Faux espoirs II

91 13 29
                                        

La première scène est assez fondamentale, mais si vous n'êtes pas confortable avec la douleur décrite, ne lisez pas, ce n'est pas grave :) Lisez à partir des prochaines écritures en gras.

Remus se tournait et retournait dans son lit. Les volets étaient fermés et le laissait dans une obscurité qui serait totale si la pleine lune ne s'approchait pas. Remus, à force de ne plus sortir était devenu tellement sensible à la lune qu'il n'avait plus besoin que ses rayons viennent le chatouiller pour sentir ses nerfs s'agiter.

Il voyait dans le noir.

Et il savait que ce n'était pas normal. Il avait prit la potion, mais il ne pouvait pas en prendre une troisième dose s'il ne voulait pas s'empoisonner. Mais il fallait qu'il résiste alors, de ses mains ils serraient fort ses draps alors qu'il convulsait presque dans un délire. Il ne fallait pas, il ne voulait pas-

C'était presque comme s'empêcher de tousser, ses poumons semblaient éclater et il grognait, ce qu'il voulait crier ! Hurler à la lune meurtrière qui avait assassinée sa jeunesse. Son dos se tendait et ses muscles le faisaient mal, il avait l'impression que plus jamais il ne connaîtrait le repos. Et quand l'apogée de sa douleur intervint, il sentit ses griffes surgir de sa peau répandent le sang humide sur ses mains perlées de sueur.

Il respirait rapidement, trop rapidement. Il fallait qu'il se calme. Et pourtant, dès qu'il fermait les yeux il voyait Sirius. Jeune, beau, mesquin avec son sourire en coin. Il se voyait l'embrasser.

Remus ouvrait les yeux, une vague de colère le gagna à nouveau. Il avait cru pendant une bonne dizaine d'année que son meilleur ami, son compagnon avait tué Lily et James, alors que ça n'avait été que Peter. Peter depuis le début. Il se revoyait l'embrasser sous les arbres d'automnes, leur buée fusionnée pour se dégager dans l'air.

Et tout d'un coup, ce fut tout. Il était calme, le souffle court dans son bain de sueur et de sang. Le plus étrange était que ces images, d'embrasser Sirius ne lui procuraient plus rien, plus de joie, d'excitation ou de réconfort. Peut-être juste un peu de nostalgie. Mais rien ne fait plus mal que de se rendre compte que les papillons étaient partis.

Alors Remus pleura.



La scène est finie, vous pouvez commencez-là pour ceux qui ne voulait sauter le premier paragraphe.

Remus se redressa un peu et sentit le froid du dehors sur sa poitrine nue. Le soleil entrait par la fenêtre dans sa chambre. Il était un peu sonné, et ne comprit pas tout de suite pourquoi sa chambre semblait différente. Le soleil atteignait le tapis vert/gris délavé, ses mains étaient bandées soigneusement, mais pas comme ses bandages maladroits. C'était triste en y pensant, mais Remus avait toujours eu quelqu'un auparavant pour lui bander ses blessures, alors il ne l'avait jamais vraiment apprit. Et son torse n'était pas sale de sueur, il vit à ses côtés une cuve d'eau immobile avec une serviette humide trempant à moitié dans le liquide transparent.

Remus toussa d'une toux grasse et trouva son torse strié de cicatrice assez doux. Il vit sur sa table de nuit un flacon d'une pommade jaunâtre avec une étiquette disant "applique-là sur tes plaies gros bêta". Remus sourit et se tourna enfin vers la chaise à ses côté. Il vit, très délicatement comme une plume mystérieusement tombé du ciel un cheveux violet brillant, témoignant le passage de cette chère Tonks.



Comme tous les matins, Remus se leva. Mais ce qui avait de différents était qu'il avait un but. Il ne se levait plus dans l'espoir de se rendormir, car il savait qu'il avait épuisé tous ses souvenirs.

Dans la glace, il crut avoir rajeunit. Ses cheveux était châtains clairs et on aurait presque dit une couleur naturelle si ce n'était pas juste le blanchissement de l'âge. Il enfila une chemise et ferma les boutons un à un sans perdre patience. Il sépara sa touffe sauvage de cheveux en deux, se rasa de près et enfila un pantalon.  Ça devait faire des mois qu'il en avait pas porté car dès qu'il le mit, il glissa jusqu'à ses genoux. Remus remarqua alors sa pâleur cadavérique, et entreprit de chercher une ceinture pour fixer cet habit autour de sa taille squelettique.

Il fit un pas dehors et sentit l'odeur douce-sucrée des arbres fruitier. Il plissa les yeux à cause de la lumière et vit ses voisins le regarder bizarrement. C'était sans doute la première fois qu'il le voyait, et la dernière. Il reprit sa valise en main et sourit. La seconde d'après il avait disparu et le voisin en perdit son balais. Quand il s'y rendit, la maison était à vendre et vide, comme si les 6 mois précédent n'avait été qu'un rêve. D'ailleurs, que racontait-il ? Personne n'avait jamais habité ici. Et il repartit rejoindre son jardin oubliant cet étrange impression dans un coin de sa tête.

*

Remus arriva devant le manoir de Sirius, qui en avait fait le QG de la résistance. Il ne s'était pas imaginé se sentir si émotif, la dernière fois qu'il s'y était rendu, Lily était encore enceinte et James était excité à l'idée de devenir père (voir un OS antérieur).

L'homme s'approcha et respira trois fois avant de prendre le loquet et de toquer trois fois. Il vit l'œil de Judas se soulever et quelques moments après la porte s'ouvrit. Remus fut perturbé de ne pas voir son interlocuteur et ce n'est que quand il baissa la tête qu'il comprit enfin pourquoi : c'était un elfe de maison qui l'avait ouvert.

- Bonjour Kreatur.

A son habitude, la créature fit des bruits de protestations qui ressemblait à des sifflements. Il était toujours aussi vieux, et toujours aussi de mauvaise humeur. Mais Remus lui sourit et ferma la porte après lui.

Lorsqu'il remonta les escaliers, c'était comme s'il n'avait jamais quitté cette maison. Le tapis recouvrant le couloir bleu foncé, l'éternel couche de poussière au-dessus des livres... Et enfin, la salle à la grande table de bois vernis. La porte était entrouverte et il entendit Nymphadore Tonks parlé vivement à son habitude. Il reconnu, peut-être Molly et Arthur Weasley, et lorsqu'il osa y jeté un coup d'oeil, un bruit de chaise raisonna dans toute la pièce : Sirius Black s'était levé.

- Moony... ce fut un murmure, puis l'homme regarda tout autour de lui, comme s'il s'assurait qu'il n'était pas fou ni le seul à le voir, et rit d'un rire un peu flippant, il fallait l'admettre. Moony ! Personne ne l'avait appelé comme cela, depuis...depuis James et Lily.

Sirius amena ses mains à son visage. Cela faisait au moins 3 ans qu'ils ne s'étaient pas parlé depuis son évasion. L'homme ouvrit grand ses bras et les yeux de Remus scrutèrent les autres.

- Tu es venus... souffla Tonks, et Remus sentit que son sourire discret valait à présent plus à ses yeux que celui de Sirius.

- On ferait mieux de s'éclipser proposa Molly Weasley, qui ne voulait pas avoir à faire à un moment gênant entre les deux hommes. Sirius était un valeureux homme, mais il avait arrêté de grandir lors que son arrestation à Azkaban, et il y avait certain signe qu'il ne comprendrait jamais, il ne pourrait jamais reprendre là où il s'était arrêté...

- Ça va aller ? lui demanda Tonks, ses cheveux violet virant vers un bleu dégradé.

- Oui... soupira Remus. Il devait faire cette rupture qui aurait dû se produire tant d'années auparavant.

- Si t'as besoin de quoi que ce soit, tu cri.

Remus se retint de pouffer de rire comme un adolescent, et ils furent bientôt seul dans la grande salle, comme deux astres virés hors de leur axe.

- Viens par-là. Sirius rouvrit ses bras et Remus se sentit un peu obligé de s'exécuter. Sirius se mit à la pointe des pieds pour avoir sa tête au dessus de celle de Remus et sentir ses cheveux, une vieille habitude, tirant du chien sûrement.

- Désolé, continua-t-il alors qu'ils se séparèrent. Remus sonda ses yeux, ce qu'ils avaient changés, ils semblaient brisés, fêlés, comme un verre avec une rayure. Et dedans, il ne trouvait plus que l'amour d'un frère, plus celui d'un amant.

Remus pleura, toute sa tristesse sortie enfin, toutes ces années passées à haïr son meilleur ami, à s'en vouloir pour ne pas avoir été là, à s'être détesté pour tous ce qui s'était passé. Sirius l'attira et il pleura sur son épaule. Lui, n'arrivait plus à pleurer, il avait passé trop de temps à souffrir à Azkaban, il ne voulait pas recommencer.

- Je sais, dit-il, je sais...














Est-ce que vous voulez une partie III ?

OS d'un MaraudeurDes histoires addictives. Découvrez maintenant