Je sursaute. Les cavaliers viennent de quitter la piste après la remise des prix et j'en profite pour trier mes photos du jours. Je reconnais directement cette voix inquisitrice qui appartient à l'aîné Calabresse. Je souffle et me laisse aller contre le dossier du siège sur lequel je suis assise.
- Je commence à en avoir marre de tes leçons de moral à deux balles Andréa.
Au même moment je reçois un message de Gabriel qui me demande où je suis en précisant qu'il vient d'arriver au box. Je me lève pensant échapper à Andréa mais ce dernier me suit. Je lève les yeux au ciel et tente de le semer en accélérant la marche.
- Andréa c'est bon stop.
Il arrive à se mettre à mon niveau et m'attrape le bras. Je m'arrête de me retourne pour lui faire face. Je fronce les sourcils et lui se retient de rire, surement pour ne pas se moquer de moi.
- Il se passe quelque chose avec Gabi ?
- OK s'en est trop j'me casse.
Je me défais de son emprise et file rejoindre Gabriel. Je l'entends m'appeler alors que je lui montre mon dos. Puis j'entends aussi des pas : il me suit. Je lève les yeux au ciel excédée par son comportement. Je peux comprendre de flipper vu dans l'état dans lequel il m'a récupérée il y a plusieurs années, mais j'ai grandis et mûri depuis. Je suis assez grand pour faire mes propres choix et en assumer les conséquences seule, comme une grande.
Et puis, je déteste sa manière de se faire des films sur la moindre action que je fais. Je détends le cheval de Gabriel et il me sourit ça y est : on veut se mettre ensemble. Justement si c'était le cas, il devriat être content que j'arrive à aller de l'avant. C'est même le cas puisque même si je me suis pas remise avec quelqu'un pour une relation sérieuse, je ne suis pas restée deux ans à rien faire.
Je le sème finalement lorsque j'arrive aux box. Je me retourne et je le vois me lancer un regard noir. Je lui souris en retour et file rejoindre le groupe. J'insiste auprès du châtain pour faire les soins de Hello Boy et il finit par capituler. Je souris victorieuse et le fais à chaque fois qu'il passe devant le box. Au bout de la troisième fois il semble en avoir marre puisqu'il me pousse dans les copeaux. Génial. C'est à son tours de sourire victorieusement et au miens de faire la tronche. Heureusement je n'avais pas encore les mains pleines d'argiles puisque je m'apprêtais à le faire.
- J'ai l'impression que tu nous caches encore des choses.
Je sursaute et relève directement la tête vers la porte du box. Antoine y est appuyé et me regarde faire. Je ne connais que trop bien le regard qu'il me lance; je l'ai vu bien trop souvent depuis que je traine avec eux. Les mêmes sensations que d'habitude reviennent au grand galop : mon ventre se noue et ma gorge se sert. Je n'aime pas cette montée de stress soudaine.
- Qu'est-ce qui te fait dire ça ?
- La réaction et ta façon d'agir avec mon père.
Je me fige un peu plus que je ne l'étais déjà, je ne pensais pas cela possible. C'est fou comment ce mec à un sens de l'observation développé. Il avait déjà cramé plusieurs choses que je voulais caché sans que je fasse de gaffe : juste en observant.
- Effectivement j'avoue. Mais cette fois-ci je n'en parlerai pas désolée.
- Je m'en doute, il rit franchement, je t'ai vite cernée : si tu ne parles pas de quelque chose c'est qu'il ya forcément une raison. Je peux au moins savoir qui cela concerne ?
- Mon ex.
Il hoche la tête. Ce pourrait-il que contrairement à son cousin, il n'ait pas deviné ? Cela me semble étrange vu son sens de l'observation mais bon, tant mieux pour moi.
- Tu rentres directement ou tu pars demain ?
- Je rentre directement. J'ai des projets à préparer pour les semaines qui arrivent. Et puis j'ai tout mon travail de ce week-end à envoyer au plus vite.
- Tu fais attention à toi sur la route.
- Toujours !
Il me laisse finir. Une fois l'argile et les bandes posées, je range rapidement mes affaires et salue tout le monde.
- Tu fais gaffe sur la route, se rassure une nouvelle fois Antoine.
- Mais bien sûr ! Et puis merci pour ce gros week-end de folie les gars.
- Et puis on se revoit vite dans tous les cas, ajoute Gabriel.
- J'espère bien !
Danaë reste une nouvelle fois en retrait mais je ne vais pas la chercher dans son mutisme. J'aurais pu, mais maintenant que je la connais un peu mieux, je sais que ce n'est pas le mieux à faire. Elle reviendra d'elle même après, lorsqu'elle se sentira prête à le faire. En partant je donne une dernière carotte à chouchou et quitte définitivement le concours. Je passe récupérer ma valise à l'hôtel et prends enfi la route du retour.
Lorsque j'arrive chez moi, mon premier reflex est de vider ma valise pour mettre tout mon linge sale à la machine. En défaisant cette dernière, je tombe sur le sweat de Gabriel. Merde, je ne lui ai pas rendu. J'allais pour le mettre à laver mais je trouve ça plus drôle de l'enfiler pour lui envoyer une photo. Dans la minute qui suit, il m'appelle en FaceTime.
- Je te manque déjà ?
- Peut-être, sourit-il, alors comme ça tu me piques mes affaires ?
- J'ai carrément oublié de te le rendre surtout.
- Comme ça tu penseras à moi jusqu'au moment où on se revoit en vrai.
- T'aimerais bien hein, riais-je.
- Démasqué.
Il joue la comédie en grimaçant et je ris. Il sourit à son tours.
- Tu as abandonné les autres du coup ?
- Ouais, j'avais toute ma chambre à ranger.
- Comme un petit enfant.
Il me tire la langue. On discute encore un peu jusqu'à ce que ces amis toquent à sa porte. Il raccroche et je me concentre sur le début du montage que j'ai à faire. Toujours dans son pull, avec son odeur dessus.
grncelagarde
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