ramenant au passage une quantité impressionnante de sel pour Peter et Euphémia. D'autre part, parce qu'il a fallu supporter toutes ces écurantes tentatives de Marie de se rendre intéressante.

Nicolas a proposé de nous raccompagner à la tente afin de planifier notre visite de l'Académie Beauxbâtons. En effet, il a reçu ce matin un hibou de leur directeur, lui affirmant qu'il sera enchanté d'accueillir deux élèves de Poudlard pour une visite rapide.

_ Envoyez nous un hibou lorsque vous prendrez la direction des Pyrénées et nous vous rejoindrons, propose Laurent.  

Je hoche la tête en lançant un regard à Marie. Elle a passé son bras sous celui de Remus et se plaint du froid. Celui ci enlève son éternel pull et lui enveloppe les épaules. 

_ Garde le pour rentrer, dit il. Tu me le rendras quand nous nous reverrons.

Elle sourit béatement pendant que je me retiens de protester. Moony ne m'appartient pas, il a bien le droit de flirter avec la première gourde venue.

Je me suis couché sans un mot et ai fait semblant de dormir lorsqu'il m'a rejoint. C'est puéril je sais. Je sais aussi qu'un jour, une fille prendra son coeur parce que je l'aurai laissé filer et je n'aurai pas le droit de m'en plaindre. 

19 juillet 1977

Sur la route qui nous mène à notre prochaine étape, j'ai tout le loisir de réfléchir puisque Remus s'est endormi dans la voiture. Je me rend bien compte que de sa part, c'est une grande preuve de confiance.

Nous nous dirigeons vers Bordeaux. Il a proposé de changer l'itinéraire après avoir apprit que mes parents y avait une maison mais j'adore cette ville. Elle est remplie de souvenirs et cette fois, c'est moi qui vais lui faire visiter. De plus, j'ai promis à Fleamont de renflouer sa cave, il a découvert les bons vins grâce à moi. 

De nouveau, dans une ville telle que Bordeaux, nous avons choisi de séjourner à l'hôtel. Moldu cette fois. Je n'ai pas envie de renouveler l'expérience de Paris ici ou la famille Black est connue comme la peste et tout autant redoutée. 

_ A quoi tu penses? demande Remus les yeux clos.        

_ Tu dois arrêter de me faire peur comme ça Remus! Je croyais que tu voulais revoir ta caution mais si tu fais des trucs pareils je ne répond plus de rien.     

Il sourit et regarde ma montre. 

_ Tu aurais dû me réveiller pour que je prenne le relais. Nous sommes pratiquement arrivés. 

_ Pour t'entendre me répéter que je conduis mal? Je préfère quand tu dors!

Il me colle son poing dans l'épaule en levant les yeux au ciel.

L'hôtel est moins prestigieux que celui du Faubourg Mystique mais vraiment plus chaleureux. Sans attendre, j'entraine Remus sur un de mes endroits préférés. 

Mille fois j'ai arpenté les berges de la Garonne avec Reggie. Il n'y a pas de rue sorcière à proprement parler, Mère n'a jamais pu nous interdire de déambuler parmi les moldus.

Je montre à Remus tous les endroits familiers, bien décidé à lui faire partager enfin un peu de ma vie puisque je sais tout de la sienne. 

_ Tu dois absolument goûter ça! Ce mec est le meilleur glacier du monde!  

_ Choisis ton parfum, je te l'offre. C'est bien mérité après avoir si bien conduit ce matin. 

_ Ravi de constater que tu t'aperçois enfin de mes capacités Moony. Je prend fraise, non citron... non myrtille! 

Encore une fois, il sourit de mon indécision et commande les trois parfums. Pour lui, ce sera du chocolat évidemment.

De retour à l'hôtel, Moony se met en tête de refaire un essai pour les échecs maintenant que le loup n'est plus dans les parages. Je dois avoué que je ne suis pas très concentré et pourtant je remporte aisément une partie. Je le regarde étonné pendant qu'il fait une moue gênée et adorable. De son poignet, il enlève un élastique et me le tend.  

_ Tes cheveux m'ont distrait! Mets ça et c'est reparti. Oh et enlève ce sourire stupide de ton visage, c'est simplement qu'ils trainent sur le plateau.  

Je fais un chignon en réfrénant mon sourire.   

_ Evidemment Moony, je n'y vois pas d'autre raison.

Summer 1977Des histoires addictives. Découvrez maintenant